Réalisé par Thomas Gandois et Alexandre Spalaïkovitchk, ce documentaire d’une heure 30 n’est pas le premier sur le scandale de l’amiante. Il a cependant  le grand intérât de présenter une vision planétaire et récente de cette gigantesque catastrophe sanitaire qui cause, aujourd’hui encore,  plus de 100 000 morts par ans selon l’OMS et sans doute bien davantage.

En Russie, dans la ville d’Asbest, la plus grande mine d’amiante du monde emploie 8 500 personnes. Elle exporte chaque année 600 000 tonnes de fibres cancérogènes. Le déni du danger y est la règle.

Si on interdit l’amiante, une grande partie de la ville perdra son gagne-pain, comme au Québec quand les mines d’amiante ont fermé.

A Chittagong, au Bengladesh, des navires truffés d’amiante, venus du monde entier, s’échouent sur des plages, où ils attendent d’être désossés par des ouvriers non protégés.

Ici, 140 chantiers de démantèlemement emploient près de 50 000 travailleurs. Un sur trois est malade de l’amiante. L’un d’eux, à bout de souffle, les poumons ravagés par l’amiante, témoigne :  « Je suis à la dernière étape de ma vie. C’est fini pour moi. A l’époque, personne ne nous a dit ce qu’était l’amiante. On prenait l’amiante pour nettoyer le pétrole sur nos mains. On n’avait aucune information.»

A Chittagong, des artisans vendent des « fours à bois » bricolés dans des plaques d’amiante récupérées sur des navires.


Article paru dans le Bulletin de l’Andeva n°69 (octobre 2022)