Jean-Louis, Linda, Michelle et Didier ont choisi de mettre leurs connaissances, leur expérience et leur énergie au service des autres. Quand on leur a proposé d’être correspondants de l’Andeva dans leur région, ils ont répondu : présent !

JEAN-LOUIS

Jean-Louis GROLLIER est retraité EDF. Il était thermicien au centre de production thermique de Vairessur-Marne.

« L’amiante ? On en rencontrait un peu partout à la maintenance mécanique : dans les joints, les calorifugeages... »

En 2000, Dominique, un collègue et ami technicien, a été atteint d’un mésothéliome. Il est mort en trois mois. Il avait 46 ans. ça a été un choc effroyable. Sa veuve a engagé une action en faute inexcusable de l’employeur avec le cabinet Ledoux. J’avais été secrétaire de CHSCT. Je l’ai aidée à réunir des témoignages.

A la cour d’appel, la salle d’audience était bien pleine. Des agents étaient venus de Montereau, de Vaires, de Vitry pour apporter leur solidarité. Nous avons finalement réussi à faire condamner EDF.

C’est à cette époque que j’ai connu l’Andeva. »

L’activité du site s’est arrêtée en 2005. Il a fallu alors se battre pour obtenir que les salariés exposés à l’amiante et aux produits cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) reçoivent une attestation d’exposition.

« La direction d’EDF rechignait à les délivrer. Certaines attestations étaient erronées. En 2007, nous avons décidé de porter l’affaire devant la justice, en engageant une action en référé devant le conseil des prud’hommes de Meaux. L’affaire est allée en appel l’année suivante... »

La défense des victimes et des personnes exposées s’est élargie depuis.

« J’assure aujourd’hui le suivi des dossiers de personnes habitant non seulement en Seine-et-Marne mais aussi sur l’Ile-de-France et en province. »

Quand l’Andeva a proposé à Jean-Louis de devenir correspondant EDF de l’Andeva pour la Seineet- Marne, il n’a pas hésité longtemps.

« Je travaillerai en liaison avec le siège de l’association nationale à Vincennes ».

Pour le joindre :
mailto:jean-louis.grollier@
wanadoo.fr

06 30 41 23 84

 

LINDA

Linda LOMPRET a perdu son mari : « Marc avait 44 ans quand on lui a diagnostiqué un mésothéliome. Il avait effectué une biopsie. L’hôpital avait fixé un rendez-vous fin juillet, trois jours avant mon anniversaire. Notre fille avait trois ans. J’étais enceinte de six mois et demi... Ils n’ont pas voulu que j’assiste à l’entretien. J’ai attendu une heure. Quand Marc est ressorti, il m’a dit : « Sois très courageuse. J’ai un cancer de l’amiante. »

C’était un gars du Nord. Son père travaillait chez Eternit Prouvy. Leur maison était à 50 mètres de l’usine qui polluait le voisinage. Sa mère tenait un troquet où les ouvriers venaient boire un coup ou prendre un café, avec leurs bleus de travail pleins de poussières d’amiante. Elle lavait les bleus de son mari.

Marc a été tué par l’amiante d’une usine où il n’avait jamais mis les pieds. Il est mort à 48 ans, parce que des patrons ont sacrifié des vies pour « faire du pognon ». C’est inhumain.

Après l’annonce du diagnostic, nous étions assommés. Les médecins de l’hôpital nous ont laissés rentrer à la maison avec 5 ordonnances à la main, sans nous en dire plus...

Le médecin conseil de la CPAM a vu Marc lors d’un contrôle médical. Il était encore bien et affrontait sa maladie sans se plaindre. Mais le médecin l’a averti : « Attendez ! Vous allez voir ce qui vous attend !... » On ne pouvait pas faire mieux pour lui casser le moral. Après l’annonce du diagnostic, nous avons été « déconnectés ». Nous ne pouvions pas rentrer dans la chambre des enfants sans pleurer. Et puis il a fallu faire face, s’interdire de craquer, se relever...

Après le décès, j’ai dû faire face aux réactions de nos filles qui, chacune à leur manière, ont été marquées par cette épreuve.

Que ressent un enfant qui n’a connu son père que malade ? Comment peut-il faire son deuil avec ce sentiment d’injustice et cette colère qui l’envahissent ? Comment une mère peut-elle les aider ? Le Fiva nous a indemnisées, mais tout l’argent du monde ne pourrait réparer les bouleversements que cause un décès dans une famille... Et pourtant il faut trouver le courage de se relever, de continuer à vivre...

Quand j’ai engagé des démarches au Fiva, j’ai rencontré des difficultés administratives : je me suis heurtée à l’indifférence ironique de certains interlocuteurs au téléphone, j’ai écrit à l’ancienne directrice des lettres qui restaient sans réponse, j’ai alerté des députés et la ministre pour débloquer la situation.... Je me suis d’abord battue seule. L’injustice m’est totalement insupportable. Je ne l’accepte pas.

Et puis j’ai appris qu’il y avait une association à Thiant et j’ai rencontré l’Andeva. Au siège de l’Andeva, à Vincennes, Christine Preschner m’a aidée dans mes démarches. Avec Hélène Boulot, j’ai pu partager mon ressenti, sentir que j’étais comprise. Cela m’a mis du baume au coeur. Et cela m’a donné l’envie d’aider à mon tour d’autres personnes en difficulté : d’utiliser mon savoir, mon expérience, mon vécu pour les tirer vers le haut, leur donner de la force pour affronter des difficultés. Je suis secrétaire médicale, remplir des papiers, faire un dossier n’est pas un problème pour moi. Je sais que pour d’autres c’est difficile et j’ai envie de les aider.

Je suis correspondante de l’Andeva pour la Haute Garonne (31), le Gers (32), le Tarn-et-Garonne (82) et le Lot-et-Garonne (47), mon département d’origine.

J’ai diffusé l’information dans le bulletin municipal, à l’hôpital de Toulouse et le Conseil général. Je cherche un contact avec d’autres bonnes volonté de ma région.

Pour la joindre :
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05 34 59 19 14

 

DIDIER

Didier CHEROT a travaillé aux Fonderies de Mayenne, près de Laval.

« En 2010, lors d’une visite de reprise, explique-t-il. Ma toux persistante a inquiété le médecin du travail, qui ne m’a pas autorisé à reprendre à plein temps et m’a prescrit des examens. On m’a diagnostiqué des plaques pleurales puis une asbestose. J’ai fait des recherches sur Internet, et j’ai contacté l’Andeva. Avec son aide, j’ai pu faire reconnaître ces deux maladies professionnelles. Il m’a fallu 3 ans, car l’employeur avait contesté la seconde maladie.

J’ai vu que de nombreux collègues étaient malades, eux aussi, et qu’ils avaient des difficultés pour faire reconnaître leur maladie. J’ai décidé de les aider, en lien avec l’Andeva.

Cette aide est importante. Quand un dossier est mal rempli, il faut parfois tout recommencer à zéro. Une vingtaine de dossiers ont déjà abouti. Je les aide aussi à monter des dossiers pour la cessation anticipée d’activité amiante. »

Aujourd’hui Didier est sollicité sur des dossiers hors de son ancienne entreprise. Ainsi l’épouse d’un ex-collègue a été exposée à la SEB (ex‑Moulinex) ; elle a des plaques pleurales. C’est donc tout naturellement qu’il a décidé « d’officialiser » sa situation : « Hélène Boulot m’aproposé de devenir correspondant de l’Andeva pour la Mayenne (53). J’ai accepté. Je l’ai rencontréà Vincennes avec toute l’équipe et le docteur Lucien Privet. Je continuerai à gérer les dossiers de chez moi, en lien avec Carine Toutain pour les maladies professionnelles et Christine Preschner pour le Fiva. L’Andeva devrait me fournir un ordinateur portable d’ici la fin de l’année. »

Pour le joindre :
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06 30 32 80 33

 

MICHELLE

Michelle PONTUS a été pendant 13 ans bénévole d’une association de Lunéville qui s’est éloignée de l’Andeva. Elle a fait le choix de rester adhérente de l’association nationale à laquelle elle est très attachée et de devenir correspondante de l’Andeva pour la Meurthe-et-Moselle.

« J’ai toujours aimé me rendre utile aux autres, être à l’écoute. C’est un besoin chez moi. J’avais travaillé chez Trailor. J’ai accepté de m’occuper des dossiers des victimes et de leurs familles.

Gérer un dossier, c’est d’abord suivre des personnes, les écouter, les aider, leur expliquer la situation  à chaque étape. Cela peut durer deux ou trois ans. Chemin faisant, on fait connaissance. On passe du vouvoiement au tutoiement. On se fait la bise. On finit par devenir des amis.

Quand une victime ou une veuve est indemnisée, elle nous dit souvent : « sans vous je n’y serais jamais arrivée. Vous avez toujours été là. Vous êtes tenace. Si j’étais restée seule, j’aurais abandonné. »

Les dossiers sont complexes. Au départ je n’avais pas de connaissances médicales. J’ai suivi des formations de l’Andeva sur les maladies professionnelles, le Fiva, le contentieux, les cancers liés à l’amiante... Quand je rencontre un problème, je sais que je peux trouver une aide au siège à Vincennes. L’Andeva fait un travail énorme. Je ne pourrais pas faire ce que je fais sans son soutien.

Aujourd’hui je continue à gérer des dossiers avec toute l’expérience que j’ai acquise. Je me suis constitué une collection d’outils de travail : les supports de formation de l’Andeva, les circulaires de Carine Toutain, la juriste de Vincennes. Ils sont classés. Je les consulte quand j’en ai besoin.

Je reçois des gens chez moi. On se prend un petit café et je les aide dans leurs démarches. Il y a parfois des moments très durs, quand on apprend un décès ou quand une épouse apporte un certificat médical sur lequel on lit : « mésothéliome » . Je participe au groupe de travail « maladies professionnelles » de l’Andeva, avec des bénévoles de diverses régions et Carine.

Nous échangeons beaucoup d’informations. Nous réfléchissons ensemble sur des dossiers difficiles.

Pour la joindre :
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06 16 65 05 91