Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » L’ANDEVA » Le Bulletin de l’Andeva » Numéro 53 (janvier 2017)

Amiante, Pesticides, Mediator
Deux beaux films rendent hommage au courage des «  lanceurs d’alertes  »

27 janvier 2017

Un film de Pierre Pézerat

Ce documentaire donne la parole à trois lanceurs d’alerte : Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès ont travaillé dans des nuages de poussières d’amiante l’une chez Amisol à Clermont-Ferrand, l’autre dans l’usine Eternit de Terssac. Paul François était agriculteur. Il a travaillé au contact des pesticides qui ont gravement altéré sa santé.

Tous évoquent avec émotion l’aide que leur a apportée Henri Pézerat, père du réalisateur - toxicologue et animateur des premières luttes à Jussieu - dans le difficile cheminement de leur prise de conscience du danger et de l’ampleur des dégats humains et environnementaux.

Tous montrent aussi l’importance de ces longs combats judiciaires, où le pot de terre peut parfois gagner contre le pot de fer.

La camera de Pierre Pezerat capte sur le vif des moments très forts. Elle filme Paul François, submergé par l’émotion, qui met sa tête dans ses mains lorsqu’il apprend par François Lafforgue qu’il a gagné son procès contre le géant Monsanto.

Elle nous fait assister à la rencontre du paysan d’un petit village de Charente qui a créé l’association Phyto-Victimes et de l’ouvrier d’Eternit dans le Tarn qui évoquent leurs parcours si différents et pourtant si proches en présence d’Annie Thébaud-Mony.

Elle recueille en plein écran le témoignage de Josette Roudaire qui explique pourquoi les ouvrières d’Amisol se battent depuis si longtemps pour que le dernier patron de l’usine rende des compte à la Justice.

Ce documentaire a été diffusé jusqu’à présent en dehors du circuit commercial. En novembre dernier, une projection a été organisée par l’association «  Vivre Mieux Ensemble à Aulnay-sous-Bois  ». Une usine de broyage d’amiante y a causé 170 victimes.

http://les-sentinelles.jimdo.com/

http://www.phyto-victimes.fr/

Le film a trouvé un distributeur. Il sortira au second semestre 2017.

Un film d’Emmanuelle Bercot

Il raconte le combat d’une pneumologue, Irène Frachon, contre les ravages du Mediator, médicament responsable de valvulopathies cardiaques pouvant être mortelles, commercialisé en connaissance de cause par le laboratoire Servier.

Joué par des acteurs (dont la remarquable Sidse Babett Knudsen), ce n’est pourtant pas une fiction. Il suit fidèlement le livre d’Irène Frachon : «  Mediator 150 mg  : combien de morts ? », (editions-dialogues.fr) dont le sous-titre avait été censuré, après une plainte du laboratoire Servier

Tout y est : l’omniprésence des labos dans le monde médical, le dysfonctionnement de la pharmacovigilance, les pres­sions professionnelles et personnelles sur les lanceurs d’alertes, l’importance des batailles judiciaires et des medias pour débloquer une situation qui semble sans issue.

(voir la longue et passionnante interview d’Irène Frachon parue dans Sud Ouest du 23 novembre 2016)


Depakine, Distilbène
Des victimes témoignent

En novembre dernier, après un téléfilm, deux femmes ont témoigné sur l’A2. L’une a donné naissance à une fille handicapée, parce qu’elle avait pris de la Dépakine, un anti-épileptique de Sanofi, durant sa grossesse. L’autre a vu mourir deux de ses enfants parce que sa mère avait pris du Distilbène, dont les effets tératogènes se transmettent sur trois générations.

Des témoignages très forts, à l’opposé de la langue de bois et de l’autojustification d’un représentant de l’industrie du médicament et d’un responsable de la pharmacovigilance.

http://www.apesac.org/

http://www.des-france.org/accueil/index.php


Indemniser toutes les victimes

Le 29 août dernier, plusieurs associations de victimes ont salué l’annonce par le gouvernement sur l’indemnisation de victimes de la Depakine, tout en l’appelant à ne plus réagir à chaque drame sanitaire par un dispositif ad hoc.
Elles demandent la création d’un « véritable fonds ouvert à toutes les victimes d’effets indésirables graves de médicaments » financé par une taxe sur les médicaments.

lire le communiqué sur :
http://www.leciss.org/


Article tiré du Bulletin de l’Andeva N°53 (janvier 2017)