Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » Actualité » 2008 » Février

Vienne : Conférence internationale sur l’amiante

9 février 2008

Près de 80 syndicalistes des industries du bâtiment et du bois de 36 pays se réunissent à Vienne pour discuter de la façon d’imposer une interdiction mondiale de l’amiante sous toutes ses formes.

Dans son discours d’ouverture, Klaus Wiesehügel, président de l’Internationale des ouvriers du bâtiment et du bois (BHI), réclame que l’amiante soit "mis à l’ordre du jour de tous les gouvernements, car les conséquences des expositions à l’amiante sont encore plus graves qu’on ne ne le pensait il y a encore quelques années".

Il dénonce l’action de lobbying agressive menée par l’industrie de l’amiante, qui se concentre sur les pays en voie de développement en Afrique et en Asie, alors que l’amiante est déjà interdit dans une quarantaine de pays. Son objectif est d’augmenter l’importation d’amiante en Afrique et en Asie.

L’Internationale des ouvriers du bâtiment et du bois (BHI) considère comme une véritable provocation que l’organisation parallèle, au même moment et au même endroit, d’une réunion des défenseurs de l’amiante chrysotile. "Ces gens-là veulent la confrontation, a-t-il expliqué, mais nous ne tomberons pas dans la provocation."

Pour Hohann Holper, président du syndicat de la construction et du bois (GBH), "leur réaction montre bien que la campagne pour une interdiction mondiale de l’amiante menée par par l’Internationale des ouvriers du bâtiment et du bois leur fait peur. Nous continuerons à agir jusqu’à ce que nous obtenions une interdiction mondiale de l’amiante".

L’industrie de l’amiante veut nous faire croire que l’amiante Chrysotile est sans danger et qu’il peut être manipulé en toute sécurité. Igor Fedotov de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève, a souligné que tous les scientifiques sérieux s’opposent à cette opinion et considèrent que "la meilleure prévention, c’est l’interdiction mondiale".

Les chiffres font frémir : près de 100.000 décès par an dans le monde résultent d’une exposition à l’amiante. Pour Fiona Murie, directrice du programme santé et sécurité "les chiffres réels sont certainement plus élevés : beaucoup de victimes ne savent pas qu’elles ont été exposées à l’amiante ; leur maladie apparait souvent plusieurs décennies après, et elles ne font pas de relation entre l’exposition et cette pathologie. En outre, il n’y a dans beaucoup de pays aucun système d’enregistrement et aucune donnée statistique fiable pour ces pathologies."

La conférence doit se poursuivre avec des interventions d’ouvriers du monde entier.