Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » L’ANDEVA » Le Bulletin de l’Andeva » Numéro 13 (juin 2004)

VIE DU RESEAU (1)

28 juin 2007

DORDOGNE (24)
Bienvenue à nos amis du Cérader

Rencontre avec une jeune association de l’Andeva qui a déjà soufflé sa première bougie.

Une délégation du Cérader - Collectif élimination rapide de l’amiante, défense des exposés aux risques - est venue à l’Andeva à Vincennes le 11 mai dernier pour présenter ses activités.
Cette nouvelle association créée en Dordogne, adhérente à l’Andeva, est présidée par René Vincent.
« Tout est parti du décès de mon beau-père, M. Poumeyrol, des suites d’une maladie de l’amiante en 1998 », explique-t-il. « Il travaillait à l’usine de papeterie Bernard-Dumas à Creysse (24) et avait une activité de syndicaliste. A l’époque, il n’existait pas d’association dans notre département. Suite à une réunion organisée par la CGT, notre première idée a été de créer une association pour aider les victimes, obtenir l’élimination rapide de l’amiante et promouvoir des produits de substitution non dangereux. »
Le Cérader a été créé en mars 2003. De 57 cotisations en 2003, il est passé à 110 cotisations en 2004.

« A même les sacs d’amiante… »

« Dès que nous avons connu l’existence de l’Andeva, nous y avons adhéré », poursuit René Vincent. « Mon frère et mon oncle sont également contaminés », ajoute Christiane Vincent dont la mère, Mme Poumeyrol, est devenue présidente d’honneur du Cérader. « Mon mari, explique cette dernière, participait à la fabrication de papier filtre pour l’industrie aérospatiale. Il n’y avait aucune ventilation. Les ouvriers mangeaient assis sur les sacs d’amiante ! Il a fallu nous battre pour trouver soutiens et témoignages ! »
Le Cérader gère déjà une quarantaine de dossiers dont huit en faute inexcusable.
M. Thuilliez, qui accompagne la délégation raconte qu’il a passé un bilan médical après sa retraite de chauffagiste : « J’ai des plaques pleurales et j’ai été reconnu en maladie professionnelle avec un taux d’incapacité de 5%, témoigne-t-il. Mais mon ancien employeur refuse de me délivrer un certificat d’exposition ! »
Daniel Delpech, lui , souffre d’un cancer broncho-pulmonaire mais il n’est reconnu qu’à hauteur de 15 %, dénonce-t-il.
Jean-Jacques Lagarde est venu au nom de son frère, transporteur, décédé. La holding dans laquelle il a été employé, la Samat, est poursuivie pour faute inexcusable et l’audience au tribunal devrait avoir lieu à la fin de l’année.

Suivi médical post-professionnel

Depuis sa création, le Cérader a pris contact avec l’inspection du travail, la caisse primaire d’assurance maladie et la presse au niveau local. « Nous avons également réussi à rencontrer l’ordre des médecins ».
L’association suit de près également la mise en place du suivi post- professionnel. L’Aquitaine fait, en effet, partie des quatre régions pilotes qui doivent organiser ce programme.
René Vincent souhaite aussi aider à la création d’associations dans le Lot (46), les Landes (40) et le Lot-et-Garonne (47).


Article paru dans le Bulletin de l’Andeva N°13 (juin 2004)