Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Une journée bien remplie

27 janvier 2017

Réunies au Palais du Luxembourg le 9 janvier, l’Andeva et ses associations locales ont débattu avec des invités sur 4 thèmes  : Mesoclin et la recherche sur le mésothéliome, le bilan des 20 dernières années, la prévention, le suivi médical. 130 personnes de 22 associations ont pu assister à cette journée.

20 ans après la création de l’Andeva, 20 ans après l’interdiction...

François Desriaux présente la journée. Jacques Faugeron, président de l’Andeva, remercie les participants et tire le bilan des conquêtes de l’Andeva depuis 20 ans (fautes inexcusables, Fiva, Acaata) mais aussi des problèmes actuels (baisse des indemnisation, obstacles au procès pénal). Mesoclin

Le Pr Arnaud Scheerpereel, chef du service de pneumologie et d’oncologie thoracique de l’hôpital de Lille, présente Mesoclin (réseau de centres experts sur le mésothéliome), ses avancées (aide au diagnostic, recherche clinique), mais aussi ses retards et ses difficultés.

La recherche avance : la biologie moléculaire permet de mieux comprendre les mécanismes fondamentaux du mésothéliome (rôle du gêne BAP 1). Des patients ont une chirurgie associée à une photothérapie. La chimiothérapie classique (Alimta-Cisplatine) associée à l’Avastin allonge la survie sans dégrader la qualité de vie. L’immunothérapie donne des résultats encourageants (essai Maps 2).

Alain Bobbio réaffirme le soutien de l’Andeva à Mesoclin.

Des associations ont cherché sans succès le contact avec le centre expert de leur région. Les adresses des centres seront envoyées aux associations par les coordonnateurs de Mesoclin qui appuieront les demandes de rencontre. L’Andeva est prête à se mobiliser pour assurer la pérennité du financement. de Mesoclin.

Amiante : les leçons

Le sociologue Emmanuel Henri, auteur du livre Amiante, un scandale improbable tire des leçons de l’affaire de l’amiante. Il montre l’importance de la mobilisation des victimes et des actions judiciaires dans l’émergence du problème de l’amiante et les avancées de la législation. Pour lui, l’affaire de l’amiante est l’illustration d’une gestion des risques professionnels marquée par l’inertie et l’immobilisme de l’Etat.

Il dénonce la «  fabrique du mensonge  » par les industriels pour obtenir notamment une réglementation minimaliste sur les perturbateurs endocriniens.

Aline Archimbaud, présidente du comité de suivi « amiante » du sénat, regrette que les propositions de ce comité sur la prévention n’aient pas été prises en compte. Elle dit sa colère de voir des amendements rejetés sous prétexte qu’ils occasionnent des dépenses non budgétisées.

Des associations évoquent un durcissement des tribunaux et un traitement calamiteux des dossiers relevant du ministère de la Défense.

Prévention

Claude Got rappelle qu’il propose depuis 1998 le libre accès aux dossiers techniques amiante sur Internet notamment pour les occupants des bâtiments et les intervenants. Il dénonce l’effacement du rôle du Parlement en matière de Santé publique.

Geneviève Savy, de la commission prévention de l’Andeva, évoque trois formations prévention organisées par l’Aldeva Drome-Ardèche. Didier Faure de l’Addeva 93 souligne l’importance de la formation des désamianteurs et des diagnostiqueurs.

Plusieurs associations évoquent des situations locales à hauts risques.

Suivi médical

Le professeur Christophe Paris, directeur de recherche à l’Inserm et ex-président de la commission d’audition de la HAS sur le suivi médical post-professionnel amiante, tire le bilan des données de la cohorte ARDCo (16 000 scanners de 2003 à 2015)   : 400 cancers bronchopulmonaires et 72 mésothéliomes ont été repérés. Chez les porteurs de plaques pleurales le risque d’avoir un mésothéliome est multiplié par 7 et celui d’avoir un cancer du poumon est multiplié par 2.

L’étude américaine NLSC (gros fumeurs suivis par un scanner annuel) a révélé une diminution de la mortalité spécifique d’environ 20 %.

En France des recommandations sur les cancérogènes professionnels (HAS - INCa) préconisent une expérimentation analogue chez des personnes à haut risque (tabac + cancérogènes professionnels).

La mesure volumétrique du grossissement des nodules,a fait changer le protocole utilisé pour les suivre.

Serge Moulinneuf, Bernard Grand, Alain Bobbio et Christiane de Felice font part des expériences de l’Adeva Centre, du Caper des Combrailles, de l’Addeva 93 et de l’Adevimap.


Article tiré du Bulletin de l’Andeva N°53 (janvier 2017)