Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » L’ANDEVA » Le Bulletin de l’Andeva » Numéro 58 (septembre 2018)

Un mauvais coup de Renault contre la famille d’une victime

17 septembre 2018

Eric est mort d’un cancer de l’amiante. Au lieu d’admettre sa responsabilité, la Régie s’acharne sur sa famille.

André Lancteau est membre du collectif « amiante » de Renault et de l’Addeva 93. Il n’accepte pas.

« Nous ne pouvons pas laisser passer
une telle injustice »

Peux-tu rappeler les faits ?

Notre collègue Eric était électromécanicien de maintenance. Il est décédé le 3 août 2010 d’un cancer bronchopulmonaire lié à son exposition à l’amiante chez Renault. La CPAM a reconnu la maladie professionnelle et le décès. Elle a attribué une rente de conjoint survivant à son épouse.

Avec ses enfants, la veuve a saisi le tribunal des affaires de la Sécurité sociale. Le 23 juillet 2014, le Tass a reconnu la faute inexcusable de Renault. Il a majoré la rente de conjoint survivant et indemnisé les préjudices, en ordonnant l’exécution provisoire.

La direction a fait appel.

Oui, elle était manifestement Incapable de convaincre les magistrats qu’elle avait informé et protégé ses salariés. Elle a préféré fuir ses responsabilités en contestant carrément l’origine professionnelle de ce cancer reconnu depuis sept ans par la Sécurité sociale.

Malheureusement la Cour d’appel de Versailles lui a donné raison, jugeant que le lien entre exposition professionnelle et maladie n’était pas établi.

Dans ses activités de travail, l’exposition à l’amiante était pourtant flagrante.

Ce refus, sept ans après la prise en charge par la CPAM, est incompréhensible.

Quelles sont les conséquences pour la famille ?

L’arrêt annule la majoration de rente. Après les souffrances de la maladie et du deuil, c’est une nouvelle épreuve morale et financière que Renault impose à cette famille.

Qu’avez-vous décidé de faire ?

Avec le soutien de l’Addeva 93, il y a une chance sérieuse de faire casser cet arrêt par la Cour de cassation. Un pourvoi coûte 3 500 euros. J’ai informé les camarades de Renault et lancé un appel à la solidarité financière.La réponse a été unanime : « Nous ne pouvons pas laisser passer une telle injustice ».

Des collectes ont eu lieu sur les sites de Lardy et de Guyancourt, avec le soutien des organisations syndicales Sud et CGT des deux sites. A Lardy, un tract a été distribué appelant publiquement au soutien.

A ce jour, nous avons presque réuni la somme nécessaire.


Article tiré du Bulletin de l’Andeva No 58 (septembre 2018)