Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Turin - 6 avril : premier grand procès pénal des victimes de l’amiante en Europe

3 avril 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

Vincennes le 3 avril 2009

Lundi 6 avril s’ouvrira à Turin, un procès historique.

Au banc des accusés : MM Schmidheiny et De Marchienne, deux hauts dirigeants de la multinationale Eternit.

Les plaignants : 2900 victimes professionnelles et environnementales de l’amiante, contaminées par quatre
usines d’Eternit italiennes (Casale Monferrato, Cavagnolo, Bagnoli et Rubiera).

Les employeurs sont poursuivis pour n’avoir ni protégé ni informé les salariés, pour n’avoir pas pris en charge
le lavage des vêtements de travail couverts de poudre d’amiante, qui étaient lavés à domicile. Ils sont aussi
accusés d’avoir livré des matériaux contenant de l’amiante à des particuliers ou des organismes privés sans les
informer du danger. Circonstance aggravante : ces faits se sont produits « sur une grande échelle et pendant plusieurs décennies ».

Il faut rendre hommage à l’exceptionnelle ténacité du magistrat chargé de l’instruction.

Si ce procès a lieu aujourd’hui, c’est d’abord grâce au formidable travail de l’association et du syndicat de
Casale Monferrato qui ont réuni d’innombrables documents et témoignages. Le dossier est accablant. Leur
mobilisation a su lever tous les obstacles, avec le soutien des institutions régionales, qui se sont portées partie
civile.

Un grand rassemblement est prévu le 6 avril, jour de l’ouverture procès, à 10 heures devant le Palais
de Justice de Turin.

Des victimes viendront en cars, en train en voiture de plusieurs régions d’Italie mais aussi de France, de
Belgique et de Suisse. Une importante délégation de l’Andeva et de ses associations locales est attendue. Face
à la multinationale Eternit, qui a semé les souffrances et la mort sur toute la planète, la solidarité internationale
des victimes de l’amiante est aujourd’hui une réalité vivante.

En France, les victimes attendent depuis 13 ans le procès pénal des responsables de la catastrophe sanitaire.
L’Andeva et ses associations ont décidé de relancer les mobilisations pour que ce procès ait lieu. C’est une
question de moyens et de volonté politique. Il faut donner aux magistrats du pôle de santé publique des
moyens suffisants pour mener à bien une instruction de qualité dans des délais raisonnables. Il faut mettre en
échec le projet de supprimer les juges d’instruction : en confiant leurs dossiers au parquet, qui dépend
directement du pouvoir politique, on aboutirait inévitablement à enterrer tous les dossiers sensibles pour le
pouvoir en place.

A Paris comme à Turin les responsables de la catastrophe sanitaire doivent être jugés.