Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Tour Montparnasse : L’ANDEVA demande au préfet d’ordonner l’évacuation et le désamiantage complet de la Tour

12 mars 2015

Communiqué de presse 12 mars 2015

L’Andeva a écrit ce jour au préfet d’Ile de France / préfet de Paris pour lui demander de prendre enfin les mesures qui s’imposent pour que cessent les errements dans la gestion du problème de l’amiante dans la Tour Montparnasse qui mettent en danger la sécurité des occupants et intervenants : ordonner l’évacuation de la Tour et son désamiantage complet.

Les travaux réglementaires de désamiantage auraient dû être achevés en 2006. Mais les copropriétaires ont opportunément bénéficié de deux arrêtés préfectoraux successifs de prorogation de 3 ans du délai d’achèvement des travaux (arrêtés du 28 juin 2006 et du 20 novembre 2009) au terme desquels les travaux n’étaient toujours pas terminés.

Le dossier technique amiante (DTA) remis à la préfecture le 24 février dernier, après moult tergiversations, révèle la présence d’amiante à de nombreux endroits qui n’étaient pas recensés précédemment, aussi bien sous forme de matériaux que de pollution résiduelle. C’est en particulier le cas pour les gaines de désenfumage (souflage et extraction).

Lors de sa remise, les copropriétaires se sont empressés de diffuser un communiqué de presse affirmant que ce DTA « montre qu’il n’existe aucun élément nouveau en termes de risques pour les usagers de la Tour Montparnasse », mais se sont bien gardés de diffuser le document lui-même, qui dit exactement le contraire.

L’affirmation des copropriétaires est en effet un mensonge. Ainsi la présence d’enduit projeté amianté dans les gaines de désenfumage « en sous-face de plancher haut au droit des cloisons en carreaux de plâtre » ne figurait pas dans les versions précédentes du DTA. Elle rend impossible tous travaux, en particulier de désamiantage, sur les gaines et dans leur voisinage immédiat, sans évacuation des usagers de le Tour.

Le DTA indique en outre que « du fait de la contamination surfacique constatée, il existe un risque de libération de fibre d’amiante en cas de déclenchement des volets coupe-feu des gaines de soufflage désenfumage ». De ce fait, les essais mensuels du système de désenfumage ne sont plus assurés et les moteurs de soufflage du désenfumage ont même été arrêtés, ce qui compromet la sécurité incendie de la Tour.

Ces nouveaux éléments ajoutent une dimension supplémentaire à la gestion chaotique du problème de l’amiante dans ce bâtiment qui dure depuis 10 ans sous l’oeil bienveillant du préfet. Les copropriétaires ont en effet choisi, plutôt que d’évacuer la Tour et de la désamianter totalement, de faire les travaux petit bout par petit bout, pour minimiser les pertes de loyer occasionnées par l’immobilisation des locaux lors des travaux, alors même qu’un rapport de SETEC / Technip de 2006 leur indiquait qu’un tel scénario engendrait « un risque sanitaire certain » et ne permettait qu’un « désamiantage partiel ».

Ce choix s’est traduit, comme attendu, par des pollutions récurrentes des bâtiments (72 dépassements du seuil réglementaire de 5 fibres par litre entre novembre 2009 et juin 2013 !) et le fait que les travaux de désamiantage effectués n’ont même pas permis de retirer complètement l’amiante des zones traitées.

Le DTA note à cet égard que « des résidus de projections anciennes amiantées (flocage, Progypsol) ont été constatés ponctuellement et de manière aléatoire, en sous face de plancher haut, sous la nouvelle projection sans amiante et ce principalement sur les parties difficilement accessibles (jonction avec noyau central et zone de plancher au-dessus des ejecto-convecteurs) ». La présence aléatoire de matériau amianté sous la nouvelle protection sans amiante signifie que persiste « un risque dans le cadre de travaux d’entretien ou de maintenance » et qu’il faudra continuer à appliquer ad vitam aeternam des protocoles d’intervention spécifiques amiante pour ces travaux. La gestion du problème de l’amiante dans ce bâtiment durant ces dernières années a clairement montré que le respect de tels protocoles est totalement illusoire.

A ce jour, le préfet s’est contenté de constater année après année les multiples infractions à la réglementation sans jamais prendre de sanction dissuasive.

Il a pris le 13 août 2013 un arrêté stipulant que « Les copropriétaires de l’Ensemble Immobilier de la Tour Maine-Montparnasse (EITMM) devront prendre les mesures de prévention adaptées afin de supprimer le risque d’exposition passive aux poussières d’amiante ».

Reste à inscrire cette belle préconisation dans les faits.

La seule solution pour y parvenir est à l’évidence l’enlèvement total de l’amiante de la Tour. Et l’enlèvement total de l’amiante est impossible en site occupé, comme l’avait déjà signalé le rapport SETEC / Technip de 2006.

C’est pourquoi l’Andeva a écrit au préfet pour lui demander d’ordonner l’évacuation de la Tour et son désamiantage complet.

Document(s) lié(s) à cet article

Lettre au préfet d’Ile de France