Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Témoignages sur les conditions de travail exposant à l’amiante à la RATP (1)

26 juin 2002

"Le décorticage, c’était terrible"

J’avais 23 ans quand je suis rentré à
la RATP. J’ai fait une demande d’embauche pour être
électricien et on m’a mis au bobinage. Je suis rentré
en juin 1958 à l’atelier de Fontenay sous Bois... Je me
souviens quand ils ont floqué le bobinage, on n’avait encore
pas l’aération pour démonter les moteurs... je peux
dire que l’unité de bobinage était tellement
dégueulasse par le démontage des moteurs que
lorsqu’ils ont fait le flocage ils ont été
obligés de tout nettoyer au karcher pour que le flocage
colle... on ne pouvait pas poser les affaires tellement
c’était dégueulasse.

En 1958 au bobinage on était 42 bobineurs et 1
touneur. 17 bobineurs sur les gros moteurs de Sprague, 7 sur les
petits moteurs et les autres faisaient les bobinages. Sur les 17,
on était bien 7 ou 8 en ligne à démonter les
moteurs en même temps. Ce qui fait que quand on rentrait on
ne voyait plus rien. C’était un nuage d’amiante dans tout le
bobinage.

On ne savait pas à l’époque que
l’amiante était dangereux. On ne nous l’avait jamais dit. Le
premier aspirateur, ils nous l’ont mis en 1963, ou 65
peut-être. C’était un aspirateur énorme qui
crachait le feu, enfin, il soufflait bien mais il n’y avait aucun
filtre sur cet aspirateur et il y avait les HLM derrière.
Quand le vent venait, toutes les poussières étaient
envoyées sur les HLM... Quand on a été au
nouveau bobinage, le vieux bobinage a été
démonté et on a pu voir qu’il n’y avait pas de
filtre. Ca se passait comme ça.

Avant de partir à Boissy, en 1973, nous avons
travaillé dans l’amiante avec Jean C. dans le vieux
bobinage. A Boissy, on travaillait encore l’amiante, mais ce
n’était plus la même chose, c’était plus
aéré. On n’était que 3 dans un atelier qui
faisait plus de 2000 m2...

Je suis revenu à Fontenay en 1982, et
là on a recommancé à démonter les
moteurs, à chaud, dans l’unité de démontage...
Il y avait les bobineurs qui faisaient leur bobinage, un gars qui
s’était désigné pour faire le
décorticage à froid. Les autres faisaient les
sections, mais là il n’y avait pas besoin de chaleur. Mais
à cette époque il y avait de moins en moins
d’amiante. Mais quand on démontait, dans le nouveau
bobinage, les moteurs du Sprague, c’était encore des moteurs
avec de l’amiante. On a fait du Sprague jusqu’en 1985, 86 à
peu près. Il y avait encore tous les trains de travaux, les
draisines, tout ça...

Dans les années 1983, j’ai fait un stage
à la Folie, aux ateliers de la SNCF, et bien les moteurs qui
étaient faits, étaient encore à l’amiante.
Quand on a commencé à faire l’arrachage des sections,
à froid, au lieu de les chauffer, à la SNCF,
ça faisait pas mal d’années qu’ils s’en
occupaient...

Il y a deux sortes de décorticage : le
décorticage à chaud, celui que j’ai pratiqué
à partir de 1958 quand je suis rentré à la
boîte, ça consistait à travailler sur deux
tréteaux, avec un chalumeau de 30... On chauffait le moteur
au rouge pratiquement et on arrachait les sections. Après on
soufflait. On avait une soufflette d’air comprimé, et le
gars qui travaillait 2 mètres devant toi, recevait toute la
poussière et celui qui était derrière toi
t’envoyait la sienne. Le décorticage c’est ça.
C’était terrible. Le décorticage à froid
consiste à couper les cales de fermeture d’encoches avec une
fraise et ensuite à prendre les sections avec une pince et
les sortir à froid... On fait ça avec le MP. A froid
il y a peut-être moins d’amiante, je ne sais pas, mais il y
en a quand même.

Quand on faisait un moteur sur le Sprague, on mettait
nos sections au collecteur, à la main, et après
ça on mettait nos plaques d’amiante. Mais nos plaques
d’amiante, on les coupait plus ou moins bien en largueur. Alors
pour boucher le trou, on mettait une pâte qui était de
la poussière d’amiante mélangée à un
vernis. Maintenant c’est de la céramique, mais avant
c’était de la poussière d’amiante. Comme il y avait
un jour, on mettait ce cordon d’amiante. On en mettaient aussi au
cul du moteur. On mettait des bouts de bois en arrondis, au
pare-huile arrière, et pour les tenir, on mettait de la
ficelle d’amiante. Une fois qu’elle était vernie, sous
pression, cette ficelle d’amiante ne bougeait plus, c’était
dur comme de la pierre. Ca tenait ces morceaux de bois pour que le
chignon arrière du moteur puisse reposer sans toucher la
tôle. L’amiante servait à ça. On en mettait
à l’arrière, à l’avant, en dessous et au
dessus, on mettait cette fameuse pâte qu’on faisait avec de
la poussière d’amiante et du vernis, et puis ensuite on
fermait ça avec de la toile de verre jaune plastifiée
qu’on coupait en largueur. Il doit y en avoir encore. Mais
ça ne polluait pas tant que c’était neuf. Quand tu la
brûles, le vernis se barre et puis ça vole. C’est
comme l’amiante. Ensuite on fermait avec une toile grise et la
jaconasse large. On a aussi énormément utilisé
la laine de verre, en ruban, le tissu de verre. Ca aussi, il y en
avait plein partout, ça volait comme l’amiante. On avait
aussi de la tresse et du fil d’amiante.

J’ai été X fois réparer des
moteurs sur la voie d’essais. Ils faisaient tourner le moteur et on
le réparait alors qu’il tournait sous les pieds. Il fallait
arracher l’amiante et tout pour pouvoir réparer... j’ai ai
fait des quantités... J’ai fait des petites bobines de
collage de porte, c’était gros comme une montre, et tu
mettais 150 ou 200 spires de fil de cuivre, et c’était
fermé à l’amiante. Tu ne pouvais pas le fermer
autrement qu’avec du ruban d’amiante. Tout avait de l’amiante.

Quand on défaisait les ourlets de nos bras de
chemises et de nos pantalons, il y avait plein de poussières
d’amiante.

Les moteurs qu’il y a sur le Sprague, à la
maison de la RATP, à Bercy, c’est moi qui les ai faits. Ils
sont tous à l’amiante. J’ai même refait toutes les
bobines à l’intérieur d’une autre voiture qui est
partie à Mulhouse. Les petites bobines pour les
électro-aimants, pour ouvrir ou fermer l’air
comprimé, etc. les électrovalves et tout...
J’étais à Boissy quand j’ai tout refait. On peut
vérifier, il y a de l’amiante.

Les contremaîtres qui avaient leur petit
bureau, eux aussi on tripoté l’amiante, ils en ont
bouffé autant.

Il faut rappeler l’essentiel surtout. Il faudrait
voir de quoi sont décédées toutes les
personnes qui sont passé au bobinage. Jean C. a
travaillé à l’amiante avec moi pendant des
années. On ne savait pas que l’amiante était
dangereux. Il est mort de ça et jusqu’à
présent personne ne m’a prescrit un scanner...

M. W.


"Durant cette période nous n’avons été soumis à aucun suivi médical"

Ayant travaillé aux ateliers de Fontenay sous
Bois de 1968 à 1999 (date de ma retraite" sur le
matériel Sprague et MP 55 dont nous effectuions la grande
révision ainsi que la modernisation, en tant qu’AUPE, j’ai
été bien souvent en équipe avec Pierre K. Nous
avons travaillé fréquemment sur ces deux
matériels pour déposer les pièces de
récupération sur le Sprague et la révision des
tracteurs. Le soufflage de certaines voitures était fait
grossièrement vu qu’à cette époque l’amiante
n’était pas considéré dangereux. L’ensemble JH
(contacteurs isolés entre eux par l’amiante), DET, KFP, BKP,
pour ne citer que ceux-là en partie électrique.
Durant cette période, aucune information ne nous a
été donnée et nous n’avons été
soumis à aucun suivi médical.

A.D.


"Aucune information sur le risque amiante..."

Je certifie que lors des opérations de
déflocage de la menuiserie de Fontenay-sous-bois, les
opérateurs n’avaient pas d’EPIs(1) à leur
disposition. De plus, les salariés de l’atelier traversaient
le chantier pour aller se restaurer, aucune barrière
n’interdisait l’entrée. A ma connaissance, aucune analyse
d’air n’a été faite ni pendant ni à la fin du
chantier. Concernant le chantier du MP55, aucun ouvrier n’avait
à sa disposition de masque de protection respiratoire, ni
aux postes de travail ni au magasin d’outillage. Aucune information
sur le risque amiante ne nous a été donnée
avant début 1997.

En 1989, un salarié est
décédé d’un mésothéliome, sans
pour autant que des moyens de protection ne soient mis à
disposition du personnel de l’atelier de Fontenay-sous-Bois. Il
aura fallu attendre plusieurs droits de retrait des salariés
confirmés par des droits d’alerte du CHSCT/MRF pour
contraindre, en novembre 1996, la direction du département
MRF à débloquer 105 millions de francs pour le
retrait d’organes amiantés sur le matériel roulant
ferroviaire.

En tant que secrétaire du CHSCT MRF depuis
septembre 1993, j’affirme que lors de nos inspections des ateliers,
jusqu’en novembre 1996, la plupat des activités sur organes
amiantés étaient réalisées par le
personnel sans protections collectives ou individuelles. Ce n’est
qu’à partir de fin 1996 que des recensements sérieux
ont permis de mettre en évidence que ces activités,
réalisée à proximité et/ou au contact
direct de l’amiante (grattage, sciage, meulage) exposaient les
travialleurs à l’inhalation de poussières d’amiante
de façon importante.

A.D.


"Les protections étaient inexistantes..."

Ouvrier qualifié, entré à
l’atelier d’Auteuil L. 10 le 03 septembre 1979, je certifie que
dès mon entrée et jusqu’au départ du
matériel articulé (réformé), il fallait
que le nettoyage des boîtes à feu des contacteurs JH
soit fait, à sec, au goupillon, aux chiffons, voire à
la lime s’il y avait perlage. Durant cette période, les
protections étaient inexistantes ainsi que les informations
sur les dangers de l’amiante. C’est à partir de début
1997 que nous en avons été informés et que des
protections ont été mises à notre
disposition.

C.T.


"Le poste de travail était nettoyé à la balayette ou à la soufflette d’air comprimé..."

Entré à la ratp en décembre 1972
à l’ételier de Javel, j’étais affecté
au poste de nettoyage et dépoussiérage des voitures
de matériel Sprague. De retour à l’armée, en
octobre 1974, j’ai été affecté à
l’atelier d’Auteuil. A cette date, l’atelier avaient en charge
l’entretien du matériel Sprague. Comme à l’atelier de
Javel, j’effectuais le dépoussiérage de
l’intérieur et l’extérieur des trains.

A partir de mai 1975, j’ai remplacé l’agent
chargé des sabots de freins et de la révision des
fusibles. Cette opération consistait à vider les
fusibles sur un établi, puis remplacer le fil puis remplir
de poudre d’amiante le corps du fusible. Le poste de travail
était nettoyé à la balayette ou à la
soufflette d’air comprimé.

A partir de 1976, j’ai été
affecté au magasin d’outillage ou j’effectuais
quotidiennement le grattage à sec des pare-étincelles
en amiante ciment. Cette opération consistait à
enlever les amorçages dus aux arcs électriques
à l’aide de grattoirs et de limes.

Durant toutes ces périodes, j’ai
effectué ces activités sans être informé
des dangers de l’amiante et sans aucune protection à ma
disposition. Ce n’est que fin 1996 que l’information nous a
été communiquée et que les protections ont
été mises en place.

P.V.


"J’ai soufflé les tambours de frein..."

De 1979 à 1994 j’ai soufflé les
tambours de frein, changé des segments de frein, des
embrayages, des freins de parc, remplacé des tubes
d’échappement. Tous ces éléments comportaient
de l’AMIANTE, et tout cela sans aucune protection. J’ai
travaillé avec monsieur Gérard B. à Malakoff
de 1970 à 1985. Il a été exposé comme
moi aux mêmes conditions de travail. Jamais on ne nous a
signalé qu’il y avait de l’amiante".

C. D.


"J’ai toujours travaillé sans masque..."

Je certifie avoir travaillé sur les
embrayages, sur les segments de frein, sur les segments de frein de
parc, sur les boas et pots d’échappements, à partir
de mon embauche en août 1979, à Point du Jour, pendant
2 ans, plus une année au dépôt de Fontenay et
puis le reste à Malakoff, jusqu’en 1990. Là,
j’étais après à la sortie, en changeant les
embrayages, les freins, j’ai soufflé les freins.

Aucune personne de l’encadrement ne m’a dit qu’il
fallait prendre des précautions comme les masques. J’ai
toujours travaillé sans masque, sans protection, sans que
personne ne me prévienne des dangers des poussières
d’amiante. Dans les 3 dépots que j’ai faits, en arrivant, la
présentation était basée à montrer les
locaux mais jamais à montrer les dangers sur le travail,
comme les poussières, les gestes et postures et la pollution
en dépôt.

J. S.


"Sans protection jusqu’en 1997..."

Je certifie avoir démonté des segments
AV + AR, segments de frein de parc + disque d’embrayage SC 10 + PGR
qui contenaient de l’amiante + les pots d’échappement
(double flux + le tube appelé boa). J’ai travaillé
avec monsieur B. de 1975 à 1985, son départ du
dépot de Malakoff. Le travail ici cité fut fait sans
protection jusqu’en 1977

M. L.


"Les premières protections sont arrivées à partir de 1997..."

Je certifie l’exactitude des faits ci-après,
pour en avoir été le témoin direct :

de 1982 à 1990 :

- avoir balayé les fosses (poussières
d’amiante)
- soufflé les roues pour les peindre
- avoir fait les segments de frein
- avoir balayé le local segments-tambours
- nettoyé dessous / caisses
de 1990 à maintenant :

- soufflé les garnitures de frein (SC 10)
- garnitures de frein de parc
- changé tous les joints à base d’amiante sur SC 10
(joints de culasse, tresse AR moteur)
le tout sans protection. Les premières protections sont
arrivées à partir de 1997.

T.F.


"Echanger les tuyaux d’échappement enrobés d’amiante"

Dans les années 1977 à 1985, j’ai
procédé à des remises en état des
freins AV et AR sans aucune protection (ni masque, ni gants et
combinaison de protection). On nous a fait refaire des
rectifications de frein de parc, dont les garnitures contenaient le
plus d’amiante, pour éviter tout échauffement du
système en 1996. On m’a fait travailler seul sur le SC 10,
dans les années 1995 à 1997, pour échanger les
tuyaux d’échappement enrobés d’amiante, par des
tuyaux nus. Pour éviter toute pollution et maladie,
après 1997, on nous a informés sur quelques
protections qui existaient à partir de cette période
pour tous les travaux étant censés contenir de
l’amiante !!! Pour tous ces dires, je certifie que G.B a
travaillé avec moi de 1977 à 1985.

P. M.


"J’ai soufflé les garnitures"

De 1982 à 1997, j’ai soufflé les
garnitures, tambours des freins, parc et roues, changé les
tuyaux d’échappement enrobés d’amiante, les joints
moteurs... Tout cela, sans protection. Monsieur B. a
été exposé aux mêmes conditions que tout
le personnel.

JL G.


"Tous ces travaux ont été effectués sans protection"

En travaillant sur les autobus depuis 1992, j’ai
été exposé à l’amiante par les
différents travaux listés ci-dessous :

- remplacement et dépoussiérage des disques
d’embrayage
- remplacement et dépoussiérage des segments de
frein
- remplacement et mise au gabarit des segments de freins de parc
par ponçage
- remplacement des tubes d’échappement et de
chauffage.
Tous ces travaux ont été effectués sans
protection (masques, gants, etc.) ni information sur les
risques.

S.H.


"Je certifie l’exactitude des faits"

Je certifie l’exactitude des faits ci-après,
pour en avoir été le témoin direct :

Depuis 1984 :

- avoir nettoyé et remplacé, embrayages
- visite de freins
- dépoussiérage de frein
- garniture de frein de parc
- balayage de la zone de travail
- tube d’échappement et de chauffage
Tout cela sans proection et information sur le risque
amiante.

Y.L.


"Les dessous de caisses, il y avait des particules d’amiante.."

Depuis la période de juillet 1984, j’ai
travaillé en contact avec l’amiante en effectuant des
remplacements d’un collègue en période de vacances
annuelles. Changement de segments de freins pour les SC10. Les
dessous de caisses, il y avait des particules d’amiante. J’ai vu
travailler monsieur Gérard B. en 1984. A cette
période, il n’y avait pas de protection individuelle, gants,
masque, combinaison, au dépôt de Malakoff.

M.V.


"Pour nettoyer certaines pièces, il fallait les souffler à l’air comprimé..."

Arrivé à Malakoff en 1985, tous les
travaux sur SC 10 étaient effectués sans aucune
protection (visite de frein, embrayage, frein de parc, tresse AV et
AR du moteur, joints de culasse, etc.). Pour nettoyer certaines
pièces, il fallait les souffler à l’air
comprimé, ce qui provoquait un nuage de "poussière".
Il y a eu aussi des campagnes d’habillage des tuyaux
d’échappement dues à la décomposition de
l’amiante qui protégeait ceux-ci. Les protections ne sont
arrivées qu’en 1997.

C.M.


"Segments de freins de parc, joints, échappements enveloppés d’amiante..."

Je certifie avoir travaillé jusqu’en 1997 sans
aucune protection... aucune... contre l’amiante. Je certifie,
depuis mon embauche (septembre 1982) avoir travaillé sur des
boulots comme : segments de frein de parc, joints de toutes sortes,
échappements qui étaient enveloppés d’amiante,
embrayages... avoir travaillé avec monsieur B. jusqu’en 1985
dans les mêmes conditions sans que rien ne soit
signalé.

R.G.


"Balayage de la zone de travail..."

Je certifie l’exactitude des faits ci-après,
pour en avoir été le témoin direct : Depuis
1982 :

- dépoussiérage des freins
- embrayage de frein de parc
- BOA d’échappement
- balayage de la zone de travail
- fusibles sur SC 10, etc.
- J’ai effectué tous ces travaux en tant que
mécanicien au même titre que monsieur Gérard
B., exposé à l’amiante sans aucune information.
P.L.


"J’ai balayé et lessivé des fosses entières sans aucune protection..."

Je suis arrivé dans l’entreprise le 06
février 1990, au dépôt de Malakoff, avec un
emploi d’ouvrier spécialisé. Durant une
période de 6 ans, j’ai balayé et lessivé des
fosses entières sans aucune protection et sans
prévention sur d’éventuels risques amiante, pour ma
santé. Aujourd’hui, je suis mécanicien au
dépôt de Malakoff depuis 4 ans. J’ai reçu une
formation sur une longue période sur les visites de freins
de type SC 10, à visage découvert et toujours
malheureusement, sans aucune prévention et information de la
part de l’encadrement.

P.G.


"J’ai balayé de la poussière d’amiante sans avoir été averti par ma hiérarchie..."

Je certifie avoir nettoyé des
mécanismes d’embrayage, des segments de frein, balayé
de la poussière d’amiante, sans avoir été
averti par ma hiérarchie des conséquences, et sans
équipements appropriés entre 1987 et 1990, en tant
qu’OP-OS. A partir de 1990, j’ai changé des embrayages,
ainsi que son mécanisme, des segments de frein, des
garnitures de frein de parc, du dépoussiérage de ces
organes, balayage de ma zone de travail et cela, toujours sans
protection jusqu’en 1997 et sans information de ma
hiérarchie. Toutes ces interventions sont sur des organes
comprenant de l’amiante.

L.D.


"Nous n’avions aucune protection ni information sur la présence d’amiante..."

Je travaille depuis 1985 au dépôt de
MAlakoff. L’encadrement du service entretien (MRB) ne nous a fourni
du matériel de protection contre l’amiante qu’à
partir de 1997.

J’atteste que pour toutes les opérations de
visite effectuées avant cette date sur la remise en
état des freins sur les autobus SC 10, nous n’avions aucune
protection, ni information sur la présence d’amiante et de
fait, une prise de conscience sur les risques de maladies. De ce
fait monsieur Gérard B. a travaillé sur les
mêmes matériels et dans les mêmes conditions,
dont les mêmes risques.

J-P S.


"J’ai poncé à la toile émeri des segments de freins..."

Je certifie :

- avoir poncé à la toile émeri les segments
de freins ainsi que les segments de freins de parc sans aucune
protection, de 1993 à 1997.
- avoir tourné les segments de freins sur fosses à
l’aide d’une machine mobile à tourner les segments, sans
aspiration ni protection durant l’année 1993.
- avoir changé des disques d’embrayage, des tresses avant
moteurs, sans protection.
- avoir constaté que mes collègues en faisaient
autant.
Tous ces travaux sur ordres ou instructions de ma
hiérarchie, sans aucune information.

D.L.


"Mes vêtements de travail étaient dans le même placard que mes vêtements civils..."

J’ai effectivement été exposé
à l’"amiante durant les années 1990-1994 en balayant
les fosses et les emplacements des agents qui avaient fait tomber
de la poussière d’amiante (dans la fonction d’OP)
après réfection des segemnts, tambours de freins sur
les autobus SC10.

J’étais démuni de toute protection
contre la poussière d’amiante. Mes vêtements de
travail étaient dans le même placard que mes
vêtements civils. D’où un transport éventuel
d’amiante à mon domicile. En 1995-1997, j’ai
travaillé sur les freins, mais cette fois-ci, dans la
fonction de mécanicien d’entretien (sans combinaison et sans
protection respiratoire).

P.B.


"Nettoyage des fosses..."

Nettoyage des fosses pendant 3 ans, 1991, 1992, 1993
sans protection, ni masque. Montage segments tambours - 1994, un
mois, masque papier sans protection. Nettoyage dépôt,
10 ans, par alternance, sans masque.

En poste depuis 5 ans, nettoyage dessous-caisses +
tour de roue + moteur. Produit Neuron pour radiateur - avec masque
papier. Nettoyage régulier, fosse banc Muller. Nouceau avec
combinaison + masque.

C.Q.


"J’ai travaillé sur différents postes sans protection particulière..."

J’ai travaillé depuis 1982 au balayage des
fosses. J’ai travaillé sur les segments de frein
amiantés. Nettoyage dessous-caisses, etc. J’ai
travaillé sur différents postes sans protection
particulière. En 1997, suite à plus d’information,
j’utilise des masques de protection P3 contre l’amiante. Avant
1997, effectuant des remplacements, je ne disposais pas de
protection particulière.

C.L.


"Sans information de la part de mon employeur..."

Je certifie l’exactitude des faits ci-après,
pour en avoir été le témoin direct :

- balayage des plats-bords des fosses après visites de
frein sur SC 10
- balayage du local segments - tambours
- nettoyage dessous-caisses sans protection de 1992 à
1994, en tant qu’OP.
- démontage, remontage des roues, segments, tambours,
freins de parc, embrayages, échappements, joints de
culasses, tresses moteurs, etc.
de 1994 à aujourd’hui en tant que ME, sans protection
jusqu’en 1997.

Depuis mon entrée au sein de la RATP, je suis
exposé aux risques dus à l’amiante, sans information
de la part de mon employeur.

J-L B.


"Tous les agents travaillant en atelier étaient en contact fréquent avec l’amiante..."

Je certifie l’exactitude des faits ci-après,
pour en avoir été le témoin direct :

- de 1981 à 1983 (OQ ME) à MRF, sur MF 67 et MF 77
- dépoussiérages divers sans protection.
- de 1983 à 1988 (OQ ME) au centre bus de Saint-Denis -
réfection frein, embrayage, dépoussiérages
tambours divers, toujours sans protection.
- de 1988 à ce jour (technicien MA S5) au centre de bus
Malakoff - contacts directs ou indirects jusqu’à la
période de désamiantage. Je n’ai pas travaillé
avec monsieur B., mais à cette époque, tous les
agents travaillant en atelier étaient en contact
fréquent avec l’amiante.
M.D.


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