Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Succès du rassemblement du 22 juin devant le Fonds de Garantie

1er janvier 2001

Environ 400 personnes se sont rassemblées, le
22 juin dernier, devant le Fonds de garantie des victimes
d’infraction pour protester contre l’attitude de cet
organisme qui multiplie les recours judiciaires afin de retarder,
voire d’empêcher, l’indemnisation des victimes de
l’amiante.

Indemnisez sans délai les victimes de l’amiante !

La FNATH, le Comité anti-amiante de Jussieu et la
Fédération des Mutuelles de France
s’étaient joints à l’ANDEVA pour cette
manifestation dont l’idée avait été
lancée lors de notre derniere assemblée
générale .

Des pratiques scandaleuses

Chaque fois que les commissions d’indemnisations des
victimes d’infractions (CIVI) ont donné gain de cause
aux victimes, le Fonds de Garantie à fait appel.

Il a même tenté de bloquer le versement des
indemnités en s’opposant à
l’exécution provisoire d’un jugement
prononcé par la CIVI de Cherbourg en faveur de cinq victimes
de l’amiante ou de leurs ayant-droits. C’est
l’étincelle qui a mis le feu aux poudres

Les obliger à nous entendre...

Cette manifestation avait deux objectifs : attirer
l’attention de l’opinion publique sur la situation des
victimes, et obliger le Fonds de garantie, qui n’avait
répondu à aucune lettre de l’Andeva, à
nous entendre.

Devant la détermination des victimes qui avaient envahi
l’immeuble, le Conseil d’administration du Fonds de
garantie qui se réunissait ce jour-là, a
été obligé de recevoir une
délégation.

Pendant près d’une heure, ils ont dû entendre
les représentants des 3 associations et une victime de
Cherbourg. La délégation a exigé la fin des
recours judiciaires contre les victimes et l’arrêt de
la procédure engagée à Caen pour
s’opposer à l’exécution provisoire du
jugement de Cherbourg. Elle a demandé que le Fonds engage
des actions récursoires contre ceux qui ont commis les
infractions plutôt que de s’opposer à
l’indemnisation des victimes.

Nous avons été écoutés, mais pas
forcément entendus.

Une action qui fera date

Cette action a permis que s’expriment la
détermination et la dignité des victimes. France 2,
l’AFP, Le Monde et Libération en ont rendu compte.

Elle a impressionné plusieurs membres du conseil
d’administration du Fonds qui avaient peu suivi ce
dossier.

Elle a permis de rappeler la responsabilité du
gouvernement (une majorité d’administrateurs sont des
représentants de différents ministères), dans
une lettre ouverte à Jospin et Martine Aubry. Peu
après, l’ANDEVA a été reçue par
un conseiller d’Elisabeth Guigou qui a assuré que les
choses allaient changer.

Pourtant, quelques jour plus tard, le Fonds saisissait à
nouveau la Cour d’Appel de Caen pour faire annuler une
décision d’exécution provisoire jugée
par la CIVI de Cherbourg ! Un nouveau courrier a donc
été adressé au Premier ministre, à la
ministre de l’Emploi et de la Solidarité, et au
ministère de la Justice. Réponse : il ne devrait plus
y avoir de recours du Fonds contre les décisions
d’exécution provisoire des CIVI ni de pourvoi en
Cassation. Et des décisions imminentes pourraient être
prises concernant l’indemnisation des victimes de
l’amiante... A suivre !


DES TEMOIGNAGES BOULEVERSANTS

Pendant que la délégation est reçue, un
forum s’improvise. Des victimes, des veuves, dont beaucoup
n’ont jamais parlé en public, témoignent de
leur situation dramatique et des difficultés vécues
par des familles entières. Cynisme des industriels,
incompétence et brutalité de certains
médecins, indifférence bornée des caisses de
sécurité sociale face à des situations de
détresse morale et financière... Les gorges sont
serrées d’émotion. En tenant le micro, des
mains tremblent...


Article paru dans le Bulletin de l’Andeva N°7 (octobre 2000)