Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Présentation de l’ALERT

1er janvier 2001
Auteur(e) : 

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ALERT

Association pour l’Étude des Risques du Travail

L’ALERT, association du type loi de 1901, a été
créée le 14 avril 1987 par un collectif de
spécialistes de la santé au travail, qui ont eu en
commun d’avoir participé à la rédaction
du livre " Les Risques du Travail " et d’avoir
proposé une charte fondatrice de leur mouvement.

L’Association a travaillé sur plusieurs dossiers,
notamment :

- les cancers professionnels
- la silicose
- l’amiante
- le développement de la sous-traitance et la diffusion
des risques
- les risques dus au développement de
l’intérim
- l’externalisation du risque dans le nucléaire
- le système de réparation des maladies
professionnelles
- la médecine du travail
- les discriminations à l’embauche
- la santé mentale et le travail...
Comme l’indique la Charte qui fixe en
même temps les objectifs poursuivis, l’Association
cherche à réunir les spécialistes qui
ressentent le besoin de réfléchir et de faire avancer
le débat concernant la transformation des conditions et de
l’organisation du travail pour améliorer la
santé au travail.

L’ALERT part de la santé des
travailleurs, du constat des insuffisances, des retards dans ce qui
concourt à la prévention et à la
réparation et s’appuie sur les données
scientifiques disponibles pour rendre visibles les
éléments essentiels d’un débat qui ne
doit pas être confiné aux seuls spécialistes,
ceci dans trois directions principales :

- la recherche sur les risques professionnels,
- l’intégration de la prévention de la
santé au travail dans une préoccupation globale de
santé publique,
- la mise en oeuvre d’une meilleure diffusion des
informations scientifiques sur les risques professionnels.


CHARTE DE L’ASSOCIATION POUR L’ETUDE DES
RISQUES DU TRAVAIL

ALERT

Un certain nombre de constats s’imposent pour
tout observateur s’intéressant aux risques du travail
dans la société française
d’aujourd’hui. sans vouloir en faire une liste
exhaustive, on doit cependant souligner les points
suivants :

- les atteintes à la santé résultant des
conditions de travail sont gravement sous-estimées en
France

La comparaison avec les pays nordiques fait ressortir
qu’il faut sans doute multiplier au moins par 10 le nombre
annuel des maladies professionnelles (de l’ordre de 6000)
reconnues en France par les divers régimes de
sécurité sociale pour avoir une première
approche de la réalité.

Cette sous-estimation par les statistiques de la
sécurité sociale tient à plusieurs facteurs.
Le système français de tableaux des maladies
professionnelles est - par définition -
limitatif, et les tableaux concernant les affections
provoquées ne couvrent qu’une faible partie des
risques réels (listes limitatives des maladies et des
travaux). La byssinose, reconnue en Grande - Bretagne depuis 1941,
n’apparaît toujours pas en tant que telle dans un
tableau. Le caractère professionnel des lombalgies qui
atteignent un grand nombre de travailleurs n’est toujours pas
reconnu. En matière de cancers professionnels, moins
d’une centaine sont reconnus annuellement, alors qu’en
s’en tenant à une hypothèse basse, de
l’ordre de 4% de tous les cancers, il y aurait environ 9000
cas de cancers d’origine professionnelle par an. Par
ailleurs, le processus de reconnaissance fonctionne essentiellement
- sauf cas particuliers - comme un système de
rejet avec des mécanismes de blocage, variables selon les
Caisses concernées.

Des atteintes moins différenciées ou
cumulatives, liées en particulier aux formes
d’organisation du travail, peuvent conduire à des
formes de souffrance psychique ou à un
" vieillissement " précoce. Elles ne sont prises
en compte ni dans le système de réparation, ni dans
le débat sur l’adoption des mesures de
prévention.

Il est probable que les atteinte à la
santé liées aux conditions et à
l’organisation du travail jouent pour une part importante
dans les différences d’espérance de vie en
fonction des catégories socio-professionnelles, telles
qu’elle sont mises en évidence par les études
des démographes.

- La prévention des maladies liées au travail
est encore trop insuffisante en France

Les ingénieurs qui conçoivent les processus de
fabrication n’ont en général, aucune formation
en ergonomie et en toxicologie. Le système des valeurs
limites d’exposition est encore peu développé
et la grande majorité de ces valeurs n’est
donnée qu’à titre indicatif. Quant à la
surveillance des expositions aux toxiques et aux nuisances
physiques, elle est - sauf exception - insignifiante
par rapport aux besoins. Un des exemples dramatiques qui illustre
la faiblesse de la prévention est celui de la silicose.
Actuellement, il y a 43.000 cas de silicoses reconnus en France, le
nombre de cas réels étant sans doute beaucoup plus
élevé. Après de longues années de
souffrance, 800 à 1000 personnes meurent chaque année
des suites de cette maladie professionnelle. Or, tout le monde le
sait, l’incidence de la silicose peut régresser
considérablement si l’on prend les mesures de
prévention nécessaires. D’autres pays
l’on fait et la Suède par exemple, a obtenu des
succès indéniables dans cette voie.

- La recherche pour mettre en évidence les effets du
travail sur la santé est peut
développée.

La représentation française dans les
congrès internationaux est la plupart du temps purement
symbolique et toujours très inférieure à celle
des pays nordiques et anglo-saxons, ou encore à celle de
l’Italie.

Quelques rares équipes font de la toxicologie
industrielle en matière d’épidémiologie
des risques professionnels, les moyens sont nettement insuffisants
et les équipes concernées continuent à se
heurter à des difficultés considérables pour
accéder aux informations, difficultés qui tiennent
à l’attitude de nombreuses entreprises et au
système français d’enregistrement des causes de
décès.

En matière de formation des médecins et
des spécialistes d’hygiène et de
sécurité du travail, les lacunes restent
considérables.

- L’information des salariés sur les maladies
liées au travail reste une exception.

Dans l’entreprise, les salariés ne
parviennent pas - en général - à
obtenir des données précises à la fois sur les
nuisances propres à leur lieu de travail et sur les effets
qu’elles entraînent pour leur santé. Même
dans les CHSCT, les représentants des travailleurs
rencontrent les plus grandes difficultés pour lutter
efficacement contre les maladies liées au travail.

Une masse considérable d’informations
médicales et scientifiques existe au niveau international.
Confinée dans les milieux spécialisés, elle
reste, pour l’essentiel, difficilement accessible aux
salariés exposés aux risques.

Par ailleurs la connaissance des risques
accumulée par les travailleurs grâce à leur
expérience professionnelle reste le plus souvent restreinte
au niveau d’un individu ou au mieux d’un atelier, sans
possibilité de diffusion large ni d’influence directe
sur les systèmes de prévention et de
réparation.

En matière d’information, le livre
" Les risques du travail " a répondu à une
attente. Dans tous les milieux concernés, son impact a
été incontestable et les données sur
lesquelles il repose incontestées.

L’ALERT (Association pour l’Etude des
Risques du Travail) s’inscrit dans cette démarche et
se propose de rassembler toutes les personnes en accord avec les
constats ci-dessus et les objectifs qui en découlent,
à savoir :

- contribuer à la connaissance des atteintes à la
santé liées au travail et contribuer à
l’amélioration des systèmes de reconnaissance
et de réparation ;
- faire des propositions dans le domaine de la prévention
des risques , en particulier en faveur d’un système
contraint de VLE assorti_ d’un réseau efficace
d’évaluation et de contrôle des nuisances en
milieux professionnels ;
- suggérer des axes de développement et contribuer
à l’évaluation critique des recherches en
matière de santé au travail ;
- créer et développer des réseaux
d’information sur les risques professionnels.
L’Association est ouverte à tous les
spécialistes qui, par leurs pratiques professionnelles et/ou
sociales, sont impliqués dans le champ des risques du
travail et qui, partageant les constats ci-dessus, ressentent le
besoin de réfléchir à leur propre pratique, le
besoin de s’exprimer collectivement dans le débat
concernant la transformation des conditions et de
l’organisation du travail.