Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Père Noël assassin

10 janvier 2016
Auteur(e) : 

Une rigoureuse étude menée par des scientifiques italiens
sur la présence d’amiante dans certains jouets pour les
enfants pose des problèmes graves sur les carences des
contrôles sanitaires sur les produits importés.

Parue sous le titre
« L’amiante dans les
jouets, un cas exemplaire
 »
, une étude de
Silvestri, Benedetto
Raffaelli et Veraldi
(Scand J Work Environ
Health) révèle la
présence d’amiante
dans une argile artificielle
moulée, durcissant
à température
ambiante (DAS).

Elle
a été utilisée comme
jouet entre 1963 et
1975 en Italie, aux
Pays-Bas, en Allemagne,
au Royaume-
Uni et en Norvège.

30% d’amiante dans une argile artificielle.

Les auteurs ont mené
des analyses en microscopie
optique et
électronique sur des
échantillons du matériau
original. Elles ont
établi que l’amiante
entrait pour 30%
dans la composition
de ce matériau.

Des documents trouvés
dans les Archives
d’Etat ont confirmé
l’achat de plusieurs
centaines de tonnes
d’amiante brut par an
à la mine de Balangero
en Italie pour
être également utilisé
dans l’artisanat.

55 millions de paquets vendus en 13 ans

Des ouvriers, des
artisans, des enseignants
et des enfants
ont ainsi pu
être exposés à cette
argile contenant de
l’amiante.

Durant plus de treize
ans, près de 55 millions
de paquets de
DAS ont été vendus.
En Italie, dans le
questionnaire de
référence sur le
mésothéliome, une
question précise sur
l’utilisation du DAS a
été incluse.

Ce produit ayant
été exporté dans
d’autres pays, les auteurs
recommandent
que les patients
atteints de mésothéliome
y soient aussi
interrogés sur l’utilisation
éventuelle de
DAS, en particulier
lorsqu’on n’a retrouvé
aucune exposition à
l’amiante.

Quels contrôles sanitaires sur les produits importés ?

Cette étude montre
que les dossiers
d’autorisation d’importations
de produits
venant de pays
où l’amiante n’est pas
interdit sont incomplets
et que les pays
importateurs doivent
absolument renforcer
leurs contrôles.


Article tiré du Bulletin de l’Andeva N°50 (janvier 2016)