Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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POLLUTION, RISQUE AMIANTE : les décharges sauvages se multiplient

12 février 2019

"Les résultats de l’enquête de France Info
sur cette gangrène du milieu naturel
sont inquiétants."

France Info a lancé une enquête participative #AlertePollution sur les décharges sauvages. Une trentaine d’internautes ont envoyés des témoignages avec films et photos.

Dans toutes les régions, des déchets toxiques ou amiantés sont déchargés en pleine nature, à la nuit tombée, par des professionnels sans scrupules.

L’enquête participative de France Info montre l’ampleur du problème en recueillant tous les points de vue : celui de l’écologiste qui refuse cette dégradation du milieu naturel ; celui du maire qui déplore qu’une part du budget municipal aille aux nettoyages, alors qu’elle pourrait être utilisée pour autre chose ; celui du plombier couvreur qui ne comprend pas que le coût de l’élimination des déchets amiantés (entre 350 et 1200 euros la tonne) soit parfois plus élevé que celui du chantier lui-même.

L’amiante doit être déposé dans des décharges agréés. Or, le Bureau des études géologique et minières (BRGM) constate que « le maillage territorial » des décharges agréées est très inégal : « 19 départements ne possèdent aucun point d’apport pour les déchets d’amiante des particuliers ou des professionnels. » [1]

Certaines déchetteries classiques sont des « passoires » qui accueillent sans contrôle des déchets amiantés déguisés en déchets ordinaires...

Le dépôt illégal de déchets en pleine nature peut être puni de deux ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Mais les pollueurs sont très rarement poursuivis. Et, lorsque des plaintes sont déposées, les pollueurs sont difficiles à retrouver et à coincer et beaucoup de plaintes sont classées sans suite.


SAINT-GERMAIN EN LAYE
La forêt envahie par les détritus

Selon l’Office national des forêts (ONF), 142 tonnes de déchets ont été déposées en 2017 dans la forêt de Saint-Germain (3,5 hectares). Coût annuel du nettoyage de la quarantaine de dépôts sauvages qui la souillent : 100 000 euros.

L’ONF a demandé aux collectivités locales de prendre leurs responsabilités. Elles ont dégagé des fonds pour enlever ces déchets. La Région finance des pièges photographiques et des caméras.

« Sous la pression des professionnels de la forêt et des associations environnementales, les élus commencent enfin à s’engager, constate l’association des Amis de la forêt qui s’en félicite, mais il faut aussi s’attaquer au problème à la source : la question du nombre, des emplacements et du coût des déchetteries ! »


CARRIERES-SOUS-POISSY (78)
Un océan de déchets

Le 7 juin 2018, Envoyé spécial a diffusé un reportage sur une importante décharge sauvage : 40 hectares de déchets à Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines.

Des riverains ont alerté les maires et le préfet et déposé une plainte contre X. Sans résultat.

Ils ont alors décidé de passer à l’action. Équipés de masques et de gants, ils ont mené eux-mêmes des recherches dans cet océan de déchets de toutes sortes.

Ils ont ainsi retrouvé des factures, des contrats, des mails, des fiches de paye qui les ont mis sur la piste d’un transporteur aérien domicilié en Seine-et Marne.


JEAN-CLAUDE BARBÉ :
« C’est un geste lamentable »

Une décharge sauvage de plaques d’amiante-ciment a été découverte dans la Vallée de la Vère, à Athis-Val-de-Rouvre, près de Flers.

L’Aldeva alertée par des riverains

Jean-Claude Barbé, le vice-président de l’Aldeva Condé-Flers est indigné : « C’est un geste lamentable, impensable. Abandonner des tôles de toiture ondulées en pleine nature ! »

Alerté par des riverains, Jean-Claude s’était très rapidement rendu sur place. Il n’avait jamais vu une décharge de cette taille. Au moins deux tonnes et demie, le chargement de deux ou trois camions.

« L’amiante est un matériau dangereux, interdit en France depuis plus de vingt ans. Ces plaques auraient dû être confiées à une entreprise spécialisée. »

Les autorités ont été aussitôt averties

Jean-Claude a prévenu immédiatement la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Normandie ainsi que le maire d’Athis-Val-de-Rouvre, Alain Lange.

Le terrain appartient à un propriétaire privé qui a été averti. L’évacuation par une société privée coûtera plusieurs milliers d’euros. Il envisage de porter plainte contre X.


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°59 (janvier 2019)


[11Recueil de données chiffrées sur les gisements de déchets d’amiante au regard des filières de traitement disponibles (février 2017)