Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Novembre 2011 : Le Canada n’est plus un producteur d’amiante

12 novembre 2011

L’histoire de l’amiante est loin d’être terminée au Canada mais le mois de novembre 2011 pourrait être une date clef : le Canada ne produira plus d’amiante dans les mois qui viennent.

Le Canada est historiquement LE producteur d’amiante dans le monde, LE promoteur du commerce de l’amiante et LE promoteur des mensonges sur les dangers de l’amiante, mensonges destinés à protéger et perpétuer le dit commerce. Le Canada produit et exporte de l’amiante depuis 130 ans. Le Canada a exporté plus de 60 millions de tonnes d’amiante dans le monde dont la moitié vers les Etats-Unis. Depuis deux décennies les exportateurs canadiens d’amiante ont dû abandonner le marché américain et européen, ils visent principalement les pays d’Asie (Inde, Chine, Indonésie, Thaïlande, etc.)

Novembre 2011 : la mine Lac d’amiante est fermée

Début 2008, il y avait encore trois mines en activité au Québec : Bell Mine, près de la ville Thetford Mines, Lac d’amiante à côté de Black Lake exploitée par la société LAB Chrysotile et la mine Jeffrey près de la ville Asbestos. Durant l’année 2008 Bell Mine a été fermée tandis que Jeffrey Mine a suspendu ses opérations et s’est lancée dans une opération risquée à la chasse aux investisseurs et au cadeau gouvernemental en demandant une garantie de prêt de 58 millions de dollars au gouvernement du Québec.

Lac d’amiante vient d’annoncer sa fermeture pour une durée indéterminée. Ce n’est pas la première fois que la mine cesse ses activités [1] mais cette fermeture semble cette fois-ci définitive [2], [3].

Officiellement cette fermeture est conséquence d’un éboulement survenu en 2010 et Simon Dupéré, président de LAB Chrysotile, déclare étudier les possibilités de relancer la mine l’année prochaine. En fait l’industrie minière de l’amiante au Canada est dans une situation financière catastrophique. Ce déclin commercial est dû, d’une part à la reconnaissance tardive mais incontournable des dangers de l’amiante qui est maintenant interdit dans plus de cinquante pays dans le monde et dont l’usage commence à être restreint par la loi même dans les pays les moins soucieux de la santé de leurs travailleurs et, d’autre part, à la concurrence d’autre pays producteurs d’amiante comme la Russie, le Kazakhstan et le Brésil qui produisent l’amiante à un coût bien inférieur à celui des mines du Québec.

Les difficultés financières des industriels de l’amiante canadiens

Le commerce de l’amiante a beau être un étendard du gouvernement canadien actuel, il a cessé de rapporter de l’argent au pays et est devenu un gouffre financier. Le gouvernement québecois a beau avoir annoncé l’autorisation de prêt de 58 millions de dollars, il retarde depuis deux ans son octroi effectif, non pas à cause des dénonciations des spécialistes de santé (voir [4]), dénonciations que les gouvernements canadiens et québécois traitent avec un mépris ahurissant, mais à cause des implications financières désastreuses.

Les industriels de l’amiante canadiens ont beau former des cartels d’entraide  [5], ont beau continuer à recevoir un soutien diplomatique scandaleux du gouvernement canadien [6], ils ne sont plus en situation de justifier les cadeaux fiscaux, subventions déguisées qu’ils obtenaient jadis [7], [8].

Selon le journal québecois Le Soleil [9], le président de la mine Jeffrey, Bernard Coulombe « avoue lui aussi qu’il comptait sur LAB Chrysotile pour continuer à fournir les acheteurs d’amiante canadien en attendant que sa mine redémarre et atteigne sa vitesse de croisière. « On comptait sur eux jusqu’à la fin de 2013, la période où nous estimons pouvoir produire 200 000 tonnes de minerai par année. Mais là, c’est un peu comme si on remettait les clients entre les mains de nos compétiteurs de Russie, du Brésil et du Kazakhstan ! » souligne M. Coulombe. »

Comble de « malheur » pour les marchands d’amiante, le débat sur l’interdiction de l’amiante prend de l’ampleur

L’opposition au commerce immoral de l’amiante devient très importante au Canada. Le NPD qui est devenu le principal parti d’opposition a proposé récemment, au parlement canadien, une motion demandant l’interdiction de l’amiante au Canada, accompagné d’autres mesures comme l’inclusion de l’amiante sur la liste des produits dangereux prévus par la Convention de Rotterdam et la mise en place d’une politique sociale de reconversion. La motion a été rejeté à une courte majorité : 123 à 152.  [10]

La Thaïlande - un des gros clients du Canada pour l’amiante - prend le chemin de l’interdiction après notamment que la commission nationale de santé ait demandé au gouvernement d’interdire l’utilisation et l’extraction de l’amiante  [11].

Le gouvernement fédéral de l’Inde - le principal client du Canada en matière d’amiante - est en train d’étudier « l’interdiction de l’extraction et de l’utilisation de l’amiante chrysotile en Inde pour protéger les travailleurs et la population générale contre les expositions primaires et secondaires à l’amiante chrysotile » [ The Government of India is considering the ban on the mining and use of chrysotile asbestos in India to protect the workers and the general population against primary and secondary exposure to Chrysotile form of Asbestos.]  [12].

Tout ceci ne facilite pas le travail de mensonge et lobbying de Baljit Chadha, l’homme d’affaire canadien, d’origine indienne, qui dirige la corporation Balcorp, exporte l’amiante canadien en Inde depuis plus de 15 ans, et souhaite ... racheter la mine Jeffrey, en partie à l’aide du prêt garanti par le gouvernement du Québec. Mr Baljit Chadha a multiplié les déclarations à la presse et l’opinion publique où il répète ad nauseam les mensonges des industriels canadiens [13], [14]. Fait rarissime ses déclarations ont été suffisamment grottesques pour lui valoir un rappel à l’ordre de porte-parole de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)  [15].


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Les nuages s’accumulent au dessus des têtes de l’industrie minière de l’amiante au Canada.

Québec. Les médecins veulent fermer la dernière mine d’amiante.

[1] Courrier Frontenac, 2003, Lac D’Amiante ferme ses portes http://www.courrierfrontenac.qc.ca/...

[2] Ipolitics, 22 juillet 2011, Canada’s last functional asbestos mine about to run out of asbestos[Le gisement de la dernière mine d’amiante du Canada en activité est presque épuisé] http://www.ipolitics.ca/2011/07/22/...

[3] CTV, 22 juillet 2011,Canada’s last asbestos mine about to run out of asbestos [La dernière mine d’amiante du Canada est presque sans amiante] http://www.ctv.ca/CTVNews/Canada/20...

[4] ANDEVA. Québec. Les médecins veulent fermer la dernière mine d’amiante. Québec. Les médecins veulent fermer la dernière mine d’amiante.

[5] Courrier Frontenac, 2008, Mine Jeffrey et LAB signent une entente de marketing http://www.courrierfrontenac.qc.ca/...

[6] ANDEVA. Convention de Rotterdam 2011 : Le gouvernement du Canada et ses trafiquants d’amiante sont les seuls opposants à l’inscription de l’amiante sur la liste des produits dangereux Convention de Rotterdam 2011 : Le gouvernement du Canada et ses trafiquants d’amiante sont les seuls opposants à l’inscription de l’amiante sur la liste des produits dangereux

[7] Courrier Frontenac, 19 mars 2004, Au secours d’Asbestos http://www.courrierfrontenac.qc.ca/...

[8] La soleil, 8 janvier 2005, LAB Chrysotile demandera un allégement de son fardeau fiscal. http://www.er.uqam.ca/nobel/creceqc...

[9] Le soleil, 12 novembre 2011, Fermeture indéterminée de la mine LAC : le Canada n’est plus producteur d’amiante http://www.cyberpresse.ca/le-soleil...

[10] Huffington Post, 1 novembre 2011, Asbestos Exports : Opposition Parties Call On Government To Ban The Sale Of Dangerous Substance Abroad [Exportations d’amiante : les partis d’opposition demande au gouvernement d’interdire la vente de produits dangereux à l’étranger] http://www.huffingtonpost.ca/2011/1...

[11] The Nation (Thaïlande), 12 avril 2011, Health commission to seek govt ban on asbestos use, products http://www.nationmultimedia.com/201...

[12] FIFTH INDIA-EU SEMINAR ON EMPLOYMENT AND SOCIAL POLICY “OCCUPATIONAL SAFETY AND HEALTH [5ème séminaire indo-européen sur l’emploi et la politique sociale de sécurité et santé au travail], document (en anglais) du ministère du travail indien http://www.labour.nic.in/lc/Backgro...

[13] La tribune, 27 septembre 2011 La croisade d’un homme d’affaires pour la relance de Mine Jeffrey ne porte pas fruits http://www.cyberpresse.ca/la-tribun...

[14] Asia Pacific Foundation of Canada, Asbestos regulations : Who is responsible ? [La réglementation de l’amiante : qui en est responsable ?] Forum en anglais et français http://www.asiapacific.ca/thenation...

[15] La tribune, 18 octobre 2011, Mine Jeffrey : l’OMS rabroue le promoteur Baljit Chadha http://www.cyberpresse.ca/ la-tribu...