Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » L’ANDEVA » Le Bulletin de l’Andeva » Numéro 32 (mars 2010)

Cherbourg

12 juillet 2010

- UNE IDEE DE L’ADEVA CHERBOURG
- Le 8 MARS DES VEUVES DE L’AMIANTE


UNE IDÉE DE L’ADEVA CHERBOURG

« Amiante : un devoir de mémoire »

L’association a lancé en mars une campagne d’information, qui vise un large public. Elle s’adresse aux salariés et aux employeurs, mais aussi aux élèves des lycées professionnels et à leurs professeurs.

Ce projet pédagogique inédit s’appuie sur la douloureuse expérience du scandale de l’amiante.
« L’important c’est que chaque salarié devienne l’acteur de sa santé. explique Didier Sayavera, président de l’Adeva Cherbourg, Il est capital de faire prendre conscience des risques au travail. Les victimes de l’amiante, regroupées dans leur association ont obtenu de nombreuses avancées grâce à leur solidarité et leur mobilisation. C’est notre expérience que nous tenons à partager aujourd’hui, pour aider à la prévention du risque amiante et de tous les risques professionnels. »

Un siècle de mensonges

L’initiative de l’Adeva Cherbourg est intéressante. Le rôle d’une association n’est pas seulement d’aider des victimes à faire valoir leurs droits. Il est aussi d’aider à préserver la santé des salariés au travail pour éviter de nouvelles maladies.

Une exposition itinérante, «  Un siècle de mensonges », 20 panneaux, des extraits d’une bande dessinée, « Amiante, chronique d’un crime social », une mallette pédagogique (DVD, documentation) proposée aux professeurs pour engager les débats.

Avec deux temps forts : la venue des veuves de Dunkerque et de Pierre Pluta pour la journée internationale des femmes et la projection du film de José Bourgarel,
« Amiante : 100 000 cercueils ».


LE 8 MARS DES VEUVES DE L’AMIANTE

Dans le cadre de la campagne sur le devoir de mémoire et à l’occasion du festival « Femmes dans la ville » eut lieu une rencontre entre les veuves de Dunkerque et celles de Cherbourg.

« Ce fut un débat passionné, très émouvant, raconte Pierre Pluta. Colette, Marjorie, Ginette et Chantal étaient venues de Dunkerque. Elles ont raconté leur combat contre l’oubli, pour la justice. »

« Nous étions 90 veuves, ajoute Colette. Rencontrer d’autres femmes dans le même cas que nous a été très instructif ».

Elles ont échangé sur leur vécu : la maladie de leur conjoint, la difficulté à reconstruire sa vie, l’importance d’obtenir réparation et justice dans le travail de deuil.

Depuis 2004, elles marchent autour du tribunal pour que la justice soit, un jour, rendue. Le 18 mars, ce sera leur vingtième marche.

« Elles souhaitaient faire partager à la salle et aux autres femmes l’importance de leurs actions collectives, explique Pierre ».

« Nous avons raconté notre lutte aux veuves de Cherbourg, dit Colette. Nous leur avons dit que nous nous retrouvions tous les mois autour d’un café, et que cela nous aidait beaucoup. C’était très symbolique pour nous que cette rencontre ait lieu pour la journée de la femme. Toutes les souffrances de ces femmes se ressemblent. C’est en luttant ensemble que nous obtiendrons justice ».


Article paru dans le bulletin de l’andeva n°32 (mars 2010)