Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Malversations dans le désamiantage du Clemenceau

13 juillet 2007

 

 

 


A N D E V A


Comité anti-amiante Jussieu

Communiqué de presse
13 juillet 2007

Voilà ce qui arrive quand l’Etat lui-même s’affranchit de la réglementation
en passant par des sociétés de droit panaméen ! Les associations
demandent que toutes les responsabilités soient établies

L’ANDEVA et le Comité Anti-Amiante Jussieu ne sont pas surpris par les derniers développements de l’affaire du Clemenceau, la mise en examen et la mise en détention des responsables des sociétés SDI et Technopure pour des escroqueries et autres malversations commises à l’occasion du « désamiantage » de l’ex-porte-avion effectué à Toulon. Les associations avaient dénoncé à l’époque aussi bien le montage de l’opération que les travaux qui avaient été faits dans des conditions rocambolesques, laissant une grande partie de l’amiante à bord.

Pour échapper à la réglementation française qui impose des conditions de sécurité très strictes aux opérations de désamiantage et ne pas avoir à en payer le coût, l’Etat français avait choisi de passer par l’intermédiaire d’une société de droit panaméen, SDI, créée spécialement pour cette opération et destinée à disparaître une fois celle-ci terminée. Cette société, faux-nez d’un des démolisseurs de bateaux habitués à faire effectuer ce travail dans les conditions que l’on connaît en Asie du Sud-Est, s’était alors entendue avec la société de désamiantage Technopure pour faire, avec l’aval de l’Etat, un vrai-faux désamiantage du Clemenceau.

Il n’y a pas lieu de s’étonner ensuite qu’un tel montage donne lieu à des malversations : elles étaient presque inscrites dans le contrat passé par l’Etat avec la société SDI !

L’ANDEVA et le Comité Anti-Amiante Jussieu se félicitent que des poursuites soient enfin engagées, mais elles demandent solennellement aux ministres de la défense et de la justice, que l’enquête soient étendue à l’ensemble de l’opération et que toutes les responsabilités soient mises en lumière : pas seulement celles de SDI et Technopure, mais aussi celles de ceux qui ont organisé le montage et couvert le déroulement des opérations, prétendant même qu’elles étaient
exemplaires.

Par ailleurs l’ANDEVA et le Comité Anti-Amiante Jussieu s’inquiètent des opérations futures de désamiantage et démantèlement du Clemenceau . Après le retour de la coque à Brest, le ministère de la défense avait pratiqué la transparence et les associations avaient été associées à l’élaboration du cahier des charges pour le repérage de l’amiante à bord et de l’appel à la concurrence pour les entreprises. Mais, depuis quelques mois, le couvercle s’est hermétiquement refermé et on peut
légitimement nourrir quelques inquiétudes sur les choix qui se font dans le secret et dont il ne semble pas, vu de l’extérieur, qu’ils répondent à des critères techniques objectifs.

Les associations demandent donc au ministère de la défense de revenir à une totale transparence qui, seule, peut garantir à la fois la bonne réalisation technique de l’opération , la sécurité des opérateurs
et la juste utilisation des fonds publics.