Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Malgré les avertissements et les mises en garde, le gouvernement canadien poursuit sa politique criminelle

24 septembre 2008

- Un poison bien sympathique
- Florilège de quelques actions récentes du
gouvernement canadien visant à perpétuer le commerce de l’amiante chrysotile

- Le Congrès du Travail canadien se prononce pour un bannissement progressif de l’amiante
- La Société canadienne du cancer réclame un plan d’action
- Les enjeux de la Conférence de Rotterdam : Les pays producteurs veulent à nouveau bloquer l’inscription de l’amiante chrysotile
sur la liste des produits dangereux.

- Les exportations d’amiante vers les pays les plus pauvres sont en pleine expansion
- Le Canada retarde la publication d’un rapport sur la toxicité de l’amiante chrysotile
- L’usage "sécuritaire" de l’amiante chrysotile : une dangereuse utopie !
- Appel au premier ministre Harper pour que cesse le blocage de la convention de Rotterdam


Un poison bien sympathique

Il y a un an, le Bulletin de l’Andeva publiait un dossier de Marc Hindry sur l’amiante au Canada. Il analysait la politique criminelle de ce pays, qui ne consomme pratiquement pas d’amiante, mais reste le premier exportateur mondial de ce poison, malgré le déclin de son industrie minière.

Il dénonçait, preuves à l’appui, le travail de désinformation des défenseurs de « l’usage sécuritaire du chrysotile » et le cynisme des pays producteurs, qui revendiquent, au nom de la liberté du commerce, le droit exorbitant d’exporter ce matériau mortifère sans informer les pays destinataires, à la convention de Rotterdam.

S’estimant diffamé, l’Institut canadien du chrysotile a engagé une poursuite judiciaire contre Marc Hindry et François Desriaux.

Le lobby des pro-amiante relève la tête.

A l’heure où les exportations d’amiante dans le monde progressent et se redistribuent, avec de nouveaux marchés en Russie, en Asie et en Amérique latine, l’enjeu de ce procès est important.


Florilège de quelques actions récentes du gouvernement canadien visant à perpétuer le commerce de l’amiante chrysotile

- 1996 : Suite à la publication du rapport INSERM « effets sur la santé des expositions à l’amiante », le gouvernement canadien commande un « contre-rapport » destiné à le discréditer. La tentative échoue : l’épidémiologiste choisi confirme la qualité de l’expertise et la validité des conclusions.

- 1998 : Le Canada porte plainte auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce contre l’interdiction de l’amiante en France pour entrave à la liberté du commerce. Il échoue : l’OMC reconnaît le droit à la France et à l’Europe de protéger la santé de leur population.
- 1998 : Intervention auprès du gouvernement chilien pour tenter d’empêcher l’interdiction de l’amiante. Il échoue.

- 2004 et 2006 : Par deux fois, le gouvernement canadien oppose avec succès son veto à l’inscription du chrysotile sur la liste des produits dangereux de la convention de Rotterdam.

- 2007 : Le gouvernement canadien soutient une demande auprès de l’Orga-nisation Mondiale de la Santé de réviser sa position concernant l’amiante chrysotile. Il a échoué pour l’instant.

- 2007 : Le gouvernement canadien intervient auprès du sénat américain pour l’empêcher d’adopter une loi interdisant l’amiante. La tentative échoue. Le Sénat prend la décision d’interdire l’amiante aux États-unis.

Prolonger, en parfaite connaissance de cause, l’utilisation d’un matériau mortifère, en revendiquant le droit de ne pas informer du danger les pays utilisateurs, c’est commettre un véritable crime contre la vie et la santé des peuples de la planète.


Le Congrès du Travail canadien se prononce pour un bannissement progressif de l’amiante

Réuni en mai 2008 à Toronto, le Congrès du travail canadien, qui regroupe trois millions de travailleurs a changé de position : il ne défend plus « l’utilisation sécuritaire de l’amiante » et se prononce pour l’élimination progressive de ce matériau, « le pire tueur industriel ».

Le CTC demande au gouvernement canadien d’interdire l’exportation d’amiante et de retirer son appui financier et politique à l’Institut du chrysotile.

Il demande que soient interdites l’exploitation minière, l’importation et l’exportation de l’amiante et que « les dangers de l’amiante soient identifiés de façon appropriée » dans la liste PIC de la Convention de Rotterdam.

Il demande des mesures de transition pour les communautés touchées, notamment en réaffectant les fonds consacrés à l’industrie et à l’Institut du chrysotile.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et celle des métallos ont critiqué cette prise de position. « Pourquoi s’acharner sur une fibre que nous maîtrisons alors que la population est exposée régulièrement à plus de 2800 substances potentiellement dangereuses, dont 835 sont cancérigènes ? », a dit Daniel Roy, responsable des Métallos.

De son côté, le député conservateur Christian Paradis a indiqué que l’utilisation de l’amiante chrysotile était « basée sur la science » et qu’elle serait poursuivie : « Ce n’est pas parce que le CTC dit quelque chose que pour nous ça va changer du jour au lendemain, quand bien même que cela représente beaucoup de travailleurs »...


La Société canadienne du cancer réclame un plan d’action

Le 11 juillet 2007, la Société canadienne du cancer demandait au gouvernement fédéral d’adopter un plan d’action sur l’amiante, incluant l’éventualité de l’élimination progressive de l’usage et de l’exportation de l’amiante.

« Pour éliminer les maladies liées à l’amiante, il faut cesser toute exposition à cette substance », a déclaré Barb Whylie, responsable de cet organisme.

Elle réclame une stratégie globale, avec plusieurs volets :

- information sur les risques et mesures de prévention pour les personnes exposées à un risque de contamination professionnelle ou environnementale ;

- mise en place d’un système de recensement et de suivi des maladies liées à l’amiante ;

- création d’un registre public des immeubles contenant de l’amiante ;

- « transition juste et équitable à l’égard des collectivités qui risquent d’être affectées par la transformation de l’industrie de l’amiante » ;

- Information des pays importateurs d’amiante extrait au Canada sur les risques pour la santé et pour l’environnement ;

- Recherche de produits de remplacement plus sûrs et extension de leur utilisation ;

- Information sur les traitements existants et recherche pour l’amélioration des traitements médicaux.

La société canadienne du cancer rappelle que « selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 125 millions de travailleurs sont exposés à l’amiante dans le monde, et au moins 90 000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l’amiante »

« Au Canada, 1 097 décès en milieu de travail ont été enregistrés en 2005 (selon les différentes commissions des accidents du travail au pays). » 

« Près du tiers de tous les décès en milieu de travail sont attribuables à l’amiante (selon le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail). »


Les enjeux de la Conférence de Rotterdam : Les pays producteurs veulent à nouveau bloquer l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux.

La convention de Rotterdam se réunit tous les deux ans pour mettre à jour la liste des produits dangereux (liste PIC). Elle se réunira à Rome en octobre.

L’inscription d’un produit sur cette liste n’est pas synonyme d’interdiction. La Convention impose simplement qu’aucun produit qui y figure sur la liste annexée ne puisse être exporté sans que le pays récepteur ait été dûment informé des dangers potentiels liés au produit et qu’il ait donné son consentement en connaissance de cause.

L’interdiction d’un produit par deux pays de régions différentes membres de la convention déclenche automatiquement une demande d’inscription sur la liste PIC. Les Parties doivent ensuite décider de l’inscription ou non du produit.

Cinq variétés d’amiante figurent sur la liste PIC (l’actinolite, l’anthophyllite, l’amosite, la crocidolite et la trémolite), mais le chrysotile, principale variété d’amiante, responsable de plusieurs centaines de milliers de décès, n’y figure toujours pas.

Par deux fois, en 2004 et en 2006, son inscription a été mise à l’ordre du jour de la conférence bisannuelle de la Convention de Rotterdam, qui réunit des représentant d’une centaine de pays.

Par deux fois, cette inscription s’est heurtée à un tir de barrage des pays producteurs (Chine, Russie, Canada), qui a réussi à la bloquer.

En 2006, L’Andeva et le Comité anti-amiante Jussieu ont dénoncé cette ignominie : « Qu’un produit tuant plus de 200 000 personnes par an, interdit dans une trentaine de pays, dont le Bureau International du Travail et l’Organisation Mondiale de la Santé recommandent le remplacement, ne puisse pas être inscrit dans la Convention de Rotterdam, est un véritable crime contre la santé et la vie des peuples de la planète. En légalisant la désinformation sur les risques d’un produit mortifère, elle tourne le dos aux objectifs proclamés de la Convention de Rotterdam. »

Les pays producteurs veulent rééditer ce blocage. Il faut les en empêcher.

Un appel international au premier ministre canadien a été lancé (voir en dernière page). Il a déjà recueilli de nombreuses signatures.


Les exportations d’amiante vers les pays les plus pauvres sont en pleine expansion

Privés de débouchés en Europe où l’amiante est interdit, les pays producteurs se sont tournés vers les pays où ce poison est encore autorisé, particulièrement en Asie (Chine, Inde, Indonésie).

Résultat : la consommation mondiale d’amiante chrysotile, qui était inférieure à 2 millions de tonnes il y a 5 ans, atteint aujourd’hui 2,3 millions de tonnes. La consommation annuelle de l’Inde atteint 300 000 tonnes. Elle a doublé en 5 ans.

L’amiante chrysotile vendu dans ces pays sert à fabriquer de l’amiante-ciment utilisé dans le BTP.

Au Canada, où deux mines d’amiante viennent de fermer, la société LAB Chrysotile annonce avoir écoulé 13 000 tonnes de minerai sur les marchés mondiaux. Un chiffre record, qui n’avait pas été atteint depuis quatre ans. Son vice-président annonce que la mine Lac d’amiante Canada fonctionne au maximum de ses capacités.


Le Canada retarde la publication d’un rapport sur la toxicité de l’amiante chrysotile

Le ministre de la Santé, Tony Clément, avait commandé l’an dernier un rapport sur les effets cancérogènes de l’amiante chrysotile

A la veille de la convention de Rotterdam, il pensait pouvoir l’utiliser pour justifier le refus du gouvernement fédéral canadien d’inscrire l’amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux.

Malheureusement pour lui, les auteurs de cette étude (facturée pour un montant de 100 000 dollars) ont fait savoir que ses conclusions justifient l’interdiction de la production et de l’utilisation d’amiante au Canada !

Le rapport est achevé depuis mars. Mais le gouvernement a mis un embargo sur sa diffusion. Le ministère de la Santé dit qu’il « sera rendu public une fois que le ministère aura examiné les résultats ».

En fait l’unique souci des autorités canadiennes est de protéger les intérêts des exportateurs d’amiante, quitte à sacrifier la santé des populations.


Le lobby des pro-amiante relève la tête : L’Institut canadien du Chrysotile poursuit deux responsables de l’Andeva en justice

François Desriaux, président de l’Andeva et Marc Hindry, administrateur de l’association ont été convoqués au Palais de Justice de Paris pour être mis en examen au mois de juillet.

L’Institut du chrysotile canadien a porté plainte pour diffamation, suite à la publication d’un dossier sur le Canada dans le numéro 24 du Bulletin de l’Andeva paru en septembre 2007.

Force est de constater que cette poursuite judiciaire intervient à la veille de la Convention de Rotterdam, où les pays producteurs d’amiante revendiqueront le droit d’exporter ce poison sans informer les pays destinataires.

Nous répondrons point par point le moment venu. Nous ne serons pas seuls. S’il s’agit d’une tentative d’intimidation, elle est vouée à l’échec.


L’usage "sécuritaire" de l’amiante chrysotile : une dangereuse utopie !

Les pro-chrysotile utilisent deux arguments essentiels pour justifier ce qu’ils appellent « l’usage sécuritaire » de l’amiante chrysotile.
A les en croire, il y aurait deux sortes d’amiante : la bonne (le chrysotile) et la mauvaise (les amphiboles). En fait, toutes les variétés d’amiante sont classées comme cancérogènes, aussi bien par le Centre international de Recherche sur le Cancer que par la réglementation européenne.

Le potentiel cancérogène de l’amosite semble effectivement plus élevé, mais l’utilisation d’amiante chrysotile a été si massive (94% l’amiante extrait et commercialisé dans le monde), notamment pour l’amiante-ciment, qu’aujourd’hui l’écrasante majorité des victimes de l’amiante sur la planète sont des victimes du chrysotile. L’interminable liste des malades et des morts d’Eternit devrait suffire à s’en convaincre.

Le second argument est la possibilité d’un « usage sécuritaire » du chrysotile. En utilisant ce terme (qu’ils se gardent bien de définir) ils laissent entendre que le chrysotile pourrait être extrait et manipulé avec précaution, sans conséquences néfastes pour la santé. Ils sont forts discrets sur l’ampleur des dégâts humains chez les travailleurs canadiens (un tiers des décès d’origine professionnelle recensés sont dus à l’amiante), mais aussi dans la population vivant à proximité des mines d’amiante.

Pour eux, ces morts renvoient à des conditions de travail passées, qui n’existent plus. Ils soutiennent qu’aujourd’hui il est devenu techniquement possible de produire et d’utiliser avec précaution ce matériau cancérogène, sans conséquences néfastes pour la santé.

Cet argument fait l’impasse sur deux évidences :

- La première est le risque dû à la dissémination : admettons un instant qu’il soit possible de contrôler l’extraction de l’amiante en protégeant les salariés, comme ils le prétendent. Le contrôle de son utilisation resterait une gageure : la mise sur le marché, par centaines de millions de tonnes et sous des milliers de formes différentes, d’un matériau qui se dégrade au fil du temps, tout en conservant ses propriétés cancérogènes, compromet les possibilité pratiques d’un tel contrôle.

La question posée n’est pas technique. Elle relève de l’éthique : a-t-on le droit, pour défendre l’emploi de quelques centaines de mineurs canadiens et les intérêts financiers d’une poignée d’industriels, de mettre en danger la santé et la vie de millions de personnes sur tous les continents et pour plusieurs générations ?

- La deuxième est la situation existant dans les pays importateurs.
Pour contrôler l’usage d’un matériau cancérogène, il faut en avoir les moyens et la volonté politique. Or, c’est vers des pays où la réglementation est déficiente, voire totalement absente que les producteurs ont réorienté leurs exportations, quand ils ont vu se fermer les marchés européens après l’interdiction de l’amiante.

Pour contrôler l’usage d’un matériau cancérogène, il faudrait aussi, au minimum, être informé du danger. Or le gouvernement canadien s’opposant à l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux de la Convention de Rotterdam.

La mauvaise foi des pro-chrysotile est évidente.


Appel au premier ministre Harper pour que cesse le blocage de la convention de Rotterdam

Le 22 août 2008 a marqué le sixième anniversaire de la ratification de la convention de Rotterdam par le Canada.

Ce qui aurait dû être un jour de fierté pour les Canadiens fut un jour de honte, en raison du sabotage persistant de la convention par le Canada.

Nous vous demandons instamment, ainsi qu’à votre gouvernement, de cesser de bloquer la convention de Rotterdam et de la laisser remplir sa tâche de protection de la vie humaine.

Comme vous le savez, la convention offre aux différents pays le droit légalement exécutoire d’être informé des produits chimiques et des pesticides dangereux, et de les refuser.

Ce droit fondamental est crucial pour protéger les gens et l’environnement, en particulier dans les pays pauvres où ces produits toxiques sont de plus en plus envoyés.

Nous constatons avec une profonde consternation le rôle destructeur que le Canada a joué en mettant son véto à la recommandation du corps d’experts scientifiques de la convention d’inclure l’amiante chrysotile dans la liste des produits dangereux, et ce malgré que le chrysotile remplisse tous les critères scientifiques et légaux de la convention et qu’il ait été banni par plus de quarante pays.
Si un produit aussi manifestement dangereux ne peut être inscrit dans la convention, qu’est-ce donc qui peut l’être ?

L’obstruction par le Canada, avec l’appui du Kirgistan, de l’Iran, de l’Inde, de l’Ukraine et du Pérou (cing pays parmi la centaine qui ont ratifié la convention), a amené le secrétariat de l’ONU à proposer comme option le démantèlement de la convention et la création d’une double norme qui exempte l’amiante canadien.

La création d’un tel système de deux poids, deux mesures, marquera la fin du droit d’être informé des produits chimiques et des pesticides dangereux et le Canada aura été le chef de file menant à cette disparition.

Cela ne correspond pas aux valeurs que le Canada défend dans le monde et ce serait une vilaine tache à sa réputation.

Dans quelques semaines, la recommandation du corps d’experts scientifiques d’inclure l’amiante chrysotile dans la liste des produits chimiques dangereux sera de nouveau mise de l’avant à la rencontre de la convention à Rome.

Si, encore une fois, le Canada fait de l’obstruction, la convention devra être démantelée.

En ce moment critique, nous vous demandons, en tant que premier ministre du Canada, de faire preuve d’un leadership responsable et de mettre fin au blocage de la convention par le Canada.

Nous vous demandons de maintenir l’engagement légal et moral du Canada envers le droit universel d’être informé au sujet des produits chimiques et des pesticides dangereux.

PREMIERS SIGNATAIRES :

- Dr J.C.A. Davies, Professor Emeritus, University of the Witwatersrand, Johannesburg. South Africa
- Dr Jim te Water Naude, Medical Manager and Specialist, Asbestos Relief Trust, South Africa
- Dr Richard A. Lemen, M.S.P.H., former Assistant Surgeon General, United States Public Health Service
- Dr T. K. Joshi, Director Occupational and Environmental Medicine Programme, Centre for Occupational and Environmental Health, New Delhi
- Meyer Brownstone, Professor Emeritus University of Toronto, Chair Emeritus Oxfam Canada
- Dr. Peter Infante, former Head of Standards for United States Occupational Safety and Health Administration
- Dr Domyung Paek, MD, MSc, ScD, Professor, Occupational and Environmental Medicine, School of Public Health, Seoul National University, Korea
- Dr Christer Hogstedt, M:D :, professor, Swedish National Institute of Public Health (ret’d)
- Prof. Ken Takahashi, Professor of Environmental Epidemiology, University of Occupational and Environmental Health, Japan
- Ana Digón, Chief of Chemical Risks Programme, Ministry of Health, Argentina
- Eduardo Rodriguez, Chief of Occupational Safety and Health Programme, Ministry of Health, Argentina
- Prof. Richard W. Clapp, D.Sc., MPH, Boston University School of Public Health
- Prof. Devra Davis, Director of the Center for Environmental Oncology, University of Pittsburgh Cancer Institute
- Professor Jock McCullough, School of Global Studies, RMIT University, Melbourne, Australia
- John Sutton, National Secretary, Construction, Forestry, Mining and Energy Union of Australia
- Prof. Harry Glasbeek, Professor Emeritus and Senior Scholar, Osgoode Hall Law School, York University
- Hon. Howard Pawley, Associate Professor Emeritus, University of Windsor and former premier of Manitoba
- Abou thiam, Pesticide Action Network Africa, Senegal
- Anabela Lemos, Director, JA ! Justica Ambiental, Mozambique
- Natalya Abdullaeva, Women for Sustainable Development, Uzbekistan
- Eva Delgado Rosas, Coordinadora, Asociacion Frente al Asbesto, Perú
- Linda Reinstein, Executive Director and Cofounder, Asbestos Disease Awareness Organization
- Professor Igor Hadjamberdiev, Toxic Action network Central Asia, Kyrgyzstan
- Professor Ibragim Damulojanov, Toxic Action network Central Asia, Uzbekistan
- Professor Aiman Najmetdinova, Toxic Action network Central Asia, Kazakhstan
- Professor Muzofar Isobaev, Toxic Action network Central Asia, Tajikistan
- Alexey Zimenko, Biodiversity Conservation Center, Russia
- Robert Tumwesigye Baganda, Coordinator, Pro-Biodiversity Conservationists, Uganda
- Ram Charitra Sah, Executive Director, Center for Public Health and environment Development, Nepal
- Sonia S. Mendoza, Chairman, Mother Earth Foundation – Philippines
- José Dinis, General Secretary, Trades Union International of Workers in the Building, Wood and Building Materials Industries, Helsinki, Finland
- Geoffrey Tweedale, Manchester Metropolitan University Business School, UK
- Prof. Islam Mustafaev, Prof of Chemistry, Chairman, Ecological Society Ruzgar, Azerbaijan
- Maria Gil-Beroes, Fundacion Aguaclara, Venezuela
- Ebeh A. Kodjo, Executive Coordinator, National Consumers & Environmental Alliance, Togo
- Vladimir Garaba, Chisinau, Environmental Movement from Moldova
- Dr Romeo F. Quijano, M.D., Professor, Dept. of Pharmacology andToxicology, College of Medicine, University of the Philippines, Manila

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(victime, syndicaliste, médecin, scientifique...)
à Kathleen Ruff : 
kruff@bulkley.net


Articles parus dans le Bulletin de l’Andeva N° 27 (septembre 2008)