Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Lettre de Chantal, veuve de l’amiante, à Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Sous couvert de M. Borius Jean-Régis Sous-préfet de Dunkerque

13 septembre 2009

Monsieur le Président,

Mon mari, Sylvain, a travaillé comme mécanicien durant plus de quarante ans dans la sidérurgie à Dunkerque pour Arcelor Mittal.

Il n’a pas eu le temps de bénéficier de sa retraite, il est mort à 54 ans d’un mésothéliome fulgurant : 8 mois de ce cancer spécifique de l’amiante dans d’atroces souffrances physiques et morales ; oxygène en permanence au domicile familial transformé en service de réanimation.

Un quotidien insupportable pour la famille, les enfants et les petits-enfants. Rien ne sera plus jamais comme avant.

Ce crime social ne connaît ni coupable ni responsable pénalement.

En 2004, nous étions 140 veuves à l’ARDEVA pour la première marche des veuves et des victimes qui demandions un procès pénal de l’amiante. Aujourd’hui, nous sommes plus de 400 veuves et vous annonciez le 6 janvier 2009 à l’occasion de la rentrée solennelle de la cour de cassation : il est temps que le juge d’instruction cède la place à un juge de l’instruction qui contrôlera les enquêtes mais ne les dirigera plus.

En fait, ce sont ceux qui ont le pouvoir qui feront qu’une enquête aboutisse ou non ! Je suis révoltée par cette perspective car nous savons que les responsables de cette catastrophe sanitaire et leurs amis du lobby de l’amiante feront tout pour empêcher ce procès pénal.

Nous voulons que la justice passe et ne trépasse pas.

Je le veux ce procès pénal pour la mémoire de mon mari comme vous l’ont également écrit Mme veuve Marjorie ………………. le 14 avril 2009 et Mme veuve Annie ………… le 13 mai 2009 ; lettres restées sans réponse à ce jour, aucun soutien ni réconfort de votre part ni de celle de votre prédécesseur.

Non, Monsieur le Président, ni coupable ni responsable ne sera pas la loi des empoisonneurs !

Je me suis déplacée le 6 juin 2009 à Turin avec d’autres veuves pour l’ouverture du procès pénal de l’amiante contre Etemit. Pourquoi ce qui est possible en Italie ne le serait pas en France ?

Ce jour, 20 juin 2009, pour cette marche nationale des veuves et des victimes de l’amiante à Dunkerque, dans mon pays, j’exige ce procès pénal qui ne doit pas nous être confisqué par vos propositions de réforme. Ces empoisonneurs ont fait mourir nos, maris, brisés nos vies et celles de nos enfants !

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

Chantal