Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » Dossiers » Maladies professionnelles

Les maladies provoquées par l’amiante

2 décembre 2006

- les fiboses
- les cancers
- les pleurésies asbestosiques


Les fibroses

Elles sont dues à une réaction de défense de l’organisme contre l’amiante par formation de fibres de collagène au sein des organes atteints, fibres qui apparaissent par ailleurs dans tous les phénomènes de cicatrisation. La formation de ce tissu fibreux entraîne des conséquences négatives en rigidifiant les bronches, les plèvres, les alvéoles pulmonaires et le tissu pulmonaire dans les interstices entre les alvéoles. L’envahissement des poumons par ce tissu fibreux ralentit les échanges gazeux, d’où un déficit en oxygène et, à la clef, des conséquences au plan cardiaque. De plus ces zones fibreuses ont tendance àfixer le calcium, ce qui les rend encore plus rigides et plus imperméables aux échanges gazeux.

- Quand la fibrose atteint la plèvre externe, on parle de plaques pleurales. Ce sont les manifestations de fibroses les plus aisées à repérer en radiographie. Rappelons que les plèvres sont deux enveloppes superposées des lobes pulponaires, enveloppes qui glissent l’une sur l’autre. Quand c’est la plèvre interne (viscérale) qui est touchée, on parle d’épaississements pleuraux, souvent diffus, moins strictement localisés que les plaques pleurales. Ces épaississements pleuraux sont souvent accompagnés d’atteintes pulmonaires (appelées "bandes parenchymateuses" et "atélectasies par enroulement").

Ces atteintes des plèvres - surtout les secondes - peuvent entraîner des douleurs thoraciques. Elles relèvent de la partie B du tableau 30 de maladies professionnelles.

- Quand la fibrose due à l’amiante atteint le poumon, ce qui est fréquent mais beaucoup plus difficile à déceler, on parle d’asbestose ( tableau 30 partie A ). Des médecins parlent d’asbestose à propos de fibrose des plèvres, ce qui est une erreur gênante bien que compréhensible et assez fréquente. Cette fibrose du parenchyme pulmonaire, c’est-à-dire des poumons est souvent qualifiée de syndrome intersticiel ou diffus, parce que le tissu fibreux est réparti de façon diffuse dans les interstices entre les alvéoles, d’où la difficulté de le repérer par les techniques radiographiques. L’asbestose entraîne une insuffisance respiratoire, plus ou moins sévère, avec essoufflement rapide à l’effort et même au repos chez les personnes les plus gravement atteintes.

- Le troisième type de fibrose à considérer - généralement mal pris en compte lors du processus de réparation - est la fibrose péribronchiolaire qui rigidifie les petites bronches, les rendant plus fragiles aux polluants et aux infections. Cette atteinte se traduit souvent par une toux plus ou moins chronique (bronchorrée chronique).

Ces atteintes par fibrose sont irréversibles, indestructibles et irréductibles aux soins. On peut soigner les complications et atténuer les conséquences ; on ne peut se débarrasser de la fibrose.

Selon la quantité d’amiante inhalé, accumulé dans les poumons, la maladie est évolutive ou tend à se stabiliser. Pour les expositions très fortes, une évolution pouvant être fatale peut survenir en quelques années. Pour les expositions faibles à moyennes, ce qui est le cas le plus fréquent aujourd’hui, les fibroses sont décelées de 10 à 40 ans après la première exposition, en fonction de la dose accumulée dans les poumons.

Les cancers

Deux types de cancers rattachés à une exposition antérieure à l’amiante sont inscrits dans les tableaux :

- Le plus fréquent est le cancer broncho-pulmonaire, identique à celui du gros fumeur. Il peut apparaître de 10 à 40 ans après la première exposition. Il esxiste des traitements, mais un diagnostic trop tardif peut entraîner le décès à plus ou moins court terme. Ce cancer est inscrit dans le tableau 30 (partie C) et le tableau 30 bis. Dans le premier il doit être accompatgné d’une fibrose, et non dans le second. Les signes annonciateurs sont souvent la toux et l’amaigrissement.

- Le second des cancers en fréquence est le mésothéliome, qui, à la différence du précédent est spécifiquement dû à une exposition à l’amiante, même faible, en moyenne 35 à 40 ans auparavant. Ce cancer touche soit les plèvres, soit le péritoine (enveloppe des intestins), soit le péricarde (enveloppe du coeur). C’est un cancer très grave, difficile à soigner, qui apparaît parties D et E du tableau 30, sans qu’il y ait de justification scientifique à cette séparation. Le tabac ne joue aucun rôle causal dans le mésothéliome.

- Deux autres types de cancers doivent être retenus, bien que non inscrits dans les tableaux ; les cas pouvant cependant être soumis au système complémentaire de réparation (commission régionale de réparation des maladies professionnelles ou CRRMP).
- * Le cancer colo-rectal, qui apparaît avec une fréquence anormalement élevée chez les ouvriers de l’industrie de l’amiante,
- * le cancer du larynx, déjà reconnu en Allemagne comme pouvant être dû à une exposition à l’amiante.

Ces cancers devraient être reconnus comme cancers professionnels, en particulier lorsqu’ils sont accompagnés d’une fibrose asbestosique pleurale ou pulmonaire.

Les pleurésies asbestosiques

Elles s’accompagnent d’un épanchement de liquide entre les deux feuillets des plèvres. Elles peuvent être non récidivantes, ou récidivantes, ou encore être le signe annonciateur d’un mésothéliome, d’où la nécessité de les prendre très au sérieux.


DOCUMENTS :
- Guide de la réparation des maladies professionnelles dans le régime général
- Petit lexique des termes médicaux