Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Le discours de Pierre Pluta devant le pôle de santé publique.

16 octobre 2009

Les premières plaintes pénales du dossier de l’amiante ont été déposées en 1996.

Durant environ 10 ans, aucun procureur de la République n’a levé le petit doigt pour faire bouger les choses, aucun procureur n’a eu le courage d’ouvrir spontanément une information judiciaire malgré le chiffre effarant du nombre de victimes. Personne n’ignore qu’en France, l’amiante, c’est 10 morts chaque jour, 3 à 5000 morts par an, et que 100 000 morts sont programmées dans les deux prochaines décennies.
Il ne s’agit pas de mort naturelle mais d’empoisonnement

Il a fallu la formidable mobilisation des veuves et des victimes de l’ANDEVA, qui ont tourné toutes les trois semaines durant plus d’un an autour du Palais de justice de Dunkerque pour qu’enfin les dossiers qui étaient plongés dans un sommeil très lourd au plus profond des tiroirs des tribunaux soient transmis aux juges d’instruction indépendants du pôle de santé publique.

C’est à partir de ce moment qu’une véritable instruction à commencé. Ces juges ont fait un travail remarquable, mais vu l’ampleur du dossier à traiter et l’insuffisance des moyens mis à leur disposition, confirmé par l’OCLAESP, la fin de l’instruction est située vers 2014, c’est-à-dire peut-être un début de procès environ 20 ans après le dépôt des premières plaintes.

Durant ces 20 ans, environ 80 000 victimes seront décédées, combien d’entre nous seront encore là pour assister au procès ?

Le président de la République, qui semble disposer de dons surnaturels, a prédit en janvier dernier que le rapport Léger qui lui a été remis le 03 septembre se prononcerait pour la suppression du juge d’instruction.

L’adoption de ce rapport signerait la mort certaine de l’indépendance de l’instruction, une atteinte aux libertés individuelles et aux droits des victimes, une mise en cause des fondements de notre démocratie.

Ce serait de toute évidence un moyen d’enterrer les dossiers jugés politiquement trop sensibles et gênants pour le pouvoir, à commencer par celui de l’amiante. La justice doit passer et non pas classer.

Ce cercueil qui est porté très haut et que nous, victimes de l’amiante, côtoyons journellement, est aussi aujourd’hui le symbole de la justice que le pouvoir veut enterrer.

Que l’on ne s’y trompe pas, nous sommes et seront là pour dire haut et fort que nous ne laisserons pas faire. On ne remplacera pas la justice par l’injustice, on ne nous volera pas le procès de l’amiante.

Afin de manifester dignement mais fermement cette volonté, je vous invite à observer une minute de silence.

Paris, le 10 octobre 2009