Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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LE TÉMOIGNAGE DE JOSÉ : « On m’a fait une double greffe des poumons »

18 mai 2018
Auteur(e) : 

« Je m’appelle José Ramos. J’ai 63 ans. J’ai été exposé à l’amiante dans l’usine Manoir Industrie de Bourges, dans le Cher.

L’entreprise travaillait pour l’industrie ferroviaire et l’aéronautique. Je travaillais au meulage et au tronçonnage.

Je suis atteint d’une asbestose qui a été reconnue en maladie professionnelle.
Je sui tombé malade en 2013. Je me sentais fatigué, essoufflé. Mon dernier employeur était une entreprise de peintures. Le médecin du travail m’a conseillé de passer des examens.

Je suis d’abord allé chez un pneumologue à Bourges, qui m’a dit qu’il n’y avait rien a faire et m’a proposé. de faire une surveillance tous les six mois.

Les résultats de mes explorations fonctionnelles respiratoires étaient mauvais. J’ai du passer à l’oxygénothérapie, d’abord à la demande, lorsque j’en avais besoin, puis en permanence, le jour comme la nuit.

Le médecin traitant m’a envoyé consulter le Professeur Diot à Tours. Il a examiné mon dossier et m’a conseillé d’aller à Paris pour voir s’il était possible de faire une greffe.

En septembre 2016, je suis doc allé à l’hôpital Bichat en août 2016. Ils m’ont fait passer une batterie d’examens, puis m’ont inscrit sur une liste d’attente pour la greffe.

L’attente a duré 5 ou 6 mois. Elle a été éprouvante. Et puis j’ai été averti qu’il y avait un donneur. J’ai été opéré. L’intervention chirurgicale a duré six heures et demie. J’ai recommencé à marcher une quinzaine de jours après. Ils m’ont gardé 5 semaines.
Si j’ai pu bénéficier d’une greffe, c’est sans doute parce que mon état général était bon et que je n’avais pas de diabète.

L’opération a eu lieu, il y quatre mois. Je sais que je devrai suivre un traitement anti-rejet à vie avec des prises de médicaments à heures fixes et des bilans sanguins.

Mais j’ai la joie d’avoir retrouvé une condition physique presque équivalente à celle que j’avais avant la maladie. Je dois éviter des efforts trop importants. Mais je peux faire du jardinage. Hier j’ai planté des tomates et passé le motoculteur.

Ma femme et moi, nous sommes tous les deux en retraite. Nous espérons bien en profiter encore un bon moment. »


Article tiré du Bulletin de l’Andeva N°57 (mai 2018)