Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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International - Brésil : Les procès mettent sous pression les marchands d’amiante

21 septembre 2015
Auteur(e) : 

Au Brésil (troisième producteur et troisième
exportateur mondial d’amiante),
Eternit Brasil règne sur la production
et le commerce de l’amiante-ciment,
depuis que Brasilit (Saint-Gobain) a
abandonné cette activité. Les procédures
opposées auprès du Suprême
Tribunal Fédéral (STF) pour faire déclarer
inconstitutionnel soit l’usage de
l’amiante, soit les lois régionales d’interdiction
de l’amiante sont toujours
enlisées. Mais la question des dangers
de l’amiante y est prise de plus en plus
au sérieux par la justice.

Indemnisations exemplaires

D’importantes indemnisations
ont été récemment
accordées par des tribunaux
pour le préjudice moral
de victimes de l’amiante
dans l’état de São Paulo :

- à São Paulo, 300 000
reais (= 80 000 euros) à un
employé d’Eternit atteint
d’asbestose grave ;

- à Capivari, la même
somme à un employé de
Brasilit atteint d’un cancer
du poumon ;

- à São Paulo, 100 000
reais (= 27 000 euros) à un
employé de Brasilit atteint
de plaques pleurales.

Les juges n’acceptent plus
les arguments nauséabonds
remettant en cause
la réalité des maladies ou
invoquant la prescription.

Ils ont déclaré nul l’accord
« à l’amiable » léonin que
Brasilit a fait signer à ses
employés donnant droit
au paiement des soins et
à 5000 réais (environ 1300
euros) pour la victime d’un
cancer ! (Eternit promeut
des « accords » similaires).

Ces jugements créent
une pression sans précédent
sur les marchands
d’amiante et sur le futur de
l’amiante au Brésil.

Entreprises condamnées

Plusieurs entreprises ont
été condamnées pour non
respect de la législation
hygiène et sécurité.

- À Joaçaba, dans l’état de
Santa Catarina (qui n’a pas
encore interdit l’amiante),
l’entreprise de matériaux
de construction Dal Mas &
Amaral Ltda a été condamnée
pour non respect des
règles d’hygiène et sécurité,
notamment le suivi médical
des employés ;

- dans l’état de São Paulo
(où l’amiante est interdit)
l’entreprise de transport
Rápido 900 a été condamnée
à une amende d’un million
de reais (270 000 euros)
et interdite de transport
d’amiante ou de matériaux
en contenant.

l’institut brésilien du chrysotile

Eternit finance depuis des
années le « Instituto Brasileiro
do Crisotila » (IBC)
créé sur le modèle et avec
l’aide de l’« Institut du chrysotile
 » canadien.

Ce dernier a fermé ses
portes en 2012, mais l’institut
brésilien continue sa
propagande et sa corruption.

Des escrocs attitrés de
l’institut canadien ont été invités
à témoigner devant le
Suprême Tribunal Fédéral
en août 2012, notamment
David Bernstein, Jacques
Dunnigan et Thomas Hesterberg.

Autre invité spécial,
le docteur Evgeniy
Kovalevskiy, grand défenseur
de l’amiante russe, à la
Convention de Rotterdam,
en mai 2015, à Genève.

Combien de temps encore ?

La question qui reste
en suspens est la suivante
 : combien de temps
Eternit Brasil va-t-il réussir
à gagner pour continuer
à vendre de l’amiante et
tuer des milliers de brésiliens
 ?


L’AMIANTE INTERDIT DANS UN SEPTIÈME ÉTAT DU BRÉSIL

Récemment l’état d’Amazonas a interdit l’amiante,
comme l’avaient déjà fait 6 autres états (São
Paulo, Mato Grosso, Rio Grande do Sul, Rio de
Janeiro, Pernambuco et Minas Gerais).

À noter que l’interdiction votée par le Mato Grosso
do Sul a été révoquée, en 2003, par le Suprême
Tribunal Fédéral (STF) et qu’une loi d’interdiction
de l’amiante a été approuvée par plusieurs instances
dans l’état de Santa Catarina mais pas
encore par le gouverneur.


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°49 (septembre 2015)