Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Infos internationales

26 janvier 2018

- CANADA : Le calendrier de l’interdiction
- MOLDAVIE : Interdiction en 2019
- ZIMBABWE : Deux mines d’amiante vont-elles rouvrir ?
- ESPAGNE : Les riverains d’Uralita indemnisés
- ROYAUME UNI : Une victoire historique devant la Haute Cour
- EUROPE : Le véritable coût des cancers professionnels
- ROYAUME UNI : Certains nanotubes de carbone auraient des effets cancérogènes analogues à ceux de l’amiante


CANADA : Le calendrier de l’interdiction

Le gouvernement fédéral a présenté le 5 janvier de nouvelles directives interdisant l’utilisation, la vente, l’importation et l’exportation d’amiante ainsi que des produits qui en contiennent.Elles ont été publiées dans la Gazette officielle. Les stocks de produits contenant de l’amiante ne pourront être vendus et devront être détruits.


MOLDAVIE :
Interdiction en 2019

Le 27 novembre, Svetlana Bolokan, responsable de la gestion des déchets et des produits chimiques, a annoncé à la presse que la vente et l’importation de matériaux contenant de l’amiante chrysotile seraient interdites en 2019.


ZIMBABWE :
Deux mines d’amiante vont-elles rouvrir ?

Shabanie et Mashava, deux mines d’amiante au sud du pays ont fermé il y a une dizaine d’années. Le gouvernement a annoncé une reprise d’activité, grâce à un prêt de 100 millions de dollars octroyé par la société chinoise XCMG pour acheter du matériel et opérer une recapitalisation.


ESPAGNE :
Les riverains d’Uralita indemnisés

Un tribunal de Madrid a condamné Uralita à verser deux millions d’euros à 39 victimes environnementales contaminées par les poussières que l’usine de Cerdagnyola répandait sur le voisinage et qui imprégnaient les bleus que lavaient les épouses des ouvriers.

Les juges reprochent à l’employeur de ne pas avoir contrôlé son activité industrielle en empêchant les fibres d’amiante de sortir de l’usine.

Une belle victoire pour les victimes et les familles défendues par le collectif d’avocats Col·lectiu Ronda.

Le jugement est susceptible d’appel.


ROYAUME UNI :
Une victoire historique devant la Haute Cour

Un litige opposait la société Cape Distribution limited à ses assureurs, qui refusaient de payer la totalité des indemnités à des familles de salariés décédés d’un mésothéliome. Comme Latty et Eternit en France, ils demandaient que les pouvoirs publics soient, eux aussi, mis à contribution .

Des milliers de documents que les juges avaient enjoint Cape de communiquer ont démontré que la so­ciété en savait bien plus qu’elle ne voulait le dire sur les dangers des fibres d’amiante.

A l’issue du procès, Cape et ses assureurs avaient conclu un accord confidentiel prévoyant la destruction de ces documents.

L’ayant appris, l’avocat des victimes a demandé à la Haute Cour de pouvoir conserver ces documents « restés cachés depuis trop longtemps ».

Le 5 décembre elle a fait droit à sa demande, considérant que la transmission de ces documents était conforme à l’intérêt général, pour aider les victimes à faire valoir leurs droits et pour évaluer le rôle de Cape dans la plus grande catastrophe industrielle que le pays ait connue. 


EUROPE :
Le véritable coût des cancers professionnels

Le 14 novembre à Bruxelles, l’Institut syndical européen (ETUI) a présenté une étude sur le coût des cancers liés au travail dans l’U.E.

La facture est lourde : entre 270 et 610 milliards d’euros par an, soit de 1,8 % à 4,1 % du produit intérieur brut de toute l’U.E. !

Ce chiffrage prend tous les coûts en compte : les coûts directs pour les systèmes de santé (traitements médicaux), mais aussi les coûts indirects pour les employeurs (pertes financières dues à l’arrêt de l’activité) ainsi que pour les victimes et les familles (coût humain, impact sur la qualité de vie).


ROYAUME UNI :
Certains nanotubes de carbone auraient des effets cancérogènes analogues à ceux de l’amiante

Le Professeur Marion MacFarlane de l’unité de toxicologie du MRC (Conseil de la recherche médicale britannique), située à Leicester, a publié une étude[1] sur la toxicité de certains nanotubes de carbone.

En expérimentation animale ces nanotubes de carbone ont été introduits dans la cavité pleurale de souris où ils ont provoqué l’apparition et la progression de lésions inflammatoires puis de tumeurs dans la plèvre, là où se développe le mésothéliome chez les humains.

L’étude a montré que le danger provenait surtout des nanotubes de carbone longs et minces dont les dimensions et la structure sont proches de celles des fibres d’amiante. En revanche, les nanotubes plus épais ou plus courts ont été identifiés par le système immunitaire et éliminés par les macrophages.

L’utilisation de nanotubes de carbone est en plein essor dans divers secteurs industriels, tels que l’électronique ou l’aéronautique en raison de leurs propriétés exceptionnelles (légèreté et résistance).

Au vu des résultats de cette étude récente, l’utilisation industrielle de nanotubes de carbone longs et fins devrait être proscrite

[1] Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue scientifique Current Biology.


PAKISTAN
Des syndicats demandent l’interdiction

Lors d’un séminaire intitulé « Amiante : un minéral dangereux » organisé en janvier 2018 à Karachi par la Fédération nationale des syndicats pakistanais, une motion exigeant l’interdiction immédiate de l’utilisation de l’amiante « qui met des vies humaines en danger » dans les industries a été adoptée.

L’amiante utilisé au Pakistan provient surtout des mines de Khyber Pakhtunkhwa.

Il est utilisé dans la construction, les tuyaux, les chaudières, les produits ignifugés, le textile, la décoration en plâtre, l’automobile et l’aviation.


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°56 (janvier 2018)