Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Eternit Vitry-en-Charollais

13 avril 2011

- Les raisons de la colère
- Le PDG de la SNCF "accroché" par Allo Amiante


ETERNIT VITRY-EN-CHAROLLAIS

LES RAISONS DE LA COLÈRE

Le projet d’installer une décharge de 41 000 tonnes d’amiante sur le site et la menace de licenciement du secrétaire de CHSCT ont été vécues comme une double provocation.

L’amiante a causé une hécatombe chez les salariés d’Eternit, maintes fois condamnée pour faute inexcusable de l’employeur. L’idée de faire revenir l’amiante par dizaines de milliers de tonnes sur le site où il a déjà brisé tant de vies a été ressentie comme une provocation et une insulte. Ce projet a été présenté aux trois maires concernés, qui n’ont informé ni leurs administrés ni leurs élus.
Le Préfet a signé l’autorisation de cette décharge le 20 décembre 2010, veille de son départ du département, sans débat ni étude des dangers pour la population et l’environnement. Les autorités et la direction de l’usine assurent que les déchets amiantés seront « inertes », et sans aucun danger.

« Qu’on enfouisse l’amiante ici ou ailleurs, pour les morts ce sera la même chose », a même osé dire avec délicatesse la responsable de « l’audit social » !
Au même moment, Olivier Melot, le secrétaire CGT du Comité d’Hygiène, de la Sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est menacé de licenciement. Tout un symbole !
La réaction des salariés ne s’est pas fait attendre. La grève dure depuis plus d’un mois : contre la décharge, contre le licenciement d’Olivier et pour l’augmentations des salaires. On n’avait pas vu un tel mouvement depuis mai 68.
Deux recours au tribunal administratif ont été déposés par un riverain et par le Caper Bourgogne. A la quatrième semaine de grève, Jean-François Borde, président du Caper Bourgogne annonça 2 nouveaux décès : il y a maintenant 106 morts de l’amiante chez Eternit à Vitry. A l’appel du syndicat CGT et du Caper un rassemblement s’est tenu devant l’usine le 18 mars.


LE PDG DE LA SNCF « ACCROCHÉ » PAR L’ASSOCIATION ALLO AMIANTE

« Monsieur le Président, je vous remets ce dossier au nom de toutes les victimes »

Le 18 novembre 2010, le Président de la SNCF réunissait les cadres au cinéma « Le Français » à Bordeaux. 250 cheminots actifs et retraités sont venus dire leur opposition à la politique actuelle de l’entreprise.

Allo amiante a profité de l’occasion pour rappeler que le problème de l’amiante « n’est pas derrière nous » et remettre à Monsieur Pépy un courrier sur les difficultés rencontrées par les victimes cheminotes lors du traitement de leur dossier par la caisse de prévoyance et de retraite de la SNCF (la CPR). Une intervention auprès du directeur de la caisse avait eu lieu le mois précédent.

Ces interventions ont obtenu de premiers résultats : le directeur de la CPR a annoncé que les scanners seraient systématiquement intégrés dans le protocole de suivi post-professionnel, en supprimant l’attente préalable. Si cela se concrétise, ce sera une avancée importante .

Il a annoncé qu’il n’y aurait plus de retard dans la régularisation des majorations de rente pour les veuves qui atteignent 55 ans.
De son côté le Président de la SNCF affirme qu’il était attaché à la prévention. Il a annoncé que l’amiante friable serait systématiquement retiré, mais qu’il restait opposé à l’inscription de bâtiments SNCF sur des listes ouvrant droit à la C3A (l’équivalent de l’Acaata pour les cheminots)
Le dixième échelon n’était pas pris en compte pour les cheminots qui partaient en C3A quand leur maladie professionnelle était reconnue.
Certains technicentres leur refusaient même la médaille du travail ! Il a dit que ces anomalies seraient corrigées.


Article paru dans le bulletin de l’Andeva n°35 (avril 2011)