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Désamiantage : un document confidentiel de l’INRS révèle une situation de « danger grave et imminent »

23 juin 2015

Vincennes, le 23 juin 2015

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Désamiantage : un document confidentiel de l’INRS révèle une situation de « danger grave et imminent »

L’Andeva a pris connaissance d’un rapport classé « confidentiel » de l’Institut national de recherche et de Sécurité (INRS) qui révèle d’énormes concentrations de fibres d’amiante dans les chantiers de retrait de plâtres amiantés. Les mesures ont été faites dans la zone de travail et à l’intérieur des masques des opérateurs. Ce rapport a été transmis au ministère du Travail qui n’a pas réagi. L’Andeva demande des mesures d’urgence.
Dans une semaine, le 1er juillet 2015, la valeur limite d’exposition professionnelle passera de 100 fibres à 10 fibres d’amiante par litre d’air. Cette situation nouvelle oblige à réévaluer le niveau de protection de l’ensemble des masques pour garantir la sécurité des opérateurs.

1) PLATRES AMIANTÉS : DES EMPOUSSIEREMENTS MASSIFS

Le rapport de l’INRS précise que des mesures d’empoussièrement ont été réalisées à toutes les phases du retrait au burin d’un enduit de plâtre amianté de type « progypsol » : burinage, récupération des déchets, arrosage, nettoyage. Ces mesures ont réalisées en microscopie électronique (META) non seulement dans la zone de travail mais aussi à l’intérieur du masque des trois opérateurs.

Ils étaient équipés d’une combinaison à adduction d’air comprimé respirable dont l’ajustement avait été préalablement vérifié ; le burinage s’est fait avec une projection d’eau continue sur le matériau ; aucun dysfonctionnement n’a été constaté dans la mise en dépression dans la zone de travail.

Et pourtant ces opérations ont généré « des empoussièrements supérieurs à la valeur réglementaire de 25 000 fibres par litre dans 50% des cas. Les prélèvements à l’intérieur des masques respiratoires indiquent également des valeurs élevées, pour certaines supérieures à 100 fibres par litre. »

Il y a donc un danger grave et imminent pour les salariés qui retirent certaines variétés de plâtres amiantés qu’il n’est pas possible d’humidifier « à cœur » : ils peuvent se croire protégés, alors que l’efficacité de leur équipement individuel n’est plus garantie.

Ces résultats confirment ceux d’une précédente campagne de mesures de l’INRS publiés en 2011, qui avaient déjà mis en évidence la gravité des problèmes posés par le retrait de certains revêtements de progypsol.

L’Andeva s’étonne que ces résultats soient considérés comme des « données confidentielles » et demande qu’ils soient rendus publics. Il n’est pas possible d’accepter que des salariés soient exposés à des empoussièrement dépassant la valeur limite d’exposition. Il est urgent de d’étudier pour ce type de matériau des modes opératoires réduisant l’empoussièrement et éloignant l’opérateur de la source d’émission des fibres d’amiante.

Dans l’attente de la validation de ces techniques, les interventions sur les plâtres amiantés de ce type doivent être repensées en application du principe de précaution maximum : par l’utilisation de combinaison à adduction d’air et à pression positive pour les opérations de retrait, par l’encapsulage notamment pour de petites surfaces inaccessibles, voire par le choix de différer temporairement certains travaux si toutes les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

2) VERIFIER L’EFFICACITE DES MASQUES

Au premier juillet 2015, en application d’un décret du 4 mai 2012, la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) baissera de 100 à 10 fibres d’amiante par litre d’air.

Cette situation nouvelle impose de réévaluer le facteur de protection de tous les masques afin de s’assurer qu’il est suffisant pour garantir que la limite des 10 fibres d’amiante par litre d’air ne sera pas dépassée.

Le Ministère du travail a annoncé que les trois niveaux d’empoussièrement réglementaires qui déterminent le choix des protections individuelles seraient maintenus en l’état, de manière transitoire, jusqu’à fin 2015, dans l’attente des résultats complets des mesures de l’INRS.

La réévaluation de ces trois niveaux est, elle aussi, une nécessité incontournable.

L’Andeva demande que parallèlement aux mesures d’empoussièrement réalisées dans l’espace de travail et à l’intérieur des masques soient élaborés des référentiels permettant d’optimiser les modes opératoires et de réduire au maximum les expositions dans les principaux processus de travail.

La sécurisation des chantiers de désamiantage est une bataille de longue haleine qui doit être abordée dans toutes ses dimensions : qualité des repérages, accessibilité des dossiers technique amiante, formation des opérateurs, moyens de contrôle, sanctions des infractions, gestion des déchets…

Il y a un an, le Comité de suivi « amiante » du Sénat, avait émis 28 préconisations pour « faire de la prévention du risque amiante une grande cause nationale ».

L’Andeva demande la tenue d’une table ronde réunissant pouvoirs publics, professionnels, organisations syndicales et associations de victimes, afin de travailler sur la mise en œuvre de ces préconisations.

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Note technique VLEP