Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Déchets d’amiante-ciment

10 janvier 2012

- La France mise en demeure de respecter la réglementation européenne
- Amiante lié : plus de 300 000 tonnes de déchets par an
- Décharges sauvages et collecte chez les particuliers : deux questions toujours pas réglées
- Il est techniquement possible de transformer des déchets d’amiante en matériau inerte


La France mise en demeure de respecter la réglementation européenne

La réglementation française considérait les déchets d’amiante-ciment comme « inertes ».

Le premier décembre, la Cour de justice européenne a condamné la France et l’a mise en demeure, sous peine d’amende, de les classer comme « dangereux », et de mettre en conformité ses décharges appropriées.


Amiante lié : plus de 300 000 tonnes de déchets par an

Les déclarations transmises à l’’administration par les exploitants de décharges donnent les tonnages d’amiante lié suivants pour l’année 2009 :
- 338 424 tonnes dans 248 installations de stockage de déchets inertes
- 23 320 tonnes dans 13 installations de stockage de déchets non dangereux

(chiffres officiels probablement très sous-estimés)


Décharges sauvages et collecte chez les particuliers : deux questions toujours pas réglées

La mise en conformité de la réglementation française ne résoudra pas tous les problèmes que soulèvent aujourd’hui la collecte et le stockage des déchets d’amiante.

Il ne se passe pas une semaine, sans que la presse régionale ne publie un article sur la découverte d’un dépôt sauvage de plaques de fibrociment abandonnées la nuit au coin d’un bois ou dans un champ.

En décembre 2011 le quotidien Ouest France évoquait un inventaire de 150 décharges en Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Atlantique transmis à la préfecture par le collectif « Alerte déchets » . Cette liste résultait d’un véritable travail de fourmi du collectif qui a sillonné les petites routes de ces départements et réalisé une vue aérienne de tous ces sites en utilisant Google Earth. Des dépôts, où les plaques d’amiante-ciment ne sont pas rares…

Ces dépôts ne sont pas seulement le résultat de l’inconscience de pollueurs rarement sanctionnés. Ils sont aussi celui d’une absence de décharge réglementaire à proximité et d’une absence de collecte de déchets chez les particuliers.

Les carences de l’Etat dans ce domaine sont criantes. Pourtant des initiatives prises dans certaines régions, parfois en partenariat avec des associations de défense des victimes, montrent qu’il est possible d’ouvrir des structures d’accueil sécurisées, de mettre à disposition des particuliers des emballages hermétiques évitant la dispersion des fibres et des brochures de formation sur les précautions à prendre.

La sanction des contrevenants n’aura véritablement d’efficacité que le jour où toutes les personnes concernées auront les moyens pratiques d’éliminer leurs plaques d’amiante-ciment et l’information sur la marche à suivre pour le faire dans de bonnes conditions de sécurité.


ll est techniquement possible de transformer des déchets d’amiante en matériau inerte

S’il est absurde et dangereux de considérer des plaques de fibrociment ou des dalles de dalami comme des déchets inertes, il existe par contre un procédé industriel qui permet de transformer l’amiante en matériau inerte.

Il est utilisée par la société Inertam sur le site de Morcenx, dans les Landes. Ce procédé de vitrification utilise une torche à plasma à très haute température.

Des composés s’éliminent sous forme de fumées. Puis on obtient un magma qui en refroidissant devient une matière solide comparable à une roche basaltique ou un verre volcanique.

Ce procédé a l’énorme avantage de rendre le déchet amianté définitivement inoffensif et par conséquent réutilisable sans danger pour d’autres applications. Mais il a l’inconvénient de consommer beaucoup d’énergie.

L’Andeva demande que l’État dégage des fonds pour améliorer ce procédé et finance des recherches sur d’autres techniques permettant de neutraliser définitivement les déchets au lieu de les stocker tels qu’ils sont.

Dans l’immédiat, en l’absence de solution alternative, il faut préférer autant que possible l’inertage des déchets amiante à leur enfouissement.


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva No 38 (janvier 2012)