Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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DEUX LIVRES POUR UN COMBAT

10 mai 2007

FRANCOIS MALYE
« Amiante : 100.000 morts à venir »

Dans cet ouvrage paru aux éditions du Cherche Midi, l’auteur
confirme l’ampleur de la plus grande catastrophe de santé publique que notre pays ait connu.

Le livre de François Malye rappelle comment les industriels ont organisé un lobbying pour cacher les dangers réels de ce matériau et retarder toute réglementation protégeant la santé des travailleurs et des populations, comment l’Etat et les pouvoirs publics - qui savaient - ont laissé faire et n’ont pas joué leur rôle de gardien de la santé publique. Il pointe le non respect de la réglementation hygiène et sécurité dans les entreprises.
Il tente aussi de mettre en lumière les errements de certains responsables politiques.

Questions au Garde des Sceaux, au Premier ministre, au Président de la République

Ce livre rappellera surtout aux victimes de l’amiante que de nombreuses questions restent sans réponses : Qui sont les responsables ? Pourquoi n’ont-ils pas été jugés ? Pourquoi, à ce jour, n’y a-t-il pas eu de procès de l’air contaminé ? Pourquoi les plaintes déposées il y a plus de huit ans n’ont-elles pas encore abouti ? Pourquoi, aucun Procureur de la République n’a-t-il ouvert d’information judiciaire, alors qu’il y a eu plusieurs milliers de condamnations au civil qui ont conclu à l’existence de fautes ?
Toutes ces questions, l’Andeva n’aura de cesse de les poser au Garde des Sceaux, au Premier ministre et au Président de la République. La société n’a pas été capable de protéger 100 000 de nos concitoyens qui vont mourir. Si la responsabilité politique a encore un sens, c’est à eux de nous apporter des réponses.


GUILLAUME PERRAULT
« Ni coupables, ni responsables »

Paru aux éditions Albin Michel, ce livre revient sur un épisode peu glorieux de la vie politique récente : le vote de la loi
Fauchon, en juillet 2000, sur les délits non intentionnels.

L’auteur décortique les conditions dans lesquelles le parlement a adopté cette loi, présentée au départ comme un texte de circonstance visant à éviter la mise en examen des élus locaux, mais dont les conséquences ont été de transformer en profondeur le Code pénal. Avec des répercussions très graves et tout à fait prévisibles pour les suites judiciaires des affaires de santé publique et pour la prévention en général.
A cette époque, le Comité anti-amiante Jussieu et l’Andeva avaient été à l’initiative de la mobilisation des associations de victimes contre cette amnistie anticipée des décideurs. Cette contre-attaque avait permis, au terme d’une bataille homérique au Sénat, d’obtenir le gel du texte et une réécriture moins catastrophique que la première mouture. Pour autant, on mesure hélas pleinement aujourd’hui les effets désastreux de la loi Fauchon sur le devenir des plaintes des victimes de l’amiante. L’ordonnance de non lieu à Dunkerque en décembre 2003 et sa confirmation par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Douai en juin dernier, s’appuient sur la nouvelle rédaction du Code pénal issu de la loi Fauchon.
Lors de la dernière assemblée générale l’Andeva à fait de la relance des procédure pénales l’une de ses priorité d’action.
Il est totalement inacceptable qu’une catastrophe de cette ampleur, qui était évitable, n’ait ni responsable ni coupable.
L’Andeva et l’Ardeva de Dunkerque organisent le 25 novembre prochain à Dunkerque un grand débat public avec des juristes, des parlementaires et des militants, animé par Guillaume Perrault.
Cette manifestation sera le point de départ d’une série d’actions visant à ce que justice soit rendue aux victimes.


Article paru dans le Bulletin de l’Andeva N°14 (octobre 2004)