Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Convention de Rotterdam - Amiante et Canada : vers une récidive criminelle du gouvernement canadien ?

28 octobre 2008

 

 

 


A N D E V A


Comité anti-amiante Jussieu

Paris, le 12 septembre 2007

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Du 27 au 31 octobre, les membres de la Convention de Rotterdam se
réunissent à Rome et vont -aussi incroyable que cela puisse paraître -
se poser une nouvelle fois la question : l’amiante doit-il être inscrit
sur la liste des produits dangereux ? Si la question se pose encore
c’est que le Canada a toujours opposé son veto à ce qu’il y soit
inscrit !

La Convention de Rotterdam est un outil important de protection de la
santé humaine et de l’environnement, puisqu’elle permet un certain
contrôle du commerce des produits chimiques dangereux et des
pesticides entrant dans le champ d’application de la Convention.
Lorsqu’un produit chimique ou un pesticide est inscrit en Annexe III,
les Parties ont le droit en utilisant la procédure du « Consentement
Préalable Eclairé », de contrôler, selon leur volonté, l’importation
dans leur pays de substances chimiques et de pesticides dangereux. Il
ne s’agit donc pas d’interdire les produits mais de faire que le pays
importateur et les utilisateurs soient informés des dangers des
produits.

Entrée en vigueur en février 2004, la convention a notamment inscrit
sur sa liste 22 pesticides et l’amiante … mais seulement les variétés
dites amphiboles, « oubliant » l’amiante chrysotile qui représente plus de 90% de la production mondiale d’amiante - c’est le type d’amiante produit par les mines du Québec ; le Canada reste d’ailleurs le premier exportateur mondial d’amiante, meme s’il n’utilise pratiquement plus d’amiante sur son territoire.

Cette année, comme en 2004 et en 2006, l’inscription de l’amiante
(chrysotile) - le tueur industriel majeur sur notre planète - est à
l’ordre du jour. Le fait qu’un produit tuant plus de 200 000 personnes
par an, interdit dans une trentaine de pays, dont le Bureau
International du Travail et l’Organisation Mondiale de la Santé
recommande le remplacement, ne puisse pas être inscrit à la Convention
de Rotterdam, est un véritable scandale mondial de santé publique.

Le responsable principal de cette catastrophe est le Canada, meme s’il a reçu l’appui d’autres pays producteurs d’amiante (Chine, Russie, …). Le but du gouvernement canadien est simple : il s’agit de protéger l’industrie
des mines d’amiante du Québec (environ 500 emplois) au détriment de la
santé publique et tout simplement de la morale. En totale connivence
avec l’Institut de l’amiante (rebaptisé en 2003 « institut du
chrysotile », cousin du tristement célèbre « comité permanent amiante »
français et tout comme lui organe de désinformation des industriels,
épaulé par le gouvernement), le gouvernement canadien non content de
forcer les pays en voie de développement à consommer de l’amiante,
veut ainsi empêcher l’information sur les risques et la prévention,
qui risquerait de nuire au commerce.

Ottawa n’a toujours pas indiqué la position qu’il allait adopter pour
la rencontre 2008. Lors des réunions de 2004 et 2006, le Canada avait
cyniquement opposé son veto à l’inscription de l’amiante chrysotile
sur la liste des produits dangereux. La position du gouvernement canadien n’est plus tenable. A l’intérieur même du pays de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer son irresponsabilité. Non seulement toutes les formes d’amiante doivent être inscrites sur la liste des produits dangereux, mais il faut interdire complètement l’usage de l’amiante au niveau mondial, comme cela s’est déjà fait en Europe.

Rappelons que le gouvernement canadien était allé jusqu’à déposer une
plainte devant l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) contre la
décision d’interdiction de l’amiante en France. Cette plainte avait
été rejetée en septembre 2000 et en appel en mars 2001.