Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Conférence mondiale contre l’Amiante

1er janvier 2001

INTERNATIONAL
3ème Conférence mondiale contre l’Amiante

" Il y aura un avant et un après OSASCO "

La conférence a réuni des dizaines de
délégations, dont le Brésil, l’Afrique
du Sud, le gabon, le Pérou, l’Argentine, le Chili, le
Mexique, les Etats Unis, le Canada, La Grande, Bretagne,
l’Italie, le Portugal, l’Inde, la Malaisie, le Japon,
la Chine, Hong Kong, l’Australie...

La France avait une délégation de 3 personnes pour
représenter l’ANDEVA.


De tous les pays, de toutes les disciplines

Les personnes présentes étaient très
diverses : militants politiques et associatifs, syndicalistes,
médecins, ingénieurs, hygiénistes, pouvoirs
publics de la ville d’Osasco, travailleurs sociaux,
écologistes, épidémiologistes, mais aussi et
surtout des personnes victimes de l’amiante dans leur chair
et d’anciens salariés exposés.

Le pari de ce congrès d’être un
événement multidisciplinaire et
multigéographique est donc réussi.


Le choix d’Osasco

Le site d’Osasco au Brésil a été
choisi parce que cette ville, situé à 20 km de Sao
Paulo a été pendant des générations le
centre de l’industrie d’amiante ciment.

Au-delà d’Osasco, la situation de l’amiante
au Brésil est révélatrice d’un
déplacement des risques (ici l’amiante), et des
industries les plus polluantes vers les pays dits en voie de
développement.

Nous avons appris pendant notre présence là bas
qu’un rapport devait sortir pour dire que le chrysotile
brésilien n’était pas dangereux ! Les deux
principales multinationales d’amiante ciment au Brésil
sont Eternit (groupe suisse) et Brasilit (filiale de
St Gobain).


Les organisateurs

La conférence était organisée par
l’ABREA (Association Brésilienne des Anciens
Exposés à l’Amiante), le réseau
international Ban Asbestos et le secrétariat international
de l’amiante (IBAS).

Les financements de ce congrès sont venus pour une large
part d’importants syndicats nord-américains (Etats
Unis et Canada), européens et internationaux.

La municipalité d’Osasco et le gouvernement
brésilien ont également apporté un soutien
logistique et financier important.

Quant aux industriels ils organisent une contre offensive
à cette conférence mondiale d’Osasco au mois de
novembre en Inde.


Des moments forts

Le programme était chargé.Nous avons retenu
plusieurs moments forts pendant ce congrès :

- les interventions de certains experts internationaux qui ont
montré - au-delà de l’intérêt
strictement scientifique - la qualité de leur engagement
auprès des victimes et des personnes exposées,
- l’exposé de Mavis ROBINSON de Grande Bretagne qui
nous a parlé de la mise en place d’un programme
d’accompagnement des personnes atteintes de
mésothéliomes en collaboration avec les
hôpitaux anglais,
- l’intervention de Richard MEERAN, avocat anglais
engagé, qui a défendu et gagné le
procès des mineurs d’Afrique du Sud contre la
CAPES’S Compagnie.
La mobilisation et l’écoute de l’association
brésilienne pendant ces quatre jours fut
impressionnante.


L’amiante interdit à Osasco

A la fin du Congrès, un représentant du maire de
la ville d’Osasco nous a lu son message de clôture
indiquant qu’il avait décidé d’interdire
l’amiante sur la communauté d’Osasco.

L’émotion était alors grande parmi nous
tous, et nous espérons que cela aura du poids pour que
l’amiante soit enfin interdit au Brésil, ce qui
permettrait ensuite d’aborder cela au niveau des pays
d’Amérique latine...


Article paru dans le bulletin de l’Andeva
N°7 (octobre 2000)