Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Conclusion du Pr Scherpereel

15 mars 2016

COLLOQUE ORGANISÉ PAR L’ANDEVA ET MESOCLIN, LE 15 MARS AU MINISTERE DE LA SANTÉ A PARIS

"Cancers de l’amiante : écrire l’avenir
Médecins et malades débattent et proposent"


CONCLUSION DU PR ARNAUD SCHERPEREEL
(Coordonnateur du réseau MESOCLIN))

Nous avions réfléchi ensemble, ANDEVA et MESOCLIN, au titre de cette journée. Nous avons fini par l’appeler : « CANCERS DE L’AMIANTE : ECRIRE L’AVENIR / Médecins et malades débattent et proposent ». Je crois que nous avons rempli l’objectif. Nous avons eu un timing un peu serré. J’espère que vous avez eu suffisamment de temps pour débattre.

En tout cas, j’ai eu l’occasion de discuter avec des collègues (certains sont encore là, d’autres ont dû partir). Ils ont été extrêmement émus et très intéressés par les témoignages que vous avez apportés.

Je remercie encore nos amis italiens et belges de leur contribution.

Moi qui suis médecin, chercheur et enseignant à la Faculté de Médecine de Lille, je dirais que certains témoignages auraient mérité d’être filmés et présentés aux étudiants pour faire passer certains messages-clés. On peut d’ailleurs encore se poser la question si certains adhérents de l’Andeva acceptaient de le faire. Je crois que cela serait extrêmement enrichissant et qu’il serait utile qu’ils soient diffusés à mes collègues spécialistes de pneumologie et d’oncologie. Je tiens à les remercier, car je sais qu’il n’est déjà pas facile de s’exprimer lors d’un face à face avec un médecin, et a fortiori devant un public nombreux. Il n’est pas facile de vider son cœur pour dire ce que l’on a à dire.

Ce n’est pas non plus facile pour des médecins. Nous sommes, nous aussi, des êtres humains. Et nous devons encaisser des choses assez dures. Hier par exemple, j’ai dû consulter pendant six heures en ayant parfois à annoncer des mauvaises nouvelles. Ce n’est pas facile. On ne doit pas se durcir. On doit essayer de trouver un juste milieu, rester objectif pour bien analyser une situation sur le plan médical et psychologique. C’est aussi quelque chose de très important.

Certaines réactions de médecins au contact de malades ou de leurs proches peuvent parfois vous paraître inappropriées. Ce sont aussi des témoignages comme ceux que nous avons entendus aujourd’hui qui nous permettent, nous médecins, de savoir comment mieux réagir à vos demandes. On l’a vu pour la recherche clinique. Accepter de participer à un essai clinique est un acte de confiance. Les médecins doivent se poser la question du retour d’information qui doit vous être apporté en échange.

La demande d’organiser des groupes de paroles entre malades entre malades qui participent à ces essais est aussi ressortie.

Je pense qu’on peut dire que le but que nous nous étions fixés a été atteint. Nous avons eu beaucoup de retours d’information des membres des associations.

Merci encore à l’ANDEVA pour l’organisation de cette réunion, merci aux collègues italiens et belges.

Les avancées sont encore limitées, mais nous espérons vous avoir montré qu’il y a un avenir pour les malades avec les essais en cours. Il y a certainement un coup de fouet à donner sur la question du diagnostic précoce, du dépistage et du suivi post-professionnel « amiante ». Cette journée a été positive. Merci à tous.


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