Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Canada

4 septembre 2010

- Un intolérable cynisme politique
- Non au financement de l’ouverture d’une nouvelle mine d’amiante au Québec
- Au Canada, des médecins et des scientifiques demandent l’arrêt des exportations d’amiante
- Paris : rassemblement devant l’ambassade : amiante + Canada = Honte
- No more dollar for asbestos !


Un intolérable cynisme politique

L’amiante cause 100 000 morts par an dans le monde. Plus de 40 pays en ont interdit la vente et l’usage.

Le Canada n’en utilise presque plus. Il désamiante à grands frais le Parlement d’Otawa, mais continue à exporter ce matériau cancérogène en Asie et en Amérique du Sud.

Contre vents et marées, il persiste à défendre l’indéfendable.

Le projet d’ouverture d’une nouvelle mine d’amiante souterraine avec une subvention de 58 millions de dollars du gouvernement québécois est une véritable provocation.

Moralement indéfendable, financièrement aberrant, ce projet doit être abandonné.

Il est temps que le Canada cesse d’exporter sciemment la mort vers des pays pauvres.

Il est temps que le Canada cesse de mentir, de corrompre et de mépriser la science.

Il est temps que le Canada écoute les voix de l’Association médicale Canadienne et de la Société canadienne du cancer qui ont pris fermement position pour l’interdiction de l’amiante au Canada.

Il est temps que le Canada s’occupe de ses travailleurs de l’amiante et de leur nécessaire reconversion.

Il est temps que le Canada se comporte dignement.


Non au financement de l’ouverture d’une nouvelle mine d’amiante au Québec !

Le lobby minier de l’amiante demande au gouvernement
québécois une subvention sous forme de garantie de prêt de 58 millions de dollars pour continuer à exporter la mort dans les pays pauvres.

Les ressources de la mine d’amiante à ciel ouvert de Jeffrey (près de la ville d’Asbestos) sont pratiquement épuisées. La société minière entend maintenant poursuivre son activité en ouvrant une nouvelle mine d’amiante souterraine sur le même site, près de la ville d’Asbestos.

Le Ministère des ressources naturelles du Québec et le Ministère du développement économique font la promotion de ce projet fou, censé permettre d’assurer une production de 200.000 tonnes d’amiante par an pour les 25 prochaines années.

Cette subvention serait un cadeau royal - aux frais des contribuables canadiens - à une industrie meurtrière et moribonde (la mine Jeffrey s’est placée depuis 2003 sous la loi canadienne de protection contre la faillite)
Le gouvernement québécois en a déjà accepté le principe, mais il a posé deux conditions :

- La première, parfaitement sordide, est que les employés de la mine versent 10% de leur (maigre) salaire sur un fond de garantie destiné à renflouer les caisses de l’Etat au cas où l’opération s’avérerait infructueuse.

- La seconde condition, qui vaut son pesant d’hypocrisie, est l’exigence d’un engagement des « clients » à « respecter les normes en vigueur au Québec ».

Quand on sait que le Québec, qui se flatte de maîtriser « l’usage sécuritaire de l’amiante », a un des plus fort taux de mortalité par mésothéliome au monde, cette condition prend l’allure d’une mascarade cynique .

L’« usage sécuritaire » à l’export est une pantalonnade : les industriels québécois et le gouvernement à leur botte se contentent de vérifier que les sacs d’amiante partant pour l’Inde, l’Indonésie, la Thaïlande ou le Mexique sont bien fermés. La suite ne les concerne plus : les décès à venir dans 30 ans ne sont pas leur affaire...


Au Canada, des médecins et des scientifiques demandent l’arrêt des exportations d’amiante

Plusieurs associations ont demandé au premier ministre québécois, Jean Charest, d’arrêter l’exploitation et les exportations d’amiante et de refuser le financement de 58 millions de dollars à la mine Jeffrey :

- L’Association canadienne de santé publique (ACSP), qui compte 68 000 membres),

-  La Société nationale des spécialistes pour la médecine communautaire (SNSMC),

-  L’Association médicale québécoise (AMQ), qui compte plus de 9500 généralistes, spécialistes, et étudiants en médecine)

-  La Société canadienne du cancer (SCC)

Alain Poirier, directeur national de la santé publique, , a alerté publiquement son patron, le ministre de la Santé Yves Bolduc, sur les risques liés à la relance de la mine d’amiante.


Paris : rassemblement devant l’ambassade : amiante + Canada = Honte

Le 1er juillet un tract français-anglais de l’Andeva et du Comité anti-amiante Jussieu a été distribué devant l’ambassade : « Canadiens ! Laissez votre amiante sous terre ! ». Sur les pancartes on pouvait lire : « Amiante + Canada : Honte ! », « Canada, cesser d’exporter la Mort ! ».

Dans un communiqué les deux associations « expriment solennellement leur indignation devant le cynisme éhonté des industriels miniers canadiens et de leurs complices, les gouvernements canadiens et québécois. »

Le tract, le communiqué et une lettre ouverte à l’ambassadeur canadien sont en ligne sur le site Internet : andeva.fr


No more dollar for asbestos !

Dans de nombreux pays les actions de protestations contre la
politique criminelle du gouvernement canadien se sont multipliées :

- le 24 juin, jour de la fête nationale du Quebec (à Bruxelles,
New York, Washington, Seoul, Hong Kong)

- le premier juillet, jour de la fête nationale du Canada (à Paris
et à Londres).

Un compte rendu détaillé de ces actions est disponible sur le site de l’association canadienne de défense des droits de l’homme (Right on Canada) :

http://www.rightoncanada.ca/


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°33 (août 2010)