Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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CMMP (Aulnay-sous-Bois) : l’amiante encore et toujours !

12 février 2019

Fermée en 1991, désamiantée et déconstruite en 2013, l’usine-poison a disparu. Pourtant, en 2018, on trouve encore de l’amiante incrustée dans le mur d’enceinte

L’usine d’amiante CMMP d’Aulnay-sous-bois avait été désamiantée et déconstruite sous bulle étanche il y a plusieurs années, comme le demandaient les associations. Le site avait alors été recouvert d’une dalle de béton de 6000 mètres carrés.

En 2018, des travaux étaient prévus pour installer un parking bitumé et un terrain de sport pour les élèves de l’école voisine.

Des fibres d’amiante bleu incrustées dans les parpaings

On pensait être débarrassé de ces fibres maudites qui avaient fait et font encore tant de victimes, parmi les population et les riverains.

Et pourtant... A l’occasion de travaux d’aménagement, on a découvert des touffes d’amiante bleu (crocidolite) incrustées dans le mur mitoyen qui sépare l’ancien site du CMMP de plusieurs pavillons de riverains.

L’Addeva 93 écrit au maire d’Aulnay

Ayant appris que ce mur d’enceinte était promis à la démolition par une société spécialisée, l’Addeva 93 a demandé au maire d’Aulnay les résultats des analyses, le mode opératoire pour les travaux de désamiantage-démolition ainsi les mesures prévues pour informer et protéger les riverains.

Elle lui a demandé « de ne pas engager des travaux de démolition sans qu’au préalable se soit tenue une réunion avec toutes les associations où elles pourront donner leur avis sur le mode opératoire et faire des propositions si elles l’estiment nécessaire ».

La médiocrité du plan de retrait

Les documents demandés ont été transmis et une réunion a eu lieu le 17 novembre avec les services techniques de la mairie.

Des représentants de l’Addeva 93, du collectif des riverains et victimes du CMMP, d’Aulnay Environnement étaient présents.

Ils avaient lu avec attention l’ensemble des documents reçus. Ils se sont interrogés sur les critères de choix d’une micro-société de une à deux personnes, de création récente, inconnue des pages jaunes de l’annuaire, pour mener à bien ce chantier de désamiantage.

Ils ont relevé de multiples erreurs et incohérences dans le plan de retrait, dont beaucoup étaient dues à une pratique intensive du « copier / coller » à partir de plans de retrait antérieurs réalisés pour d’autres chantiers.

Ils ont dit que ce plan était trop imprécis sur le mode opératoire des salariés et que la technique retenue (travail à l’air libre avec humidication par brumisateur) n’était pas assez protectrice des riverains dont les pavillons sont tout proches.

 « Un espace de travail confiné pour protéger les salariés et les riverains »

Après la réunion, toutes les associations ont écrit à la Cramif et à l’inspection du travail qui devaient se réunir le lendemain : « Nos associations suivent le dossier du CMMP depuis de longues années. Elles ont accompagné et aidé de nombreuses victimes. Nous ne voulons pas allonger la liste ».

« La proximité de pavillons avec des enfants impose de protéger non seulement les travailleurs mais aussi les riverains. »

« La déconstruction de ce mur amianté doit s’effectuer dans un espace de travail confiné, mis en dépression, avec une enveloppe étanche à l’air et à l’eau. »

La Caisse régionale d’assurance maladie de l’Ile-de-France (Cramif) et l’Inspection du travail se sont prononcées pour un confinement de la zone de travail.

Pendant longtemps encore...

Quand le mur aura disparu, les associations n’en auront pas encore fini avec la fibre tueuse. Elles devront longtemps encore aider des victimes professionnelles et environnementales contaminées par l’amiante du CMMP.


Article tiré du Bulletin de l’Andeva N°59 (janvier 2019)