Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Brèves internationales

21 septembre 2015
Auteur(e) : 

- Belgique : une première en Belgique

- Irlande du Nord : la faute inexcusable de Tyrone

- Pérou : vers une interdiction de l’amiante

- Canada : un rapport qui déshonore l’université Concordia / Santé Canada modifie sa directive sur l’amiante

- Europe : éradiquer l’amiante de l’Union européenne


Belgique : une première en Belgique

A l’initiative de l’Abeva
et de l’IBAS, une délégation
internationale
d’indignés de l’amiante
s’est rendue le 23 juin
à Kapelle-op-den-
Bos, à 40 kilomètres
de Bruxelles, où une
gigantesque usine Eternit
d’amiante-ciment a
causé d’énormes dégats
humains et environnementaux.

Une trentaine de personnes
ont été reçues
par le Bourgmestre de
Kapelle. Ce dernier
dont le frère est mort de
l’amiante était visiblement
ému.

Les participants
lui ont remis une
lettre signée par des
associations de divers
pays (dont l’Andeva).

Elle dénonce notamment
la pollution des
sols autour du site et
réclamait que soit érigée
à Kapelle une stèle en
mémoire des victimes.

Vers 17 heures, les « indignés
de l’amiante »
se sont rendus devant
l’usine, à l’heure de la
sortie des ouvriers. Ils
sont ensuite allés au
cimetière de Kapelle.

« C’était la première fois
qu’une telle initiative
avait lieu à Kapelle depuis
la création de
l’usine »,
souligne Eric
Jonckheere, le président
de l’Abeva.


Irlande du Nord : la faute inexcusable de Tyrone

Une société de pneus
d’Irlande du Nord a
été condamnée à
une amende de 6000
livres.

Des ouvriers y sont
intervenus en novembre
2013 pour rénover
le système de
protection incendie
sans avoir été informés
de la présence
de matériaux contenant
de l’amiante, ni
de leur localisation,
ni de leur état de
conservation.

Une enquêtrice a
déclaré que ce risque
aurait pu être « facilement
évité si ces
informations avaient
été fournies par les
propriétaires des
lieux (...)
Il s’agit d’une faute
inexcusable, car les
dangers de l’amiante
sont bien connus »


Pérou : vers une interdiction de l’amiante

Le Pérou a fait une
réduction drastique
de ses importations
d’amiante en 2014.

Les autorités sanitaires
du gouvernement
péruvien élaborent
un projet de
loi et ont entamé un
processus qui devrait
conduire à l’arrêt
complet de l’utilisation
d’amiante, malgré
l’opposition d’une
entreprise fabriquant
des freins en amiante
... et exportant des
freins sans amiante.


Canada : un rapport qui déshonore l’université Concordia

Un rapport publié sur le site de l’Université Concordia
(Montréal) affirme que l’opposition à l’amiante
chrysotile a été motivée non par des preuves scientifiques,
mais par des militants émotifs utilisant de « 
prétendues victimes »
pour convaincre.

« C’est un document de propagande pour l’industrie
de l’amiante, mais il est publié et promu comme un
rapport universitaire impartial par un centre d’excellence,
c’est honteux et inacceptable »
, a indiqué
Kathleen Ruff, de l’Institut Rideau, à Ottawa.

Ce rapport « déshonore l’université », écrivent 11 médecins
et scientifiques, dont le Dr Ray Bustinza,
de l’Institut national de santé publique du Québec
(INSPQ).

« Qu’une université soit à l’aise avec ça...
Ça entache sa crédibilité pour des années »,
a dit
Daniel Breton, ex-ministre de l’Environnement.

L’auteur du rapport n’est pas un chercheur, mais un
chargé de cours qui dirige le cabinet de relations
publiques (John Aylen communications).

Ce cabinet
a pour client Baljit Chadha, dirigeant du consortium
qui a tenté d’acheter et de relancer l’exploitation de
la mine d’amiante Jeffrey...

Ce qui n’empêche pas
l’Université de nier tout conflit d’intérêts et de maintenir
le rapport sur son site.

Santé Canada modifie sa directive sur l’amiante

Sans tambour ni trompette, l’agence gouvernementale
canadienne a modifié son site Internet le 19
juin. On peut désormais y lire qu’« en cas d’inhalation,
les fibres d’amiante peuvent causer le cancer
et d’autres maladies ».

Santé Canada affirmait jusqu’alors qu’il fallait inhaler
des « quantités importantes » d’amiante pour
avoir un cancer, alors qu’il n’existe pas de seuil en
dessous duquel on puisse garantir l’absence d’effet
cancérogène. Elle affirmait que l’amiante canadien
était « moins puissant » que les autres, alors que
toutes les formes d’amiante sont cancérogènes.


Europe : éradiquer l’amiante de l’Union européenne

Le journal officiel de l’Union européenne du 31 juillet
publie un avis du Comité économique et social
européen qui propose qu’« éradiquer l’amiante
de l’Union européenne »
soit un « objectif prioritaire
 »
soutenu par les fonds structurels européens.
Il préconise des « plans d’action », des « registres
publics répertoriant les bâtiments contenant de
l’amiante »
, une recherche de « technologies durables
pour le traitement et l’inertage des déchets
contenant de l’amiante »
, une simplification de la
reconnaissance des maladies professionnelles,
incluant « les cancers du larynx et des ovaires ».


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°49 (septembre 2015)