Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Amiante : les victimes manifestent à Genève pour l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux

6 mai 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 6 mai 2013

Un rassemblement aura lieu le 7 mai de 13 heures 30 à 15 heures 30 sur la place des Nations à Genève, à l’appel de l’ANDEVA (association nationale de défense des victimes de l’amiante en France), l’AFEVA (association italienne des victimes de l’amiante) et ROCA (Rotterdam Convention Alliance) à l’ouverture de la sixième conférence de la Convention de Rotterdam. Des délégations de victimes de l’amiante de divers pays ainsi que des associations locales et des syndicalistes de plusieurs régions de France sont attendus (Nord – Pas-de-Calais, Ile-de-France, Rhône Alpes, Aquitaine, Lorraine …).

Placée sous l’égide des Nations-Unies, La Convention de Rotterdam vise à contrôler le commerce international des produits dangereux, non pas en les interdisant, mais en instaurant simplement l’obligation pour l’exportateur d’informer le pays acheteur des dangers de ces produits et d’obtenir son « consentement éclairé » au préalable. La liste de ces produits comprend certains pesticides et toutes les variétés d’amiante, toutes … sauf l’amiante chrysotile qui représente 100% du commerce mondial de l’amiante aujourd’hui et 95% de l’amiante commercialisé depuis un siècle dans le monde !

L’explication de cette aberration est simple : la règle qui a prévalu jusqu’à présent pour l’inscription d’un produit sur la liste des produits dangereux requiert l’unanimité. Par quatre fois (en 2004, 2006, 2008 et 2011) le Canada, ex-grand exportateur d’amiante et de propagande mensongère a opposé avec succès son veto à cette inscription.

Aujourd’hui, la situation a changé : le Canada, qui ne produit plus et n’exporte plus d’amiante n’a plus d’intérêt commercial à défendre. Il a fait savoir qu’il ne s’opposerait plus à l’inscription. Le message que le gouvernement canadien adresse au monde est clair et sordide : tant qu’on peut faire de l’argent en exportant un produit dangereux mieux vaut ne pas informer les acheteurs pour ne pas nuire au commerce. Le jour où il n’y a plus de profit à attendre de ce business, il n’y a plus de raison bloquer l’information sur les dangers !

La Russie, qui est aujourd’hui le premier producteur et exportateur mondial d’amiante, vient d’adhérer à la Convention de Rotterdam. C’est elle qui reprend le flambeau du cynisme et du mensonge d’État pour continuer le sabotage de cette conférence. Tout laisse prévoir qu’elle s’opposera à l’inscription de l’amiante chrysotile, avec l’appui du Zimbabwe qui souhaiterait rouvrir ses mines d’amiante.
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À l’ouverture de la Conférence, le 7 mai, des victimes de l’amiante de plusieurs pays se rassembleront à Genève. Au nom des victimes du monde entier, qui ont respiré ces poussières mortelles, au nom de leurs souffrances physiques et morales, au nom de la douleur de leurs familles, elles lanceront un appel solennel au respect de la vie humaine.

Alors que les plus hautes autorités scientifiques du monde entier s’accordent pour reconnaître que l’amiante sous toutes ses formes - y compris l’amiante chrysotile – provoque des maladies mortelles, l’industrie de l’amiante et les États qui la soutiennent s’obstinent à nier l’évidence et continuent de le répandre à travers le monde, particulièrement dans les pays émergents. Une attitude criminelle qui cause chaque année une centaine de milliers de morts dans le monde.

Le respect de la vie humaine, impose a minima l’information sur les dangers mortels d’un produit comme l’amiante chrysotile.

S’opposer pour des raisons de business à son inscription sur la liste des produits dangereux serait une décision gravissime, ressentie comme une intolérable et incompréhensible marque de mépris pour la vie et la santé des peuples.

Les associations présentes à Genève porteront aux participants à cette conférence un message de Romana Blasotti Pavesi, la présidente de l’association des victimes de l’amiante italiennes, qui a perdu cinq membres de sa famille, tués par l’amiante.

Elle y rappelle qu’en février 2012, « un tribunal italien a condamné deux dirigeants de l’amiante d’Eternit à 16 ans de prison pour leur comportement criminel ; ils ont été reconnus responsable d’avoir dissimulé les dangers de l’amiante, provoquant ainsi une catastrophe humaine et environnementale. Pourtant, aujourd’hui, l’industrie de l’amiante exporte l’amiante vers les pays en développement et à revenu intermédiaire, tout en continuant à nier ses dangers (…) Nous, qui avons été témoins directs des terribles souffrances et des décès causés par l’amiante, nous lançons un appel urgent à tous les participants à la Convention pour qu’ils soutiennent l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses de la Convention ».
Cet appel a reçu le soutien d’une trentaine d’associations de nombreux pays : France, Belgique, Espagne, Allemagne, Royaume Uni, États Unis, Brésil, Pérou, Canada, Corée, Inde, Japon, Hong Kong, Afrique du Sud, Australie…
Les associations organisatrices de ce rassemblement (l’Andeva, l’Afeva, Roca) ont écrit à Magdalena Balicka, la présidente de cette sixième Conférence, pour lui demander de recevoir une délégation internationale qui portera la voix des victimes du monde entier.