Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » International » Monde

Amiante : la dernière évaluation du Centre International de Recherche sur le Cancer

19 avril 2011

Le Centre International de Recherche sur le Cancer a publié en 1977 une monographie (n°14, entièrement consacrée aux effets cancérogènes de l’amiante. L’agence de recherche a publié en 1987 un supplément réactualisant les connaissances liées aux 40 premières monographies.

(Voir l’article L’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’amiante)

La monographie 100C du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC en français, IARC en anglais) concerne la révision de la cancérogéneité des métaux lourds, de l’arsenic, des poussières et fibres notamment d’amiante. Le document n’est pas encore publié mais le Lancet a publié un résumé des conclusions en deux pages (volume 10, Mai 2009)

Voici une traduction de la partie concernant l’amiante


Rapport spécial [1]

Révision des cancérogènes humains - Partie C : métaux, arsenic, poussières et fibres


En mars 2009, 27 scientifiques de huit pays se sont réunis au Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC en français,IARC en anglais) pour réévaluer le caractère cancérogène des métaux, arsenic, poussières et fibres classés "cancérogènes pour l’humain" et identifier des types supplémentaires de tumeurs et des mécanismes de cancérogenèse (table). Ces évaluations seront publiées dans la partie C du volume 100 des monographies de l’IARC.

Arsenic […]

Beryllium, cadmium, chrome, nickel […]

Amiante :

Globalement, on estime que 125 millions de personnes sont encore exposées professionnellement à l’amiante [2]. Bien que l’amiante ait été interdit ou restreint dans la plupart du monde industrialisé, son utilisation est croissante dans certaines parties d’Asie, d’Amérique du Sud et de l’ex URSS [3]. Les sources naturelles d’amiante, son utilisation dans les plaquettes de freins et la détérioration des produits contenant de l’amiante contribuent à l’exposition environnementale dans le monde. L’exposition peut aussi venir des fibres ramenées à la maison sur les habits des travailleurs de l’amiante. [4]

Les preuves épidémiologiques se sont accumulées pour montrer une association de toutes les formes d’amiante (chrysotile, crocidolite, amosite, tremolite, actinolite, et anthophyllite) avec un risque accru de cancer du poumon et de mésothéliome. Bien que les différences de puissance [cancérogène] entre les divers type de fibres et leurs dimensions soient l’objet de débat, la conclusion fondamentale est que toutes les formes d’amiante sont "cancérogène pour l’humain" (Groupe 1). Les substances minérales (par exemple talc ou vermiculite) qui contiennent de l’amiante devraient aussi être considérées "cancérogène pour l’humain".

Des preuves suffisantes sont maintenant disponibles pour montrer que l’amiante cause le cancer du larynx et des ovaires. Une méta-analyse des études de cohortes a rapporté un risque relatif de de cancer du larynx de 1,4 (95%, intervalle de confiance 1,2-1,6) pour "toutes" les expositions à l’amiante. Avec d’autres mesures de l’exposition, le risque relatif pour une exposition "forte" par rapport à une exposition "nulle" était au moins de 2,0 (1,6-2,5) [5]. Les études de cohortes de femmes lourdement exposées à l’amiante dans leur travail ont régulièrement décelé des risques accrus de cancer des ovaires, comme dans une étude au Royaume-Uni sur des femmes qui ont fabriqué des masques à gaz pendant la seconde guerre mondiale [6]. Les études suggèrent que l’amiante peut s’accumuler dans les ovaires des femmes exposées. [7]

Le groupe de travail a classé les preuves pour une association entre amiante et cancer colorectal comme "limitées", bien que les membres étaient également partagé pour dire si les preuves étaient assez fortes pour garantir la classification "suffisante". De plus il y a des preuves "limitées" pour l’humain et le cancer du pharynx et de l’estomac.

Poussières de silice, de cuir, de bois […]

TABLEAU récapitulant la localisation des cancers causées par l’amiante

Agent cancérogène
Cancers pour lesquels les preuves sont suffisantes pour l’humain
Cancers pour lesquels il existe des preuves limitées pour l’humain
Amiante (chrysotile, crocidolite, amosite, tremolite, actinolite, and anthophyllite)
Poumon, mésothéliome, larynx, ovaires
Colon/rectum, pharynx, estomac

[1] Special Report : Policy A review of human carcinogens—Part C : metals, arsenic, dusts, and fibres, The Lancet Oncology Vol 10 May 2009. 453 (en anglais) http://www.defendingscience.org/upl...

[2] WHO. Elimination of asbestos-related diseases. http://whqlibdoc.who.int/hq/2006/WHO_SDE_ OEH_06.03_eng.pdf (accessed April 9, 2009) ; Version française : Amiante : éliminer les maladies liées à l’amiante http://www.who.int/mediacentre/fact...

[3] LaDou J. The asbestos cancer epidemic. Environ Health Perspect 2004 ; 112 : 285–90.

[4] Anderson HA, Lilis R, Daum SM, Selikoff IJ. Asbestosis among household contacts of asbestos factory workers. Ann N Y Acad Sci 1979 ; 330 : 387–99.

[5] Institute of Medicine, Committee on Asbestos. Selected health effects. Asbestos : selected cancers. Washington, DC : National Academies Press, 2006

[6] Acheson ED, Gardner MJ, Pippard EC, Grime LP. Mortality of two groups of women who manufactured gas masks from chrysotile and crocidolite asbestos : a 40-year follow-up. Br J Ind Med 1982 ; 39 : 344–48.

[7] Heller DS, Gordon RE, Westhoff C, Gerber S. Asbestos exposure and ovarian fiber burden. Am J Ind Med 1996 ; 29 : 435–39.