Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

Vous êtes ici : Accueil » Actualité » 2015 » Mars

Amiante à la Tour Montparnasse : L’étonnante réponse du préfet

15 mars 2015

Vincennes, le 13 mars 2015

Communiqué de presse

Le préfet a répondu, par voie de communiqué de presse, avec une rare célérité à la lettre de l’Andeva lui demandant d’ordonner le désamiantage complet de la Tour Montparnasse et pour ce faire, son évacuation.
Son communiqué reprend purement et simplement les éléments de communication de la copropriété et du syndic, Icade, et ne répond nullement aux faits précis que nous avons avancés et aux demandes, non moins précises, que nous lui avons faites.

1) L’essentiel du communiqué consiste à expliquer que la situation serait sous contrôle « depuis la prise de 2 arrêtés préfectoraux d’août 2013 et de mai 2014 qui encadrent la gestion du risque lié à l’amiante à la tour Montparnasse », en arguant de la mise en place de multiples réunions, cellule, comité de pilotage, etc.

Ceci est faux. Même les mesures d’urgence prévues par l’arrêté de mai 2014 pour gérer le risque amiante n’ont pas été mises en œuvre dans les délais impartis :

- les matériaux amiantés dégradés (classés AC2 et AC1) devaient être traités dans un délai de 6 mois (article 5), mais 10 mois après le travail est loin d’être terminé ;

- les gaines polluées par l’amiante devaient être assainies dans un délai de 9 mois (article 6), mais 10 mois après, le travail n’a pas été fait et n’est pas près de l’être.

Quelles sanctions ont été prises par le préfet pour ce non-respect flagrant de dispositions essentielles de l’arrêté ? A ce jour, aucune.

2) Le préfet prétend avoir demandé que « les résidus amiantés re pérés par le DTA dans les gaines de désenfumage [...] soient retirés sous un mois ».

Ceci n’est pas sérieux. La présence de ces résidus amiantés est connue officiellement du préfet depuis plus de 3 mois et nous n’avons connaissance d’aucune demande du préfet de les retirer « sous un mois ».

L’affirmation du préfet relève uniquement de la « communication ». Le nettoyage sous un mois des gaines de désenfumage est tout simplement impossible. Personne ne sait à l’heure actuelle comment le faire en site occupé.

3) Le préfet ne conteste pas que l’« expert » de la copropriété, nommé avec son accord, a fourni un rapport d’expertise erroné (partant du postulat que les gaines de désenfumage ne contenaient pas de matériau amianté) et diffuse des informations fausses sur la présence d’amiante dans
l’immeuble.

Or il continue de se reposer sur les recommandations de cet expert qui défend les intérêts de la copropriété, pour gérer le risque amiante dans le bâtiment, plutôt que d’exiger la nomination d’un expert indépendant comme le prévoit le code de santé publique.

4) Le préfet passe sous silence la question du désamiantage complet et de l’évacuation de la Tour.

Il se contente d’affirmer qu’ « il n’y a pas de danger pour les occupants » sur la base contestable de mesures faites alors que tous les travaux sont provisoirement arrêtés.

Cela ne contredit en rien le fait que la seule solution pour éliminer les risques dans les conditions normales de fonctionnement est de désamianter complètement la Tour, ni le fait que, pour ce faire, il est indispensable de l’évacuer.

L’Andeva réitère donc ses demandes au préfet :

1) récuser l’expert de la copropriété et le remplacer par un expert indépendant, conformément au code de santé publique ;

2) ordonner le désamiantage complet de la Tour et pour ce faire son évacuation.