Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Amiante : Les Canadiens renonçent à poursuivre l’Andeva

3 mars 2009

Paris, le 3 mars 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE

Alors que devait se tenir, aujourd’hui, devant la 17ème chambre
correctionnelle du tribunal de Paris, la première audience du procès en
diffamation de deux responsables de l’Andeva, l’Institut du chrysotile (1) de
Montréal vient de faire savoir qu’il abandonnait ses poursuites. Par lettre
datée du 3 mars 2009 et adressée au président du tribunal, l’avocat de
l’Institut estime que la défense cherche à instruire le procès de l’amiante et
ne souhaite pas participer à ce débat et par conséquent se désiste de sa
constitution de partie civile.

C’est une victoire pour l’Andeva et pour son combat contre la poursuite de
l’exploitation de l’amiante et des exportations vers les pays en voie de
développement d’un produit cancérogène, dont on sait avec certitude qu’il
continuera d’entraîner des décès massifs par cancers pendant plusieurs
dizaines d’années encore.

Rappel des faits. Dans son numéro de septembre 2007, le bulletin de
l’ANDEVA publie un article « L’amiante au Canada : une industrie
meurtrière et moribonde »
dans lequel « l’Institut de l’Amiante, créé en 1984, et rebaptisé hypocritement « Institut du Chrysotile » est décrit en ces termes :

« l’Institut de l’Amiante est un organe très actif de propagande et de
corruption, qui n’hésite pas à financer des études tendant à minimiser
autant que faire se peut les effets toxiques de l’amiante et surtout à en
promouvoir le fameux usage sécuritaire »

Le 26 novembre 2007, l’Institut du Chrysotile adresse alors à l’ANDEVA
une mise en demeure exigeant le retrait du texte de son site web ; devant le refus de l’ANDEVA, l’Institut du Chrysotile porte plainte pour diffamation
et se constitue partie civile. Deux responsables de l’ANDEVA, François
Desriaux – ancien président de l’association – et Marc Hindry – auteur de
l’article incriminé – sont mis en examen et renvoyés devant le tribunal
correctionnel.

Manifestement, au vu des pièces fournies par la défense des deux
responsables de l’Andeva et des témoins appelés, les canadiens ont compris
tardivement qu’ils risquaient de perdre leur procès. Les affirmations de
« propagande et de corruption » à l’égard de l’Institut du Chrysotile sont
parfaitement étayées et justifiées. A l’occasion de ce procès, les canadiens
ont estimé qu’ils leur seraient difficile de cacher la véritable nature des
activités d’un « Institut », qui a reçu des mines d’amiante et du
gouvernement canadien plusieurs dizaines de millions de dollars aux seules
fins de tromper l’opinion sur la réalité des dangers d’un matériau pourtant
mortel. Et ce au mépris de connaissances scientifiques indiscutables.
L’Institut du Chrysotile, avec l’appui de l’industrie des mines d’amiante du
Québec et des autorités canadiennes, tente encore de promouvoir le
commerce de l’amiante canadien vers les pays émergents comme l’Inde,
l’Indonésie et la Thaïlande. Il doit pour cela recourir au mensonge,
« défendre l’indéfendable » n’étant pas chose aisée.

L’épisode judiciaire s’arrête avec l’abandon des poursuites, mais l’Andeva
continuera à dénoncer l’attitude criminelle du gouvernement canadien et les
agissements de l’institut du chrysotile, et à réclamer l’interdiction mondiale
de l’amiante, seule manière de juguler à long terme l’épidémie de cancers
provoqués par ce matériau.


(1) le chrysotile est le type d’amiante produit au Canada)