Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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AMIANTE : 1er Juillet, le Canada s’apprête à fêter sa nouvelle mine d’amiante !

1er juillet 2010

 

 

 


Comité anti-amiante Jussieu

A N D E V A
association nationale de défense des victimes de l’amiante

Paris, le 1er juillet 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE

À l’occasion de ce jour de fête nationale du Canada, les victimes de l’amiante – et il
s’agit en majeure partie de victimes de l’amiante canadien – expriment
solennellement leur indignation devant le cynisme éhonté des industriels miniers
canadiens et de leurs complices, les gouvernements canadiens et québécois. Un
rassemblement est organisé devant l’ambassade et une lettre ouverte sera remise à
l’ambassadeur.

En un siècle l’amiante a eu le temps de s’installer en tête du classement des tueurs
industriels : dans les grand pays européens chaque année l’amiante tue plus de trois
mille personnes, le Bureau International du Travail (BIT) estime qu’à l’échelle de la
planète l’amiante cause 100 000 morts par an. Plus de 40 pays, dont tous ceux de la
communauté européenne ont interdit la vente et l’usage de l’amiante.

Néanmoins les gouvernements du Québec et du Canada continuent encore et
toujours, par tous les moyens, à promouvoir le commerce de leur amiante. Soyons
clair, les canadiens n’utilisent plus ou presque l’amiante, ils désamiantent d’ailleurs à
grand frais le parlement d’Ottawa, mais ils ont mieux à faire : ils fourguent chaque
année environ 200 000 tonnes d’amiante chrysotile produit au Québec en Asie (Inde,
Pakistan, Indonésie, Chine, etc) et Amérique du Sud (Mexique, Colombie, etc).

Pour parvenir à cela il leur faut bien sûr mentir sans relâche sur les dangers de
l’amiante, le gouvernement et les industriels ont depuis longtemps confié cette
mission douteuse à l’Institut de l’Amiante (rebaptisé hypocritement en 2003 Institut
du Chrysotile), cet organisme de propagande aux buts et aux méthodes peu avouables
est financé par les industriels et les gouvernements canadiens et québécois.

Mais cela ne suffit plus à sauver cette industrie meurtrière et moribonde, alors le
gouvernement québécois s’apprête à accorder une garantie de prêt de 58 millions de
dollars pour permettre l’ouverture d’une nouvelle mine d’amiante près de la ville
d’Asbestos. La promotion de ce projet fou est réalisée par le Ministère des ressources
naturelles du Québec d’une part et le Ministère du développement économique, de
l’innovation et de l’exportation. Le fait que la mine Jeffrey se soit placée depuis
2003 sous la loi canadienne de protection contre la faillite ne semble pas de nature à
faire renoncer les officiels canadiens à ce cadeau au frais des contribuables qui, en
plus d’être moralement indéfendable, a des relents nauséabonds de corruption.

L’acceptation officielle de cette subvention douteuse a donné lieu à des
circonvolutions étonnantes. Une des conditions posées par le gouvernement était
l’acceptation par les employés de la mine de conditions sordides imposant notamment
qu’ils versent 10% de leur (maigre) salaire sur un fond de garantie destiné à renflouer
les caisses de l’état au cas où l’opération s’avérerait infructueuse.
Une autre condition posée, ridicule ou sordide au choix, est l’exigence d’un
engagement des « clients » à « respecter les normes en vigueur au Québec ». Quand on
sait que le Québec a, dans le monde entier, un des plus fort taux de mortalité par
mésothéliome – le cancer de la plèvre spécifique de l’exposition à l’amiante — et que
les industriels canadiens financent depuis plus de 50 ans la désinformation sur les
dangers de l’amiante, bien épaulés par leur gouvernement qui par trois fois (2004,
2006, 2008) a réussi à bloquer l’inscription de l’amiante chrysotile sur la liste des
produits dangereux prévue par la Convention de Rotterdam, ce discours prend toute
sa signification : une cynique mascarade.

Tout ceci ternit gravement et durablement l’image du Canada.

Ce projet de prêt, moralement indéfendable, aberrant financièrement, doit être
abandonné pour de multiples raisons :

- Il est temps que le Canada cesse d’exporter sciemment la mort vers des pays
pauvres ;

- Il est temps que le Canada cesse de mentir et de corrompre et mépriser la
science ;

- Il est temps que le Canada écoute les voix de la raison qui tentent de se faire
entendre là-bas (l’Association médicale Canadienne, la Société canadienne du
cancer par exemple ont pris fermement position pour l’interdiction de
l’amiante au Canada)

- Il est temps que le Canada s’occupe de ses travailleurs de l’amiante et de leur
nécessaire reconversion ;

- Il est temps que le Canada se comporte dignement.