Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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13.1 Pyrénées orientales : naissance du Collectif des amiantés de la santé

23 septembre 2016

A l’hôpital de Perpignan, des salariés ont été exposés à l’amiante, sans avoir été informés ni protégés. Ils ne n’acceptent pas d’avoir été ainsi mis en danger. Ils ont créé une association et pris contact avec l’Andeva.

« Notre combat, c’est l’amiante. Notre association est indépendante des syndicats et des partis »

Florian est peintre au service technique de l’hopital de Perpignan. Il se souvient : « En 2011, on nous a fait remplacer les dalles de faux plafonds dans les couloirs sur trois étages. Nous montions sur des escabeaux. Ces travaux soulevaient beaucoup de poussières. Nous n’avions pour protection que nos vêtements de travail ordinaires et des masques en papier, totalement inefficaces. La zone de travail n’était pas confinée. Le personnel soignant, les patients et leurs familles circulaient dans les couloirs. Tout le monde respirait la poussière.

A l’époque, je pensais qu’il fallait être exposé à d’énormes quantités d’amiante pour courir un danger. En 2013, quand nous avons suivi un stage de formation à l’Appave, j’ai appris que des maladies très graves pouvaient se déclarer après des expositions faibles et/ou de courte durée. J’ai été sidéré.

J’ai réalisé que la Direction avait mis les agents du service technique en danger pendant des années en les faisant travailler sans information ni protection. Cela m’a révolté. »

Ces dalles de faux plafonds contenaient-elles de l’amiante ?

A cette question, un premier diagnostic en 1999 avait répondu : Non.
Un deuxième, réalisé récemment sur demande insistante du CHSCT, a démenti cette affirmation : des dalles de faux plafond contenaient bien de l’amiante. Quand le personnel du service technique l’a appris, il avait déjà refait tous les faux plafonds des couloirs sur plusieurs centaines de mètres !
L’inspecteur du travail a dit un jour qu’il est de notoriété publique que ce centre hospitalier de Perpignan est « farci d’amiante ». Le personnel du service technique aurait aimé le savoir avant...

« Nous avons décidé de nous organiser, dit Florian. Nous avons déposé en préfecture les statuts d’une association : le collectif des amiantés de la santé dans les Pyrénées orientales. Et nous avons contacté l’Andeva. Notre association est indépendante. Elle n’est liée à aucun syndicat et aucun parti.
Notre premier but, c’est d’informer les salariés et la population sur la nocivité de l’amiante. J’ai appris récemment qu’un oncle de ma femme était atteint d’un mésothéliome. Il était comptable et travaillait dans un bureau. Les gens n’imaginent pas que cela peut arriver. Nous avons le projet d’organiser une réunion publique.

Nous voulons aussi faire respecter la loi : sur l’information et la formation des salariés, sur les équipements de protection, sur les obligations du médecin du travail, sur le suivi médical des actifs et des retraités... Aujourd’hui, nous sommes très loin du compte.

Nous étudions aussi la possibilité d’aller en justice pour faire sanctionner la mise en danger de la santé et de la vie d’autrui dont nous avons été victimes sur notre lieu de travail. »


Article tiré du Bulletin de l’Andeva N°52 (septembre 2016)