Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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0601.Faute inexcusable de l’employeur : Cour d’appel d’Amiens : EDF enfin condamnée !

21 septembre 2015
Auteur(e) : 

Valentin Quadrone a été exposé à l’amiante de
1979 à 1987 dans la centrale EDF de Champagnesur-
Oise, puis sur le site de Saint-Leu d’Esserent.
Atteint d’un cancer broncho-pulmonaire, il a fait
reconnaître sa maladie puis engagé une action
en faute inexcusable de l’employeur contre EDF.

Le Tass de Beauvais l’a débouté. Il ne s’est pas
découragé et a fait appel. En avril, le jour de l’audience,
son association, l’Advasum, et son organisation
syndicale, la CGT, étaient à ses côtés.
Le 16 juin, la Cour d’appel d’Amiens lui a donné
gain de cause. Il tire les leçons de ce combat.

« Certains de mes ex-collègues sont décédés, d’autres sont très malades. EDF connaissait le danger. Il faut que cela se sache »

Quand as-tu appris que
tu avais un cancer de
l’amiante ?

Le diagnostic a été posé
en 2009. J’ai été opéré
puis j’ai suivi un traitement
avec chimio et radiothérapie
en 2010.

Pourquoi avoir engagé
une action en faute
inexcusable de l’employeur
 ?

Ma situation est la même
que celle de beaucoup
de collègues : EDF nous
a exposés à l’amiante en
toute connaissance des
dangers. Certains en
sont décédés, d’autres
sont malades. Il faut que
cela se sache.
Après avoir été reconnus
en maladie professionnelle,
des collègues ont
souvent eu recours au
FIVA pour être indemnisés
de leurs préjudices.
D’autres, comme moi,
ont préféré poursuivre
l’entreprise en justice et
la faire condamner pour
manquement à son obligation
de protéger la sécurité
et la santé de son
personnel.

As-tu rencontré des
obstacles ?

Oui, le Tass de Beauvais
m’a abusivement débouté.
Mais j’ai saisi la Cour
d’appel d’Amiens qui a
condamné EDF.

Je n’ai jamais conçu
cette action comme le
combat personnel de David
contre Goliath. C’est
une démarche collective
qui a été menée, avec
le soutien des mes collègues
de la CGT et de
mes amis de l’association
Advasum et de l’Andeva.

Ce que j’ai voulu
mettre en avant, c’est la
solidarité entre toutes les
victimes de l’amiante.

Comment s’est exprimée
cette solidarité ?

Le jour de l’audience,
une trentaine de personnes
étaient au bas
de l’escalier du Palais de
justice et une vingtaine
dans la salle. Cette présence
a été remarquée
par le juge rapporteur.
Elle a déstabilisé l’avocate
d’EDF et réconforté
la nôtre.

Et maintenant ?

L’arrêt de la Cour d’appel
d’Amiens est une belle
victoire, mais la lutte
continue. Il y aura malheureusement
d’autres
victimes à l’EDF et ailleurs.
Elles pourront
compter sur notre mobilisation
associative et
syndicale pour continuer
à nous opposer au lobby
de l’amiante et défendre
l’intérêt des victimes et
de leur famille.


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°49 (septembre 2015)