Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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0301.Dans la rue à Paris, le 9 octobre !

21 septembre 2015
Auteur(e) : 

En France, comme en Italie, la
justice recherche et punit les assassins
ordinaires. Mais, quand
il s’agit d’une catastrophe qui
anéantit des dizaines milliers de
vies humaines, l’homicide de
masse risque de rester impuni.

En Italie, Schmidheiny, PDG
d’Eternit, reconnu responsable
de « catastrophe environnementale
 », avait écopé de 18 ans de
prison. La cour de cassation a
annulé le jugement.
Un second procès « Eternit bis »
pour « homicide » a été engagé
par de nouvelles victimes. Les
avocats du milliardaire suisse ont
contesté la légalité de la procédure.
Le procès est suspendu. La
Cour constitutionnelle est saisie.

En France, en avril dernier,
la cour de cassation a validé
l’annulation des mises en examen
des membres du CPA et
de la haute administration. Cet
arrêt a été reçu comme un coup
de massue par les victimes de
Condé-sur-Noireau, décimées
par l’amiante de Ferodo-Valeo.
Elle conforte ainsi le travail de
sape de la chambre de l’instruction
de la Cour d’appel de Paris.
C’est une véritable faillite de l’institution
judiciaire qui refuse de juger
les hauts dirigeants qu’ils soient
industriels, administratifs ou politiques.
Le premier procès pénal de
l’amiante avait été annoncé pour
2015. Dix-neuf ans après le dépôt
des premières plaintes, l’année
finira sans qu’il ait commencé.
Et quand ce procès aura lieu - s’il
a lieu - le risque est grand de ne
voir au banc des accusés que des
chefs d’établissements et aucun
des principaux responsables.

En France comme en Italie, les
associations de victimes sont
dans une situation difficile, qui
pourrait conduire au découragement
face à ces échecs et ces
procédures qui s’éternisent.
Mais, ni ici ni là-bas, nous n’avons
le droit d’abandonner ce difficile
combat pour la Justice.

En Italie, l’AFeVA, portée par la
vague d’indignation qui a secoué
l’opinion publique après l’arrêt de
la cour de cassation, a obtenu que
l’Assemblée sur proposition du
Sénat inclue dans le Code pénal
un délit de « catastrophe environnementale
 » et allonge le délai de
prescription.

En France, les victimes et les
familles d’Eternit, Jussieu, Condé,
Normed, Sollac, Amisol continueront
à lutter pour que tous les reponsables
soient jugés.
L’Andeva demande une révision
du Code pénal remettant en
cause la « loi Fauchon » qui rend
plus difficile la condamnation des
responsables « indirects » de catastrophes
sanitaires.

Juger tous les responsables
d’une tragédie qui continuera à
tuer pendant plusieurs décennies,
ce sera une exigence
centrale de la manifestation du
9 octobre à Paris.

Alain BOBBIO
Pierre PLUTA


Articles tirés du Bulletin de l’Andeva N°49 (septembre 2015)